jeudi 4 juillet 2019

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Ta langue s'est perduedans les méandres de Babel ...Perdus le chant dansantet le son de la voix. Et tu cherches tes mots dans l'errance du vent,au creux des larmes dans un visage désertique. Enchanteresse, elle l'était,comme toute langue de l'enfance --enchantée, comme ces châteaux en Espagne, les yeux gris-verts de la mère,la mer océane,le soleil léopard,le ciel goéland. Et te voilà sans parole, dans cet enclos planté de fleurs sages dont les graines se vendent.Où sont tes ailes ? Où sont tes yeux... [Lire la suite]

mardi 28 août 2018

LES PLUMES D'EROS...Incipit

Désormais, l’état lumineux a changé d’orientation : il est à présent isolé et n’ouvre que sur lui-même. Si j’essaie d’en préciser la nature, je n’aperçois que sa ressemblance avec l’espace qu’autour de moi ouvre le regard. Non, ce dernier est substantiellement le même que l’état ancien mais il n’est pas environné du même lieu. L’ancien est dans mon corps : c’est une poche lumineuse qui se dilate, qui envahit tout mon volume intérieur, et qui l’illumine en abolissant toute frontière entre dehors et dedans. Le bonheur est dans cette... [Lire la suite]
mercredi 15 août 2018

POESIE ETCETERA: MENAGE...Extrait

Je défendrais la posture suivante : nécessité de la poésie ; nécessité, si on est poète, de se revendiquer comme poète. Pas d’excuse. Je suis contre la posture du renoncement.- Vous parlez au nom de qui ? En mon nom propre. Je vois les choses ainsi, c’est tout.- Et vous justifiez l’existence de la poésie ? La conception de la poésie qui résulte des hypothèses avancées ne peut donner à la poésie aucune des justifications qui sont généralement proposées comme raisons de son existence, de sa survie. Elle n’amène pas non plus à... [Lire la suite]
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dimanche 27 mai 2018

JEAN LAVOUE...Extrait

Quand nous saurons ouvrirEt déchiffrer en nousLe livre dont nous sommesLa langue et le secret, Nous n’aurons plus de motsPour traduire le silence,Nous trouverons des frères,Des glaneurs de lumière,Des amoureux du Souffle,Des quêteurs de l’Esprit.Nous laisserons le ventLire la mélodieEt tourner chaque pageDu chant de notre vie.   .   JEAN LAVOUELa Chesnaie, 21 mai, lundi de Pentecôte 2018   . .
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vendredi 18 mai 2018

APPROCHE DE LA PAROLE...Extrait

Langue natale. Les contraires qui sont battement au cœur du monde, la parole les porte à déchirure. Dans la dislocation que plus rien ne guérit, la ferveur d'une langue dévore son avenir. Fouet d'une phrase sans équivoque. Ici s'est tenue la lumière d'un arbre, là s'est dissoute la venue d'un pas. Dans le buisson des cris le dieu se creuse de mutisme. Quelque flamme que tu portes - si peu cette eau qui s'évapore. Fraîche amertume du sel dans les plis de lumière.     .     LORAND GASPAR   ... [Lire la suite]
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lundi 8 janvier 2018

NOMADE

Je traverse en nomade le grand corps du monde, de la fraîcheur des sources jusqu’au vent du désert, de la froideur de l’eau jusqu’aux habits de flammes, du rhume des objets jusqu’à la toux de l’âme, du sel de la mer jusqu’au fil de salive, des grottes de Lascaux jusqu’aux mots sur la page, de l’amibe encore chaud au cristal de Bohème, des hommes dans les mines aux femmes à ciel ouvert. Je traverse le monde comme un ruisseau perdu où viennent boire les bêtes. Je recueille une à une les larmes oubliées, les ailes des oiseaux pétrifiées... [Lire la suite]

vendredi 29 décembre 2017

LA VOIX DE PERSONNE...Extrait

J'écoute la rumeur qui monte des choses. La pensée vide, j'entre en résonance. La parole peut jaillir d'une simple motte de terre ou d'un reflet dans la vitre. Ce ne seraient d'abord que des murmures épars, des chuchotements qui lentement se rassembleraient et finiraient par former un début de phrase encore balbutiante. Puis, de ruisseau, la petite voix deviendrait rivière et fleuve. Chargée d'alluvions, peut-être de pépites, la phrase prendrait de l'ampleur, se laisserait porter par le courant jusqu'à la haute mer. Dans les... [Lire la suite]
lundi 12 juin 2017

LE TEXTE NATAL

Ne désespère pas d’enfin trouver la métaphore de ce qui apparaît sans naître et n’ose vraiment apparaître : vie de plume, vie de vent, vie soufflée, vie rêvée, en filigrane ou murmurée et quand la séquence s’efface dans les brumes d’et caetera, fatigué de ces tropes qui le tirent vers le Sensible, retourne vers son lieu, texte flou, texte trouble, son texte d’origine, traduit de ce qui pourrait être une langue ou un idiolecte d’un âge présymbolique, linéaire B d’une enfance qui cherche vainement son sens dans les yeux éteints d’un... [Lire la suite]
samedi 3 juin 2017

L'ARIDE DESIR DE SIGNIFICATION

Une demeure se construit une autre s'use les livres tombent en poussière tout se mélange dans le discours du bavard négligent temps-sable coule fêtes vendanges anniversaires le silence épaissit la lumière ciel amplifié temps nul qui tisonne sa braise dans la pupille du veilleur il est toujours possible de chiffrer le désastre ou l'échange arithmétique chaque langue tas de pierres et tas de mots chaque temple ignorons à jamais ce qui entrave car le vent souffle éternel sur l'aride désir de signification   .     ... [Lire la suite]
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mardi 23 mai 2017

TEINDRE EN ROUGE

Teindre en rouge vos habitudes nouvelles Les sans-papiers les ex-bombardés les sans-paix les sans-amis les sans-amour les sans-famille les sans-abris les sans-pays tous des exilés à la recherche d’un don de soi de la part de l’autre d’une adoption d’un foyer accueillant de vêtements d’un travail confrontés souvent à une nouvelle langue incompréhensible pour eux ou à l'illettrisme une frontière de plus qu’ils voudraient détruire de manière à savoir communiquer parler librement et non pas être prisonniers de leur langue... [Lire la suite]