mardi 12 juillet 2022

FLEURS ET ETOILES...Extrait

... La deuxième . Et si nous puisions trop peu d’eau, si elle ne suffisait pas pour abreuver les grands arbres du jardin nous arrosions les pots de basilic, les géraniums et les rosiers, rouges coquillages terriens, . La quatrième . ou bien nous tirions l’eau à d’autres puits car tous les puits de Dieu sont faits pour nous abreuver tous, les enfants et le bétail, les citronniers et les rosiers, pour arroser même les étoiles – parfois il nous est arrivé, au soir tombant, quand nous restions sur le balcon avec... [Lire la suite]

mercredi 30 mars 2022

LES PLURIELS DU SILENCE (A PARAITRE )...Extrait

Un soleil neuf réveillait la blondeur des pierres. Le matin poussait le volet de la chambre bleue. Un air frais de jardin souverain s'avançait, lavait le regard. Ton sourire m'attendait porteur d'une odeur de café. Des effluves de thym, romarin et lavande entraient avec toi dans la maison. Ton baiser ouvrait ma journée. Tes gestes arrondissaient l'heure. Tous mes matins ainsi fleurissaient. Retenir ces images. Juste un moment. Sentir ton épaule solide et accueillante. Parcourir avec toi la transparence des oliviers, la terre... [Lire la suite]
lundi 13 septembre 2021

SIDO...Extrait

« Ô géraniums, ô digitales... Celles-ci fusant des bois-taillis, ceux-là en rampe allumés au long de la terrasse, c’est de votre reflet que ma joue d’enfant reçut un don vermeil. Car « Sido » aimait au jardin le rouge, le rose, les sanguines filles du rosier, de la croix de Malte, des hortensias, et des bâtons-de-Saint-Jacques, et même le coqueret-alkékenge, encore qu’elle accusât sa fleur, veinée de rouge sur pulpe rose, de lui rappeler un mou de veau frais... Tout le chaud jardin se nourrissait d’une lumière jaune, à tremblements... [Lire la suite]
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vendredi 2 octobre 2020

JARDIN

  Nuages à la dérive, continents somnambules, pays sans substance ni poids, géographies dessinées par le soleil, effacées par le vent. Quatre murs de terre. Bougainvilliers : dans leurs flammes pacifiques mes yeux se baignent. Passe l’air entre des murmures de feuillages et d’herbes à genoux. L’héliotrope aux pas violets croise enveloppé de son parfum. Il y a un prophète : le frêne — et un méditant : le pin. Le jardin est petit, le ciel immense. Verdeur qui survit dans mes débris : dans mes yeux... [Lire la suite]
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samedi 25 janvier 2020

LUCIE PETIT...Extrait

Le linge abandonné sur le piano boude dans ses plis.La partition boit son odeur fraîche d’eau et de savon.Les notes, soudain réveillées, s’envolent,se posent sur le fil tendu au jardin et donnentune leçon de musique aux fourmis. Dans ce tohu-bohu, le chat soupire, la mère console,et le temps, inconscient, fuit comme un fouemportant dans sa hâte un pétale de rose.     .     LUCIE PETIT     .
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samedi 26 janvier 2019

LE PASSE...Extrait

« Une mémoire infaillible ne guide mon souvenir qu’à travers le jardin embrouillé de mon enfance. Demandez-moi de vous dire la forme et la couleur d’une seule feuille de ces giroflées marron, que la gelée et la neige confisaient, chaque hiver, dans le jardin, et qui ressemblaient, cuites de froid sur la terre blanche, à de pauvres salades ébouillantées… Demandez-moi si la glycine, vieille de deux siècles, fleurissait deux fois chaque année, et si le parfum de sa seconde floraison, exhalé de maigres grappes, semblait le souvenir... [Lire la suite]
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jeudi 1 novembre 2018

LE CORPS DU DELIT

Je veux traîner le monde derrière mes yeux, toucher avec ses mains le corps du délit. On ne comprend pas le désert sans manger la poussière. On ne sait pas l’assiette sans façonner l’argile. Mon chemin passe par les jardins, le silence, l’odeur de terre. Il rejoint par le vent le sillage des oiseaux. Il dort quelque fois à l’auberge des brouillards. Il s’éveille entre les lignes d’un poème. Il fait fondre la neige avec sa main de feu. Il court avec la biche sans écraser les mûres. Il traverse les murs. Il repère les portes. Il emporte... [Lire la suite]
lundi 10 septembre 2018

TON VENTRE EST L'OCEAN...Extrait

L’impatience a défait les fleursdu jardin monte une douceur frileusedes marais semblent aux portesde la maison on perd ses cheveuxune robe d’été change de placede laineux parfums envahissent la chambreles signes se font rares tout est à craindredu ciel à l’eau violente en tombant les derniers fruits laissentla voix des morts saisir nos mains.     .     ANNE BIHAN     . Oeuvre Frédérick Childe Hassam
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mardi 17 juillet 2018

HENRI GUERIN...Extrait

Nous ignorons de moins en moins de choses, nous commençons à savoir comment s'établirent les montagnes, quand les océans refluèrent, pourquoi ils battent sur nos berges. Nous connaissons mieux les caprices du ciel et de la terre, nos vieilles terreurs semblent reculer à mesure que s'étirent vers le bas autant que vers le haut, nos lunettes du dedans jointes à celles du dehors. De nouveaux aventuriers, guetteurs de vie et nouveaux poètes, du biologiste à l'astrophysicien, scrutent les infinies combinaisons de la matière que voile à... [Lire la suite]
lundi 11 juin 2018

PLATERO ET MOI...Extrait

Doux Platero trottinant, mon petit âne, qui tant de fois transporta mon âme - seulement mon âme !- par ces profonds chemins de figuiers de Barbarie, de mauves et de chèvrefeuilles : A toi, ce livre qui parle de toi, maintenant que tu peux le comprendre. Qu’il touche ton âme qui broute désormais au paradis, avec l’âme de nos paysages de Moguer, elle aussi , avec la tienne, est montée au ciel.   ...   Regarde, Platero, toutes ces roses qui partout tombent ; roses bleues, roses blanches, incolores... On dirait que le ciel... [Lire la suite]