samedi 22 décembre 2018

PRESENCES

Echo rugueuxtrop lointain.Mémoire en terrassesnoyée sous l’opacitéveinée de chuchotisgrandissants. Voyage chaotiquesans attaches roches empiléesen équilibre douteux des pages mortespour sentinelles.Seuls des limonspâteux où l’on s’embourbeseules des bribes confusesnon déchiffréesde longs murmures comme fuméesaffluantnous viennent.Sons érodés un bourdonnement ondulevision d’un espace barbareet nu.Mémoire errantede nœuds et de méandresdétournée,mémoire diapasonprête à vibrer au moindre appel.Mais d'où venu ? Pollens de... [Lire la suite]
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dimanche 5 août 2018

PETITE ANTHOLOGIE PRIVEE D'AUTOCYLUS

Je vote pour la démocratie subtile des fleurs ayant ton violetOu pourpre et, parmi les familles éligibles, deux ont ma préférence. Qui sont la pivoine, le lupin, que leur humilité nordique protège.A la première j’attache l'apprêt d'un seau en fer blanc mal émaillé, Quelque part sur un marché de plein vent, la rive d'une rivière Se ramifiant au pied d'une cathédrale gothique comme l'artichaut. Dans la poussière de brume d’un contre-jour vaporisant en bleu Sa bouillie bordelaise sur le légume essentiel, la... [Lire la suite]
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samedi 2 juin 2018

APOPHTEGMES....Extraits

 La connaissance pure, qui naît dans l’intimité de l’être, et l’ouvre et le transcende, « le dialogue de l’âme avec elle-même » qui veut encore être parole, la parole unique, la parole ineffable ; la parole libérée du langage. ... Non seulement le langage, mais toutes les paroles, pour uniques qu’elles paraissent, aussi isolée et inattendue que soit leur apparition, font allusion à une parole perdue...     .     MARIA ZAMBRANO     .      Oeuvre Anselm Kiefer
samedi 21 janvier 2017

DEFENESTRATION DES ANGES ...Extrait

Avant de l'écrire va voir ton poème il t'attend sur le seuil pourquoi es-tu venu il ne le sait pas mets-le en confiance lisez-vous sans hâte face à face ton poème et toi lisez-vous les yeux dans les yeux ainsi font au hasard des puits les gens du désert quand ils se croisent sans avoir marché longtemps qu'il épelle bien chacun de ses mots pour la première lecture car elle est l'inévitable par quoi tu sauras si les yeux de ton poème fuient c'est qu'il est félon égorge-le si au contraire tu sens une grande joie parce que tu as... [Lire la suite]
dimanche 26 octobre 2014

LE LABYRINTHE DES DESIRS RETROUVES...Extrait

" - Il importe vraiment, dit-il, que tous et chacun nous conservions notre secret, car que subsisterait-il de nous si notre secret était livré, divulgué, dévoilé, perdu, percé, extorqué, arraché ? Ce serait la perte de notre propre densité, de notre identité profonde, de la différence qui nous fonde. L'aveu libère, dit-on, l'âme de son angoisse, mais ensuite c'est un désenchantement, sans remèdes et infertiles, celle-là, que d'être réduit à rien, de ne plus avoir d'énigme personnelle au regard des autres, et d'abord à nos propres... [Lire la suite]
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jeudi 9 octobre 2014

LA POETIQUE DE L'ESPACE....Extrait

"La maison est tantôt le coffre de nos souvenirs, tantôt un état d’âme. Cela veut dire que, même avant de devenir figure onirique ou lieu imaginé de notre passé-futur, la maison abrite et rend possible le processus de la mémoire. Et, parce qu’elle révèle une intimité, soit aux éléments extérieurs, soit aux détails intérieurs, elle fait toujours figure de présent. Renfermant un univers personnel et familier, pourtant, en même temps, exhibant des mécanismes d’ouverture, la maison trace une ligne entre le soi et les autres, entre le... [Lire la suite]
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samedi 29 mars 2014

AU JOUR LE JOUR 5, CARNETS 2000-2005...Extrait

   Le sentiment de la nature, de son "étrangeté" est peut-être le degré le plus bas  de la perception du non-humain, de la perception de puissances qui ne relèvent pas de l'espèce humaine. Oui, c'est peut-être quelque chose de très primaire, mais c'est du moins quelque chose qui vous arrache à la toute puissance de nos sociétés humaines, faisant craquer les bornes d'un univers artificiellement clos, tel celui de la "ville tentaculaire".    Je me suis dit soudain que le Louvre était mes sentiers, mes bois,... [Lire la suite]
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vendredi 23 août 2013

CARNETS DE MARCHE...Extrait

Je suis arbre. Arbre-sensation. Mon corps s’enracine. Mes pieds cherchent appui dans la terre humide et s’enfoncent par-delà les premières couches encore visibles au-dessus du sol. Mes doigts se mêlent aux doigts du chêne, filaments et souches, tressages de végétaux, lianes et branchages invisibles à l’oeil égaré dans le vide. Je m’enroule à la sombre intimité végétale. Je m’infiltre. Chemin faisant, je creuse canaux et rigoles nécessaires à ma vie souterraine. Je bois à grands traits l’eau qui gonfle le tronc dont je sens toute la... [Lire la suite]
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vendredi 12 avril 2013

CARNETS DE MARCHE...Extrait

 Ivresses ivresse des montagnes prises dans les cimes du ciel ivresse des nuages colporteurs de lumière majestueuse beauté du vent le temps glisse crête du silence dense d’éternité ivresse moirée de l’épervier qui plane solitudes tremblées jusqu’à épuisement de l’horizon le grand vaisseau de la montagne fuit Stèles dressées tout au long du sentier avant-coureur de rêve murets de pierre ancrés à flanc de ravines ivresse d’Ariane le toit de lauzes court bel équarrissement de dalles dans les cistes équilibre aérien de lignes et de... [Lire la suite]
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mardi 27 novembre 2012

PIERRE-ALBERT JOURDAN

Comment pourrions-nous nous désolidariser de cette mort que nous portons en nous, qui nous appartient tout autant que nous lui appartenons ? Le rêve serait de lui ménager un espace où la rencontre se ferait dans la dignité. Sorte de suprême politesse où la salve des salutations l'emporterait sur les gémissements. Mais cet espace n'est inclus que dans l'impensable du saut, dans ce mouvement de bascule qui annule l'autre espace, celui où l'on croyait avancer... Plus intime la mort, longuement convoyée, plus proche et peut-être,... [Lire la suite]