samedi 6 octobre 2018

LA PART DE L'OMBRE...Extrait

Non, la terre n'est pas couverte d'arbres, de pierres,de fleuves : elle est couverte d'hommes.Si les meilleurs sont enfermés dans un long supplice,s'il n'y a plus que le mensonge qui se montre, chamarréde fausses prairies,si quelqu'un te dit : " Admire le soleil !"- et tune vois que le miroitement de la boue, ou bien : " faiston devoir ! " - et on te tend un couteau pour égorgerta mère et ton frère,alors tous les arbres sont abattus, les pierres noircissentet s'effritent, les fleuves sont des cloaquesinfâmes.Tu ne peux plus avancer,... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

dimanche 13 octobre 2013

JEAN TARDIEU

"Nous voulons nous étourdir à force de lampes et de bruit. Tous nos livres, toutes nos actions ne sont remplis que du fracas des jours. Pourtant ce qui nous gouverne - instincts, imagination, rêves, passions, pouvoir créateur - plonge dans une ombre sans contrôle. Nous implorons, nous espérons la lumière, alors que, par un effet contradictoire, cette obscurité qui nous terrifie nous alimente puissamment.Mais il y a autre chose. Cette nuit si terrible apparaît bénéfique si nous l'embrassons, les yeux ouverts, dans la vérité du regard."... [Lire la suite]
Posté par emmila à 13:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
vendredi 24 mai 2013

LE MIROIR EBLOUI...Extrait

Un miroir, voilà ce que nous sommes, lorsque nous prêtons une attention passionnée et émerveillée aux œuvres des arts créateurs.   Les formes, les couleurs et les sons qui nous fascinent ont produit sur nous un effet de choc, comparable à celui que rencontrent nos yeux lorsqu’ils sont éblouis par une lumière intense.   En pénétrant par effraction dans notre conscience, ils ont agi sur nous comme le soleil regardé trop longtemps : un vertige du regard qui nous dérange et qui nous comble en même temps.   ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 16:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
mardi 26 mars 2013

UNE VOIX SANS PERSONNE ...Extrait

Le rôle du poète n’est-il pas de donner la vie à ce qui se tait dans l’homme et dans les choses, puis de se perdre au cœur de la Parole ? Cette parole qu’un peuple d’ombres se transmet d’une rive à l’autre du temps, il semble qu’une seule voix sans fin la porte et la profère. Elle seule, dépositaire d’un monde de secrets, tire de notre absence une longue mémoire, dessine dans l’espace la figure de l’Homme et prête à nos hasards la forme d’un destin… Mais peut-être, au-delà d’elle-même, si nous prêtons l’oreille avec plus de... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
jeudi 14 février 2013

A DEVINER

— Est-ce que c'est une chose ? — Oui et non. ­— Est-ce que c'est un être vivant ? — Pour ainsi dire. — Est-ce que c'est un être huain ? — Cela en procède. — Est-ce que cela se voit ? — Tantôt oui, tantôt non. — Est-ce que cela s'entend ? — Tantôt oui, tantôt non. — Est-ce que cela a un poids ? — Ça peut être très lourd ou infiniment léger. — Est-ce que c'est un récipient, un contenant ? — C'est à la fois un contenant et un contenu. — Est-ce que cela a une signification ? — La plupart du temps, oui, mais cela peut aussi... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:58 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,
lundi 27 février 2012

COMME CECI, COMME CELA

Est-ce que c'est une chose ? — Non. Est-ce que c'est un être vivant ? — Oui. Est-ce que c'est un végétal ? —Non. Est-ce que c'est un animal ? — Oui. Est-ce que c'est un animal rampant ? — Quelquefois, pas toujours. Comment se tient-il ? — Debout. Est-ce qu'il vole ? — De plus en plus. Est-ce que c'est un animal qui siffle ? — Quelquefois. Qui rugit, qui meugle, hennit, miaule, aboie, jappe, jacasse ? — Oui, s'il le veut, par imitation. Est-ce qu'il sait fabriquer des nids pour ses enfants ? — Il construit toutes sortes... [Lire la suite]
Posté par emmila à 15:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 1 juin 2011

UN MONOLOGUE IMAGINAIRE

"Vieira Da SilvaIl faut perdre toutes les cléssi l'on veut à tire-d'aileet le sourire aux yeuxentrer partout sans frapper.Dans les cités frissonnantesoù je cherche un logis d'oiseleurquand je fuis les ténèbreset gravis les degrésdu vertige célesteje regarde j'entendsfenêtres et refletsflammes et oriflammesclaquer aux quatre vents.Rayons damiers échafaudagesdressés par la vitesseau-devant du futurtreillis nombreux du jour lumières dans la nuitsur les toits pacifiquesbien au-delà de la douleurdu rouge au jaune acidedes bruns au bleus... [Lire la suite]
Posté par emmila à 10:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
mercredi 15 septembre 2010

MARGERIES...Extrait

"Ô jour aimé de l'ombre même Et des volcans éteints sous la mer Plaisant soleil couché sur les dunes ( amoureuse main chaude ) Ou, Midi...comme un coup tambour Tiré pour le don d'un orage Figure-moi, soleil, un vaste avenir Vrai comme ronces et fougères Apporte-moi le vent des étendards Levés pour un avènement final Quand, les mains pleines de rayons Tu descends ces degrés célèbres Où nos regards à ta rencontre montent Du fond de nos têtes renversées ! Mais, c'est par vous, humble éclair sur un seuil C'est par vous, tremblants rayons... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
dimanche 22 novembre 2009

LITANIE DU " SANS "

Et sans visage et sans imageet sans entendresans rien attendrePartout ce rienpartout ce seuilet sans recoursMais la splendeur jamais perduequi la retrouve?Sans les merveillessans les désastresplus rien qui vailleEt sans parleret sans se taireet la fureur?et les délices?Et sans rien d’autreque le mêmeet qui s’en vaet qui revientet qui s’en va. . . . JEAN  TARDIEU .   . . Oeuvre Louis Toffoli
Posté par emmila à 19:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
mardi 17 mars 2009

LES DANGERS DE LA MEMOIRE

Ils s'assemblent souvent, pour lutter Contre des  souvenirs très tenaces . Chacun dans un fauteuil prend place Et ils se mettent à raconter. Les accidents paraissent les premiers Puis l'amour, puis les sordides regrets Enfin les espérances mal éteintes . Toutes ces images sont peintes Au mur, entre les fleurs du papier Ils pensent ainsi s'habituer Aux poisons que leur mémoire transporte . -- Moi cependant, derrière la porte, Je vois le PRESENT fuir avec ses secrets   .   . . . JEAN TARDIEU . .
Posté par emmila à 22:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,