lundi 24 octobre 2011

L'AUTRE...Extrait

Le fait se produisit en février 1969, au nord de Boston, à Cambridge. Je ne l’ai pas relaté aussitôt car ma première intention avait été de l’oublier pour ne pas perdre la raison. Aujourd’hui, en 1972, je pense que si je le relate, on le prendra pour un conte et qu’avec le temps, peut-être, il le deviendra pour moi. Je sais que ce fut presque atroce tant qu’il dura, et plus encore durant les nuits d’insomnie qui suivirent. Cela ne signifie pas que le récit que j’en ferai puisse émouvoir un tiers. Il devait être dix heures... [Lire la suite]
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lundi 24 octobre 2011

LE LIVRE DE SABLE

La ligne est composée d'un nombre infini de points; le plan, d'un nombre infini de lignes; le volume, d'un nombre infini de plans; I'hypervolume, d'un nombre infini de volumes... Non, décidément, ce n'est pas là, more geometrico, la meilleure façon de commencer mon récit. C'est devenu une convention aujourd'hui d'affirmer de tout conte fantastique qu'il est véridique; le mien, pourtant, est véridique. Je vis seul, au quatrième étage d'un immeuble de la rue Belgrano. II y a de cela quelques mois, en fin d'après-midi, j'entendis... [Lire la suite]
mardi 6 septembre 2011

HERENCIA...VICENTE,PALOMA ET RAFAEL PRADAL

    EL SUICIDA   No quedará en la noche una estrella. No quedará la noche. Moriré y conmigo la suma del intolerable universo. Borraré las pirámides, las medallas, los continentes y las caras. Borraré la acumulación del pasado. Haré polvo la historia, polvo el polvo. Estoy mirando el último poniente. Oigo el último pájaro. Lego la nada a nadie.   LE SUICIDE Il ne restera pas dans la nuit une étoile. Il ne restera pas la nuit. Je mourrai et avec moi la somme De l’intolérable univers. J’effacerai les... [Lire la suite]
vendredi 10 juin 2011

LE COMPLICE

On me crucifie et je dois être la croix et les clous. On me tient la coupe et je dois être la ciguë On me trompe et je dois être le mensonge. On m'incendie et je dois être l'enfer. Je dois flatter et remercier chaque instant du temps. Mon aliment est toute chose. Le poids précis de l'univers, l'humiliation, la joie. Je dois justifier ce qui me blesse. Peu importe mon bonheur ou mon malheur. Je suis le poète.   .   JORGE LUIS BORGES .     Oeuvre Caspar David Friedrich
vendredi 10 juin 2011

EL COMPLICIO

Me crucifican y yo debo ser la cruz y los clavos.Me tienden la copa y yo debo ser la cicuta.Me engañan y yo debo ser la mentira.Me incendian y yo debo ser el infierno.Debo alabar y agradecer cada instante del tiempo.Mi alimento es todas las cosas.El peso preciso del universo, la humillación, el júbilo.Debo justificar lo que me hiere.No importa mi ventura o mi desventura.Soy el poeta. . JORGE LUIS BORGES . Oeuvre Marc Chagall
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mardi 24 mai 2011

LUNA DE ENFRENTE...Extracto

Ni la intimidad de tu frente clara como una fiesta ni la costumbre de tu cuerpo, aún misterioso y tácito de niña, ni la sucesión de tu vida asumiendo palabras o silencios serán favor tan misterioso como mirar tu sueño implicado en la vigilia de mis brazos. Virgen milagrosamente otra vez por la virtud absolutoria del sueño, quieta y resplandeciente como una dicha que la memoria elige, me darás esa orilla de tu vida que tu misma no tienes. Arrojado a quietud, divisaré esa playa última de tu ser y te veré, por vez primera, quizá, como... [Lire la suite]
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mardi 24 mai 2011

LUNE D'EN FACE...Extrait

Ni l’intimité de ton front clair comme une fête ni la privauté de ton corps, encore mystérieux et muet, encore d’enfant, ni tes paroles ou tes silences, étapes au chemin de ta vie, ne me seront aussi mystérieuse faveur que de regarder ton sommeil impliqué dans la veille de mes bras. Miraculeusement vierge à nouveau par la vertu absolutoire du sommeil, paisible et resplendissante comme un bonheur que choisit la mémoire, tu me donneras cette frange de ta vie que tu n’atteins pas toi-même. Précipité en quiétude j’apercevrai cette... [Lire la suite]
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samedi 26 mars 2011

LE CHIFFRE...Extrait

La nuit nous impose sa tâche magique.Détisser l’univers, les ramificationsinfinies d’effets et de cause, qui se perdentdans ce vertige sans fin, le temps.La nuit veut que cette nuit tu oublies ton nom,tes ancêtres et leur sang,tous les mots humains et les larmes,ce qu’a pu t’enseigner la veille,le point illusoire du géomètre,la sphère, la ligne, le plan, le cube,le cylindre, la sphère, la pyramide,la mer, les vagues, ta joue sur l’oreiller,la fraîcheur du drap changé, les jardins, les empires,les César et Shakespeare et ce qui est... [Lire la suite]
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mardi 28 septembre 2010

LUNE D'EN FACE...Extrait

Me voici encore, les lèvres mémorables, unique et semblable à vous, J’ai persévéré dans l’à-peu-près du bonheur et dans l’intimité de la peine. J’ai traversé la mer. J’ai connu bien des pays ; j’ai vu une femme et deux ou trois hommes. J’ai aimé une enfant altière et blanche et d’une hispanique quiétude. J’ai vu d’infinies banlieues où s’accomplit sans s’assouvir une immortalité de couchants. J’ai goûté à de nombreux mots. Je crois profondément que c’est tout et que je ne verrai ni ne ferai de nouvelles choses. Je crois que mes... [Lire la suite]
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lundi 5 octobre 2009

BORGES

« Loué soit l'infiniLabyrinthe des effets et des causes,Qui, avant de me présenter le miroirDans lequel je ne verrai personne ou je verrai un autre,M'accorde la pure contemplationD'un langage de l'aube. ». JORGE LUIS BORGES .
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