vendredi 21 février 2014

ART POETIQUE

Se pencher sur le fleuve, qui est de temps et d’eau Et penser que le temps à son tour est un fleuve, Puisque nous nous perdons comme se perd le fleuve Et que passe un visage autant que passe l’eau.   Eprouver que la veille est un autre sommeil Qui rêve qu’il ne rêve pas et que la mort Que redoute le corps est cette même mort De l’une et l’autre nuit, que l’on nomme sommeil.   Percevoir dans le jour ou dans l’an un symbole Des jours, des mois de l’homme ou bien des années, Et pourtant convertir l’outrage des... [Lire la suite]
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samedi 4 janvier 2014

ARTE POETICA

Convertir el ultraje de los añosEn una música, un rumor y un símbolo,Ver en la muerte el sueño, en el ocasoUn triste oro, tal es la poesíaQue es inmortal y pobre. La poesíaVuelve como la aurora y el ocaso.A veces en las tardes una caraNos mira desde el fondo de un espejo;El arte debe ser como ese espejoQue nos revela nuestra propia cara.Cuentan que Ulises, harto de prodigios,Lloró de amor al divisar su ItacaVerde y humilde. El arte es esa ItacaDe verde eternidad, no de prodigios.También es como el río interminableQue pasa y queda y es... [Lire la suite]
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samedi 4 janvier 2014

ART POETIQUE...Extrait

Voir que le fleuve est fait de temps et d’eau,Penser du temps qu’il est un autre fleuve,Savoir que nous nous perdons comme un fleuveEt que les destins s’effacent comme l’eau.Voir que la veille est un autre sommeilQui se croit veille, et savoir que la mortQue notre chair redoute est cette mortDe chaque nuit, que nous nommons sommeil.Voir dans le jour, dans l’année, un symboleDe l’homme, avec ses jours et ses années ;Et transmuer l’outrage des annéesEn musique, en rumeur, en symbole.Faire de mort sommeil, du crépusculeUn or plaintif,... [Lire la suite]
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mardi 23 juillet 2013

L'ARBRE DES AMIS / EL ARBOL DE LOS AMIGOS

Il existe des personnes qui nous rendent heureux dans la vie, par le simple hasard de les avoir rencontrées sur notre chemin. Quelques-unes parcourent le chemin en entier à nos côtés, et voient passer beaucoup de lunes, mais il en est d’autres que nous voyons à peine, d’un pas à l’autre. Toutes, nous les appelons amies, et il en est plusieurs sortes. Chaque feuille d’un arbre pourrait caractériser un de nos amis. Les premiers à éclore du bourgeon sont notre papa et notre maman qui nous enseignent ce qu’est la vie. Ensuite, viennent... [Lire la suite]
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mercredi 13 mars 2013

FERVEUR DE BUENOS AIRES

Je devrai donc la soulever, la vaste viequi reste aujourd’hui même ton miroirchaque matin je devrai donc la rebâtir.Tu m’as quitté; depuis,combien de lieux devenus inutileset privés de sens, commedes lampes à midi.Soirs, nids de ton image,musiques où toujours tu m’attendais,paroles de ce temps passé,je devrai vous briser de mes mains.Dans quel ravin réfugier mon âmepour ne plus la voir, cette absencequi brille comme un terrible soleildéfinitif, sans couchant, sans pitié?je suis cerclé par ton absencecomme la gorge par la corde,Comme... [Lire la suite]
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samedi 13 octobre 2012

LABYRINTHE

Il n'y a pas de porte. Tu y esEt le château embrasse l’universIl ne contient ni avers ni reversNi mur extérieur ni centre secret.N’attends pas de la rigueur du cheminQui, obstiné, bifurque dans un autre,Qu’il ait une fin. De fer est ton destinComme ton juge. N’attends pas l’assautDu taureau qui est homme et dont, plurielle,L’étrange forme est l’horreur du réseauD’interminable pierre qui s’emmêle.Il n’existe pas. N’attends rien. Ni cetteBête au noir crépuscule qui te guette . JORGE LUIS BORGES .    
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mercredi 15 août 2012

UNE NOUVELLE REFUTATION DU TEMPS...Extrait

Le temps est la substance dont je suis fait.   Le temps est un fleuve qui m’emporte, mais je suis le fleuve.  C’est un tigre qui me dévore, mais je suis le tigre.  C’est un feu qui me consume, mais je suis le feu.     JORGE LUIS BORGES .      
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jeudi 5 janvier 2012

LES JUSTES

Un homme qui cultive son jardin, comme le voulait Voltaire.  Celui qui est reconnaissant que sur la terre il y ait de la musique.     Celui qui découvre avec plaisir une étymologie. Deux employés qui dans un café du Sud jouent un silencieux jeu d’échecs. Le céramiste qui prémédite une couleur et une forme. Un typographe qui compose bien cette page, qui peut-être ne lui plaît pas. Une femme et un homme qui lisent les tercets finaux d’un certain chant. Celui qui caresse un animal endormi. Celui qui justifie ou... [Lire la suite]
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jeudi 5 janvier 2012

LOS JUSTOS

Un hombre que cultiva un jardín, como quería Voltaire. El que agradece que en la tierra haya música. El que descubre con placer una etimología. Dos empleados que en un café del Sur juegan un silencioso ajedrez. El ceramista que premedita un color y una forma. Un tipógrafo que compone bien esta página, que tal vez no le agrada Una mujer y un hombre que leen los tercetos finales de cierto canto. El que acaricia a un animal dormido. El que justifica o quiere justificar un mal que le han hecho. El que agradece que en la tierra haya... [Lire la suite]
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mardi 1 novembre 2011

BORGES ET MOI

     C’est à l’autre, à Borges, que les choses arrivent. Moi, je marche dans Buenos Aires, je m’attarde peut-être machinalement, pour regarder la voûte d’un vestibule et la grille d’un patio. J’ai des nouvelles de Borges par la poste et je vois son nom proposé pour une chaire ou dans un dictionnaire biographique. J’aime les sabliers, les planisphères, la typographie du XVIIIe siècle, le goût du café et la prose de Stevenson : l’autre partage ces préférences, mais non sans complaisance et d’une manière qui en... [Lire la suite]
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