samedi 26 août 2017

RETOUR AU POEME

Retour au Poème, À la demeure en soi, À la ferveur sans frontière Et au Chant fraternel : L'été se ressource Au jardin rajeuni. Après cris et douleur, La rumeur qui s'efface Et l'effroi qui s'inscrit ; Août aura reçu Ses violences arides : Sur le front des humains Cette folie sans âme, Cette plaie sans remède. Puis les jours diminuent Dans l'attente de ce silence Que brode l’amitié, Déjà soleil, déjà matin Perçant les brumes de l'automne, Et ces mains bienfaisantes, Et ces musiques d'ange, Et cette voix qui concélèbre Au... [Lire la suite]

vendredi 16 juin 2017

LETTRES A UN JEUNE POETE...Extrait

« Vous avez eu de nombreuses et grandes tristesses qui sont passées. Et vous dites que même le fait qu’elles aient passé vous a été pénible et fut débilitant. Mais demandez-vous, je vous en prie, si ces grandes tristesses ne vous ont pas traversé plutôt qu’elles n’ont passé ? Si bien des choses en vous ne se sont pas transformées, si vous-même quelque part, en quelque endroit de votre être, vous n’avez pas changé tandis que vous étiez triste ? Seules sont dangereuses et mauvaises ces tristesses que l’on porte avec soi parmi les gens... [Lire la suite]
vendredi 2 juin 2017

PIERRE NOIRE, SANGUINE ET PASTEL

Je t'ai tutoyée, tout de suite. Depuis notre brève rencontre, il y a trois semaines au musée des Beaux-Arts de Besançon, je ne te quitte plus.     On ne devine qu'un fragment de ton épaule, dépassant d'un carré d'étoffe. Tu sembles si pudique, si jeune encore. Cependant ton visage, bien que détourné, s'offre sans réserve. Donné à son intériorité. Et le peintre à son tour a voulu rendre ce miracle de transparence.     Je te rencontre quatre siècles plus tard.   M'aideras-tu à comprendre le passage... [Lire la suite]
mercredi 10 mai 2017

PALETTE ÉGORGÉE

Tu possèdes tes géographies intérieuresque tu sèmes pêle-mêlelors de souterraines insomniessur une palette égorgée.Marges blanchesd’où fuse un orchestre d’angesles continents que tu façonnesn’ont ni crépuscules ni nuits.Ruelles d’exilles arbres rougissent de leurs feuilleset rêvent d’oiseaux d’avant la naissanced’horloge sorcièreà ensevelir le temps.Tu t’enrichis de jardins charnelsvisibles sur fond de toilehélant d’autres arbresperdus sur l’axe de la durée.Exploratrice de l’extrêmetu prends d’assaut l’infini.   .   ... [Lire la suite]
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mercredi 3 mai 2017

OUBLI

Ferme les yeux et perds toi dans l'obscurité sous le feuillage rouge de tes paupières. Enfonce toi dans ces spirales du son qui bourdonne et tombe, et rêve là bas, lointaine, jusqu'au site du tympan, comme une cataracte assourdie. Plonge ton être dans les ténèbres, noie toi dans ta peau, et plus profondément, dans tes entrailles; que l'os, livide éclair, t'éblouisse et t'aveugle, et entre des cimes et des golfes sombres qu'ouvre son panache bleu le feu follet; Dans les ténèbres liquides du sommeil trempe ta nudité; abandonne ta... [Lire la suite]
samedi 8 avril 2017

RETENUE

Ce qui est bien à toi d’étrange, de paradoxal, particulier, marquant la résonance de ton verbe, tu ne l’as pas en poche, ni au cœur, mais dans le sang à la fluidité et au rythme si variables. La poésie peut-elle constituer l’horizon, et partant, le désir de t’en approcher, être un havre quand le sang de victimes répandu sur les jardins, coule partout, quelquefois près de nous dans l’hexagone ? Quelle unité formeront ces fragments de désarroi que par réflexe l’on continue à nommer poèmes ? Ils sont conscients de n’être que vide... [Lire la suite]

mercredi 28 décembre 2016

QUARTZ...Extrait

Je coule du haut vers le bas. L’accident, c’est le jour improbable qui devient une certitude pour la chair. Un corps amoindri sait la carence impitoyable. Le cerveau continue cependant à courtiser la part manquante. Qui s’installe dans la place vide ? Longtemps des membres fantômes ont baigné dans le sang qui me parcourt, véhiculant l’illusion jusqu’aux racines de mon être. Se défaire de soi nécessite la juste reconnaissance de l’impossible et de l’irréalisable. J’ai tenu entre mes mains le halo de conscience qui fait chavirer le... [Lire la suite]
mercredi 23 novembre 2016

BERNARD PERROY ... Extrait

Petite brassée d'automne avant que tout ne ploie sous l'avalanche des tons de gris froids et de terre mouillée… Les mots s'enchantent et se gavent de lumière, se prennent à rêver à trois fois rien niché dans un silence d'or… Ouvrir la porte, ouvrir la bouche et le coeur aux mouvements qui montent de l'intérieur de soi, douceurs ou blessures à longueur de mourir et de vivre à nouveau, mouvements de l'un vers l'autre que l'on apprend sans cesse entre les lignes à décrypter, à recevoir et à donner…   .   BERNARD... [Lire la suite]
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mercredi 23 novembre 2016

PENSEE POUR VINCENT- PARIS ETE 1887

La nature remue du négatif au positif, puisque ce qu’en propose d’observer le pinceau libre n’est que trace figée d’un cheminement à deux sens que les tornades de l’intérieur agitent encore. Dans le cadre, qui s’en trouve pour l’œil presque vrillé, voire disparu, oublié dans l’attention extrême, opère de façon sensible, invisiblement, une tension si lourde entre les couleurs et les formes. Comment sa chaise fiévreuse, avec pipe et tabac, ses cyprès affolés, ses oliviers, ses fleurs altières rendent-ils le mal-être face au... [Lire la suite]
lundi 21 novembre 2016

ANNICK DE SOUZENELLE

Merci ma Nedjma   " Pénétrer la pulpe, au-delà de la coque, atteindre au cœur des choses, en ouvrir le noyau pour en libérer l'énergie, cela ne peut se faire par seule voie extérieure si ce n'est en reconduisant le geste dont fait part le mythe de l'exil (appelé “chute” dans le langage religieux), alors que la voie intérieure dont seul dans la création l'Homme est capable, le conduit au cœur de lui-même et le fait alors entrer en résonance avec le cœur de l'univers. C'est ce chemin-là que nous avons perdu."     ... [Lire la suite]