mercredi 21 février 2018

LE JARDIN ETAIT DANS LA MER

Le jardin était dans la merŒillets d'écume cap profondTa main s'en allait avec l'eauComme une traîne nuptialeTa main libérait tout le cielDes anges à onze épéesFlottaient à côté de ton nomCoupeurs de vagues à leurs crêtesEt les voiles blanches penchaientAux courtes rafales du ventAvec des épines de rosesTu cousais les rubans de l'attenteAux cheveux des collines de ton amourEt disais ; celle qui peigne la lumièreEst une cascade ici qui s'amuseFlèche voleuse scandale du rireO petite enfant du jour qui n'en finit pasDans les arbres... [Lire la suite]

vendredi 5 janvier 2018

LA VENUE...Extrait

J'aime les jardins quand ils sont silencieux,Éventuellement décorés d'une roseOu d'un merle en dessous du laurier ; quand les hêtresDeviennent roux et les bouleaux dorés. Ne ditesPas ce qu'à vos yeux sont la nature et l'esprit ;Écoutez le silence où se fait la musiqueSans prétendre y figurer vos impressions.Entre nous et le ciel il y a les nuages,La plume de ceux qui volent sous les étoilesSe nourrissant des saisons du soleil. Nos pasNe laissent pas d'empreinte où nous posons le pied,Tel est le propos des muses qui ont laisséDerrière... [Lire la suite]
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jeudi 7 décembre 2017

MEMOIRES DES PLUIES

Combien de fois les pluies de l’aube m’emportèrenten rêve sur leur chemin lentement et heureuse,vers le cristal des champs, entre des files de pins,recherchant les bienfaits d’une lumière étonnante ;   Combien de fois les ai-je vues revenir aux fenêtreséteintes, parmi les arbres égarés dans les tumultespurs de leurs ondes, enlacées aux rubansdu souvenir qui peuple ces murs transparents.   Je les entendis, éblouie, frapper sur les lucarnesavec la suave insistance qui précède les éclairs,alors que dans le feuillage... [Lire la suite]
lundi 23 octobre 2017

ANALOGIE

Elle se surprit à rêvasser à la fenêtre. Le paysage d’un jour d’octobre la portait à la mélancolie. Elle venait d’éplucher des pommes. Ses mains avaient encore un goût sucré, elle les lécha comme un enfant. L’odeur de ces pommes était évocatrice.Dans le jardin de ses grands-parents, un très vieux pommier refleurissait chaque année. Il offrait une maigre récolte de fruits acides, immangeables, mais jamais il ne fut question de l’abattre. L’arbre avait survécu à deux guerres, à des dizaines d’orages, à des meutes de gosses chapardeurs... [Lire la suite]
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mardi 3 octobre 2017

UNE AUTRE NAISSANCE

Toute mon existence est un verset obscur Qui se répète et te ramène À l'aube des éclosions et des croissances perpétuelles. Dans ce verset Je t'ai soupiré, j'ai soupiré Dans ce verset Je t'ai greffé à l'arbre, à l'eau, au feu. La vie, c'est peut-être, Une longue rue où une femme passe chaque jour avec un panier La vie, c'est peut-être, Une corde avec laquelle un homme se pend à une branche La vie, c'est peut-être, un enfant qui revient de l'école La vie, c'est peut-être, allumer une cigarette Dans la langueur qui s'étire entre deux... [Lire la suite]
mardi 3 octobre 2017

DANS LE JARDIN

J'enfouis mes mains dans le jardin pour y grandir...   Je suis sûre, sûre que je grandirai et qu'entre mes doigts tachés d'encre les hirondelles feront leur nid...   Je prends comme boucles d'oreilles des cerises rouges assorties.   Je colle aux ongles de mes doigts des pétales de dahlias ... Ces jours-là s’en sont allés Ces beaux jours Les jours purs et majestueux Les cieux pleins de paillettes Les branches chargées de cerises Les maisons appuyées les unes contre les autres A l’abri vert... [Lire la suite]
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mercredi 20 septembre 2017

BIENS ÉGAUX

Je suis épris de ce morceau tendre de campagne, de son accoudoir de solitude au bord duquel les orages viennent se dénouer avec docilité, au mât duquel un visage perdu, par instant s’éclaire et me regagne.  De si loin que je me souvienne, je me distingue penché sur les végétaux du jardin désordonné de mon père, attentif aux sèves, baisant des yeux formes et couleurs que le vent semi-nocturne irriguait mieux que le main infirme des hommes.  Prestige d’un retour qu’aucune fortune n’offusque.  Tribunaux de midi, je... [Lire la suite]
vendredi 8 septembre 2017

LE CORPS DU POEME

 ... La fleur s’ouvre au soleil et, quoique dans la même espèce le nombre de pétales parfois varie, il n’y a jamais rien à lui ajouter ou à lui retrancher pour lui donner la perfection. Le lézard, le serpent, le cristal, le galet, le filet d’eau qui coule de la roche sont de si éclatantes réussites que rien ne les pourrait améliorer. Ainsi doit être le poème (quand on considère qu’il est sorti de la période de travail, et que l’on a décidé de la montrer et possiblement de le publier). Il doit se présenter comme un poisson dans... [Lire la suite]
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vendredi 8 septembre 2017

LE FIGUIER

 Parce qu'il est rugueux et laid parce que toutes ses branches sont grises, j'ai pitié pour le figuier. Dans ma villa il y a cent beaux arbres : pruniers ronds droits citronniers et orangers aux bourgeons lustrés. Au printemps, tous se couvrent de fleurs autour du figuier. Et le pauvre semble si triste avec ses branches tordues qui jamais ne s'ornent de bourgeons serrés. Alors, chaque fois que je passe à ses côtés je dis, en procurant à mon accent la douceur et l'allègresse : "C'est le figuier, le plus beau des arbres de... [Lire la suite]
dimanche 3 septembre 2017

MES NUITS VEILLENT SUR MOI LE JOUR...

Mais qui es tu, intriguant et fidèle visiteur de mes nuits ? Dans la foule intense et pourtant invisible, ton bras entoure mon cou, ta main s'est arrêtée sur mon épaule je me suis laissée emmener sans essayer de voir à qui appartenait ce collier inattendu et rassurant. Dans un jardin de fleurs sans parfum, assise sur un banc je n'ose te regarder par crainte de te perdre . Derrière , un bruit d'eau , peut- être une fontaine ?  Le son de ta voix ne me parvient pas. Mais qui es-tu, toi que j'espère le soir en... [Lire la suite]