mercredi 17 novembre 2010

DANS LE RESPIR COMMUN...Extrait

      Ce n’est pas d’écrire qui est difficile, c’est de le faire sans mentir. Le courant de la vie nous porte vers la nuit. Une même génuflexion sert à prier ou épauler son arme. L’amour est fusillé d’une prière ou d’une balle. La moindre des caresses est fusillée des yeux. La soif des enfants est fusillée de flashs. Les yeux des malheureux font vendre les journaux. Je n’ai que mon crayon à opposer au crime, mon cœur d’enfant fou, un Don Quichotte de foire devant les éoliennes, quelques mots sur la page comme des... [Lire la suite]
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jeudi 9 septembre 2010

DE L'INFIME A L'INFINI

  Quel est ce brusque désir de décrire les choses ? Est-ce pour les attacher ou pour s'en libérer ? C'est probablement un réflexe de citadin. Entièrement possédés par la ville, ses habitants veulent aussi posséder. En nommant les objets, ils agrandissent peut-être leur espace intérieur. Une façon de lutter contre l'obsolescence.            J'habite à la campagne. Je vois très peu les objets qui m'entourent. Je regarde le ciel, le sol, les arbres, les oiseaux. Le moindre pas d'insecte... [Lire la suite]
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mardi 10 août 2010

D'UNE RIVE A L'AUTRE....Extrait

   D’une rive à l’autre, les mains poilues de la terre caressent la rivière. Ses vagues se dressent comme des mamelons humides. Le printemps naît sous les feuilles mortes. Les lèvres sèches s’éveillent avec l’eau des mots. Le cœur s’embrase aux crépitements du feu. Toute liturgie emprunte à la source et au feu. La parole remonte au premier cri de l’homme surpris devant la mer ou mordu par la flamme. La détresse à la main, la truelle dans l’autre, je bâtis patiemment une maison de paroles. Du premier au dernier mot, il y a... [Lire la suite]
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dimanche 4 octobre 2009

ABEILLE PAR ABEILLE

      (…)   Abeille par abeille, épine par épine, je déplie la rosée jusqu'au pollen de l'air, jusqu'au miel du cœur.   Je refais grain à grain     le chemin de la terre qui chante ses racines   pour arriver au ciel.     Je refais vague à vague le ressac de la mer       pour arriver aux sources.     Je refais une à une les lignes de la main       pour arriver au cœur.     Je refais pain à pain le chemin de l'aurore,   ... [Lire la suite]
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lundi 24 août 2009

LE LABOUR

    Je vis sur le crédit sur le bras sur l’amour     ma table des matières   offerte aux quatre vents   le rêve toujours tendu   au-dessus de ses forces   et l’âme se hissant   au-dessus de ses moyens   Quand je mourrai dans le trou     sans un sous sans un rond   je porterai ma vie   comme un soc de misère   labourant la lumière   .   JEAN-MARC LA FRENIERE . .  
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lundi 20 juillet 2009

LES MOULINS A VENT...Extrait

../..  J'ai beau faire vieux jeu perdu dans les montagnes où le chant des mésanges a le goût des érables, je veux le sel des larmes et l'épice du rire à mettre sur la table, tout un bouquet d'abeilles pour sucrer mon café. De colline en colline, de village en village, quelques inquiets se lèvent pour dire c'est assez, ne désaccordez plus le violon du silence, laissez vivre la terre et le souffle du ciel. Veilleurs de la source, ils restent à l'affût, la lumière à la main dans un monde si noir et les mots à la bouche ../.. . . ... [Lire la suite]
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samedi 11 juillet 2009

L'INSOUMISSION

On se soumet aux riches, aux dieux, aux horaires.Pourquoi pas aux pierres, aux nuages et au temps ?On se soumet aux ordres, aux drapeaux, aux slogans.Pourquoi pas aux mots, au rêve, au hasard,aux pauvres, aux parias, aux enfants ?Pourquoi aux pluies, au soleil et au vent ?On se soumet aux trusts, aux banquiers, aux notables.Pourquoi aux morts, aux lézards et aux tables bancales ?On se soumet aux cons et aux bulletins de nouvelles.Je me soumets à la révolte et à l'insoumission. .. . JEAN-MARC  LA FRENIERE . . .
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jeudi 28 mai 2009

CHAQUE SECONDE

Sachant ce que l'on sait des hommes, la terre survivra-t-elle ? Tant de bêtes ont déjà disparues, empoisonnées par le profit. Les nuages ne font plus les yeux doux mais lancent des éclairs. Les oiseaux doivent nicher dans les carcasses d'autos, les vieux pneus, les boites à mail désertes. Il n'est pas toujours facile d'être là où l'on doit être. Trop de vide nous aspire. Trop de vie nous repousse. Nous avons peur de ne pas être aimer, encore plus peur d'aimer. Chaque seconde de vie est la plus importante. Chaque geste est le premier.... [Lire la suite]
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mercredi 20 mai 2009

UN MOT QUI TOMBE

Il m'arrive de parler avec le bruit des fleurs, le murmure des arbres, le crissement des insectes, le feulement des bêtes. Un mot qui tombe peut rouler dans les pierres et faire une montagne. Un autre qui s'envole peut dévorer le vent ou laisser dans les nids des œufs de métaphores. Tous les hommes d'avant moi, tous les hommes d'après, habitent ma parole, du premier feu de bois aux tables des bistros. Je prends leurs mots pour en faire des roses, des nuages, des pierres que l'on frotte. J'en attends l'étincelle au milieu de la nuit.... [Lire la suite]
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mercredi 18 février 2009

UNE BUEE D'ESPOIR...Extrait

Le monde respire encore mais pour combien d'années ? Nous sommes passés des grains de chapelet au chapelet de balles, du feu de bivouac à la mémoire des bombes. J'ai toujours su que l'homme n'entendait rien à Dieu. C'est toujours l'autre le Diable. La lumière étouffe entre les pages d'un missel. La liberté n'est plus qu'un slogan de vendeurs, la dignité une couche pour les incontinents, l'auberge du bonheur un parking à vieillards. J'erre sans but sans bruit que le frisson des mots. Ma main s'appuie sur la fragilité des choses pour y... [Lire la suite]