lundi 23 octobre 2017

ANALOGIE

Elle se surprit à rêvasser à la fenêtre. Le paysage d’un jour d’octobre la portait à la mélancolie. Elle venait d’éplucher des pommes. Ses mains avaient encore un goût sucré, elle les lécha comme un enfant. L’odeur de ces pommes était évocatrice.Dans le jardin de ses grands-parents, un très vieux pommier refleurissait chaque année. Il offrait une maigre récolte de fruits acides, immangeables, mais jamais il ne fut question de l’abattre. L’arbre avait survécu à deux guerres, à des dizaines d’orages, à des meutes de gosses chapardeurs... [Lire la suite]
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mardi 3 octobre 2017

UNE AUTRE NAISSANCE

Toute mon existence est un verset obscur Qui se répète et te ramène À l'aube des éclosions et des croissances perpétuelles. Dans ce verset Je t'ai soupiré, j'ai soupiré Dans ce verset Je t'ai greffé à l'arbre, à l'eau, au feu. La vie, c'est peut-être, Une longue rue où une femme passe chaque jour avec un panier La vie, c'est peut-être, Une corde avec laquelle un homme se pend à une branche La vie, c'est peut-être, un enfant qui revient de l'école La vie, c'est peut-être, allumer une cigarette Dans la langueur qui s'étire entre deux... [Lire la suite]
mardi 3 octobre 2017

DANS LE JARDIN

J'enfouis mes mains dans le jardin pour y grandir...   Je suis sûre, sûre que je grandirai et qu'entre mes doigts tachés d'encre les hirondelles feront leur nid...   Je prends comme boucles d'oreilles des cerises rouges assorties.   Je colle aux ongles de mes doigts des pétales de dahlias ... Ces jours-là s’en sont allés Ces beaux jours Les jours purs et majestueux Les cieux pleins de paillettes Les branches chargées de cerises Les maisons appuyées les unes contre les autres A l’abri vert... [Lire la suite]
Posté par emmila à 23:39 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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mercredi 20 septembre 2017

BIENS ÉGAUX

Je suis épris de ce morceau tendre de campagne, de son accoudoir de solitude au bord duquel les orages viennent se dénouer avec docilité, au mât duquel un visage perdu, par instant s’éclaire et me regagne.  De si loin que je me souvienne, je me distingue penché sur les végétaux du jardin désordonné de mon père, attentif aux sèves, baisant des yeux formes et couleurs que le vent semi-nocturne irriguait mieux que le main infirme des hommes.  Prestige d’un retour qu’aucune fortune n’offusque.  Tribunaux de midi, je... [Lire la suite]
vendredi 8 septembre 2017

LE CORPS DU POEME

 ... La fleur s’ouvre au soleil et, quoique dans la même espèce le nombre de pétales parfois varie, il n’y a jamais rien à lui ajouter ou à lui retrancher pour lui donner la perfection. Le lézard, le serpent, le cristal, le galet, le filet d’eau qui coule de la roche sont de si éclatantes réussites que rien ne les pourrait améliorer. Ainsi doit être le poème (quand on considère qu’il est sorti de la période de travail, et que l’on a décidé de la montrer et possiblement de le publier). Il doit se présenter comme un poisson dans... [Lire la suite]
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vendredi 8 septembre 2017

LE FIGUIER

 Parce qu'il est rugueux et laid parce que toutes ses branches sont grises, j'ai pitié pour le figuier. Dans ma villa il y a cent beaux arbres : pruniers ronds droits citronniers et orangers aux bourgeons lustrés. Au printemps, tous se couvrent de fleurs autour du figuier. Et le pauvre semble si triste avec ses branches tordues qui jamais ne s'ornent de bourgeons serrés. Alors, chaque fois que je passe à ses côtés je dis, en procurant à mon accent la douceur et l'allègresse : "C'est le figuier, le plus beau des arbres de... [Lire la suite]

dimanche 3 septembre 2017

MES NUITS VEILLENT SUR MOI LE JOUR...

Mais qui es tu, intriguant et fidèle visiteur de mes nuits ? Dans la foule intense et pourtant invisible, ton bras entoure mon cou, ta main s'est arrêtée sur mon épaule je me suis laissée emmener sans essayer de voir à qui appartenait ce collier inattendu et rassurant. Dans un jardin de fleurs sans parfum, assise sur un banc je n'ose te regarder par crainte de te perdre . Derrière , un bruit d'eau , peut- être une fontaine ?  Le son de ta voix ne me parvient pas. Mais qui es-tu, toi que j'espère le soir en... [Lire la suite]
samedi 26 août 2017

RETOUR AU POEME

Retour au Poème, À la demeure en soi, À la ferveur sans frontière Et au Chant fraternel : L'été se ressource Au jardin rajeuni. Après cris et douleur, La rumeur qui s'efface Et l'effroi qui s'inscrit ; Août aura reçu Ses violences arides : Sur le front des humains Cette folie sans âme, Cette plaie sans remède. Puis les jours diminuent Dans l'attente de ce silence Que brode l’amitié, Déjà soleil, déjà matin Perçant les brumes de l'automne, Et ces mains bienfaisantes, Et ces musiques d'ange, Et cette voix qui concélèbre Au... [Lire la suite]
samedi 29 juillet 2017

LES OBSCURCIS...Extrait

 .. Elle s'invente un jardin    Y met un arbre avec son ombre d'origine    ses oiseaux polyglottes    ses feuilles en papier d' Arménie   des fruits mâles des fruits femelles   qui se battent comme des chiffonniers   se réconcilient sur l'oreiller  et cette fleur riche d'une aile qui fait son miel dans la couche du  bourdon      Elle sort de ses poches des objets qu'elle aligne par ordre de... [Lire la suite]
dimanche 2 juillet 2017

NIZAR QABBANI

" Je bruis de tes mots, de ton souvenir, comme se gargarise de ses eaux la fontaine de la maison andalouse. Je ne peux plus garder ton prénom pour moi. Que peut faire la rose de son parfum, que peuvent faire les champs de leurs épis, le paon de sa queue et la lampe ancienne de son huile? Les gens te voient en goutte de pluie sur mon épaule, en bouton doré à la manche de ma chemise, en livre sacré accroché à mon porte-clés, en blessure oubliée sur les rives de mes lèvres: non je ne peux plus te cacher a personne. Trahi par la touffeur... [Lire la suite]