jeudi 2 mars 2017

JULES SUPERVIELLE...Extrait

Tout ce qu'il y a de grand au monde est rythmé par le silence : la naissance de l'amour, la descente de la grâce, la montée de la sève, la lumière de l'aube filtrant par les volets clos dans la demeure des hommes. Et que dire d'une page de Lucrèce, de Dante ou de d'Aubigné, du mutisme bien ordonné de la mise en page et des caractères d'imprimerie. Tout cela ne fait pas plus de bruit que la gravitation des galaxies ni que le double mouvement de la Terre autour de son axe et autour du Soleil... Le silence, c'est l'accueil,... [Lire la suite]

lundi 27 février 2017

HOMMAGE A LA VIE

C’est beau d’avoir éluDomicile vivantEt de loger le tempsDans un coeur continu,Et d’avoir vu ses mainsSe poser sur le mondeComme sur une pommeDans un petit jardin,D’avoir aimé la terre,La lune et le soleil,Comme des familiersQui n’ont pas leurs pareils,Et d’avoir confiéLe monde à sa mémoireComme un clair cavalierA sa monture noire,D’avoir donné visageÀ ces mots : femme, enfants,Et servi de rivageÀ d’errants continents,Et d’avoir atteint l’âmeÀ petits coups de ramePour ne l’effaroucherD’une brusque approchée.C’est beau d’avoir... [Lire la suite]
jeudi 8 septembre 2016

LE PREMIER ARBRE

C'était lors de mon premier arbre,J'avais beau le sentir en moiIl me surprit par tant de branches,Il était arbre mille fois.Moi qui suis tout ce que je formeJe ne me savais pas feuillu,Voilà que je donnais de l'ombreEt j'avais des oiseaux dessus.Je cachais ma sève divineDans ce fût qui montant au cielMais j'étais pris par la racineComme à un piège naturel.C'était lors de mon premier arbre,L'homme s'assit sous le feuillageSi tendre d'être si nouveau.Etait-ce un chêne ou bien un ormeC'est loin et je ne sais pas tropMais je sais bien... [Lire la suite]
mercredi 1 juin 2016

JULES SUPERVIELLE...Extrait

Saisir quand tout me quitte,Et avec quelles mainsSaisir cette pensée,Et avec quelles mainsSaisir enfin le jourPar la peau de son cou,Le tenir remuantComme un lièvre vivant ?Viens, sommeil, aide-moi,Tu saisiras pour moiCe que je n’ai pu prendreSommeil aux mains plus grandes. .   JULES SUPERVIELLE   .   Oeuvre Tchoba http://www.tchoba.com  
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mardi 4 novembre 2014

L'ESPERANCE

Dans l’obscurité pressentir la joie, Savoir susciter la fraîcheur des roses, Leur jeune parfum qui vient sous vos doigts Comme une douceur cherche un autre corps. Le coeur précédé d’antennes agiles, Avancer en soi, et grâce à quels yeux, Eclairer ceci, déceler cela, Rien qu’en approchant des mains lumineuses. Mais dans quel jardin erre-t-on ainsi Qui ne serait clos que par la pensée ? Ah pensons tout bas, n’effarouchons rien, Je sens que se forme un secret soleil.   .   JULES SUPERVIELLE   .     ... [Lire la suite]
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mardi 12 mars 2013

LA NUIT

Attendre que la Nuit, toujours reconnaissableA sa grande altitude où n’atteint pas le vent,Mais le malheur des hommes,Vienne allumer ses feux intimes et tremblantsEt dépose sans bruit ses barques de pêcheurs,Ses lanternes de bord que le ciel a bercées,Ses filets étoilés dans notre âme élargie,Attendre qu’elle trouve en nous sa confidenteGrâce à mille reflets et secrets mouvementsEt qu’elle nous attire à ses mains de fourrure,Nous les enfants perdus, maltraités par le jourEt la grande lumière,Ramassés par la Nuit poreuse et... [Lire la suite]
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vendredi 15 juin 2012

ET DIEU CREE LA FEMME...

Pense aux plages, pense à la mer Au lisse du ciel, aux nuages, A tous celà devenant chair Et dans le meilleur de son âge, Pense aux tendres bêtes du bois, Pense à leur peur sur tes épaules, Aux sources que tu ne peux voir Et dont le murmure t’isole, Pense à tes plus profonds soupirs, Ils deviendront un seul désir, A ce dont tu chéris l’image, Tu l’aimeras bien d’avantage. Ce qui était beaucoup trop loin Pour le parfum ou le reproche, Tu vas voir comme il se rapproche Se faisant femme jusqu’aù lien, Ce dont rêvaient... [Lire la suite]
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lundi 11 juin 2012

FAMILLE DE CE MONDE

Et des milliers de bourgeons viennent voir ce qui se passe au monde Car la curiosité de la Terre est infinie. Et l'enfant naît et sa petite tête mal fermée encore Se met à penser dans le plus grand secret parmi les grandes personnes tout occupées de lui. Et il est tout nu sous la pression exigeante de la lumière du jour Tournant de côté et d'autre ses yeux presque aveugles au sortir de la nuit maternelle, Emplissant la chambre, comme il peut, de ce vagissement venu d'un autre monde. Et bien que parachevé, il s'ouvre encore à la... [Lire la suite]
vendredi 23 mars 2012

COMME DES VOILIERS...Extrait

(…) Derrière un éventail de fraîche mousseline,Ton rire ruisselait en source près de moi ;Je vois encore mes fleurs s’ouvrir sur ta poitrine ;J’entends le rythme clair et le chant de ta voix ! Hélas ! tu es plus loin de moi que l’astre frêle,Enveloppé de soir et fleuri de rayons,Et dans mon souvenir tes sombres cheveux vontComme des rêves las, meurtris, blessés à l’aile. Cherchant au loin ta forme exquise et mon bonheur,Sur une barque blanche a fui mon rêve aride,Et je vois revenir là-bas ma barque vide,Et ton... [Lire la suite]
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vendredi 23 mars 2012

DEBARCADERES...Extrait

(…) Nous sommes là tous deux comme devant la mer sous l’avance saline des souvenirs. De ton chapeau aérien à tes talons presque pointus tu es légère et parcouruecomme si les oiseaux striés par la lumière de ta patrie remontaient le courant de tes rêves.Tu voudrais jeter des ponts de soleil entre des pays que séparent des océans et des climats, et qui s’ignorent toujours.Les soirs de Montevideo ne seront pas couronnées de célestes roses pyrénéennes,Les monts de Janeiro toujours brûlants et jamais consumés ne pâliront point sous les... [Lire la suite]
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