lundi 12 juin 2017

LE TEXTE NATAL

Ne désespère pas d’enfin trouver la métaphore de ce qui apparaît sans naître et n’ose vraiment apparaître : vie de plume, vie de vent, vie soufflée, vie rêvée, en filigrane ou murmurée et quand la séquence s’efface dans les brumes d’et caetera, fatigué de ces tropes qui le tirent vers le Sensible, retourne vers son lieu, texte flou, texte trouble, son texte d’origine, traduit de ce qui pourrait être une langue ou un idiolecte d’un âge présymbolique, linéaire B d’une enfance qui cherche vainement son sens dans les yeux éteints d’un... [Lire la suite]

samedi 3 juin 2017

L'ARIDE DESIR DE SIGNIFICATION

Une demeure se construit une autre s'use les livres tombent en poussière tout se mélange dans le discours du bavard négligent temps-sable coule fêtes vendanges anniversaires le silence épaissit la lumière ciel amplifié temps nul qui tisonne sa braise dans la pupille du veilleur il est toujours possible de chiffrer le désastre ou l'échange arithmétique chaque langue tas de pierres et tas de mots chaque temple ignorons à jamais ce qui entrave car le vent souffle éternel sur l'aride désir de signification   .     ... [Lire la suite]
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mardi 23 mai 2017

TEINDRE EN ROUGE

Teindre en rouge vos habitudes nouvelles Les sans-papiers les ex-bombardés les sans-paix les sans-amis les sans-amour les sans-famille les sans-abris les sans-pays tous des exilés à la recherche d’un don de soi de la part de l’autre d’une adoption d’un foyer accueillant de vêtements d’un travail confrontés souvent à une nouvelle langue incompréhensible pour eux ou à l'illettrisme une frontière de plus qu’ils voudraient détruire de manière à savoir communiquer parler librement et non pas être prisonniers de leur langue... [Lire la suite]
mardi 16 mai 2017

L'ÂME INSURGEE...Extrait

Pourquoi crier à l’impossible quand le possible est déjà là, prêt à entrer, qui n’attend plus que vous pour s’accomplir en vous accomplissant ? Il n’y a pas un homme qui puisse vivre heureusement de ses instincts bestiaux, enfermé dans son corps, incarcéré dans son opacité muette, rivé stupidement sur son nombril. On y suffoque, on s’y étouffe, on s’y éteint – et la haine enragée gravite, comme un soleil mort, autour de cette viande inhabitée. Réapprenez à lire et sauvez-vous de là ! Laissez parler en vous la langue qui... [Lire la suite]
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vendredi 17 février 2017

RAPJAZZ...Extrait

Mots et rêves sont mes repères. Mon journal n'a pas de dates. En rapjazz je dis ma ville. Que pourrais-je écrire que l'on ne sache déjà ? Que devrais-je dire que l'on n'ait déjà entendu ? J'écoute ma voix baroque dans le miroir enflé de litanies sauvages. Batteur battant aux appels de ma ville rapeur frappeur à l'ivresse de mes tripes je délire et je tangue au fracas de ma langue à mes roues cycloneuses je dérape aux zigzags de mes mots à dentelles d'ouragan mes paysages écrabouillés au tournoiement du vent coïncidence et... [Lire la suite]
dimanche 15 janvier 2017

POEME INEDIT ADONIS

Un dieu sumérien m'écoutaiten se lavant les piedsdans les vagues qui relientle Tigre à l'Euphrate.O Dieu ami, est-ce vrai que tu asune fois chuchoté à ton épouse :«dans ce monde, il m'estdifficile d'être Dieu ».Soudain une foule d'angess'abat sur nous et se metà lapider la langue :Si la parole était de feule silence ne seraitqu'un début d'enfer.En vérité, c'est au ciel que poussentles racines de la catastrophe.En vérité, à Bagdad, les pierrespourraient se fendre de honte.À Paris, dans une triste chambre,j'ai voulu asseoir mon payssur... [Lire la suite]

samedi 12 novembre 2016

PAR MANQUE D'Я

L’homme épelle sa fatigue.Épelle et soudaindécouvre d’étranges majuscules,inespérément seules,inespérément hautes.Qui pèsent plus sur la langue.Pèsent plus mais échappentplus vite et c’est à peines’il peut les prononcer.Son cœur se rassemble sur les cheminsoù la mort éclate.Et il découvre, tandis qu’il continue d’épeler,de plus en plus d’étranges majuscules.Et une grande peur l’étreint:se trouver devant un motécrit seulement de majusculeset ne pouvoir alors le prononcer.   . ROBERTO  JUARROZ Poésie verticale I . ... [Lire la suite]
mercredi 9 novembre 2016

SUITES MAROCAINES...Extrait

Merci Thami...   Mes chants sont ceux des Hommes libres Nul ne les reconnaît pourtant Ils sont lourds de sens Qui peut les chanter ? Solitaire, je suis entravé Notre chant l’est aussi La corde au cou Ma langue est pourtant vive Elle bruisse encore Au milieu des sourds ; nulle fatigue Le verre plein se doit D’étancher toute soif Mes chants sont ceux des Hommes libres Personne n’en veut Chimères ! dit-on ; On passe et nous abandonne On nous tend piège sur piège et on nous dit : Plus jamais nul ne t’écoutera Quoique tu dises On... [Lire la suite]
mardi 16 août 2016

QUEBEC

Je suis de ce pays plus sûrement qu’une mémoire. De sa langue qui chante, de ses cordes de bois appuyées sur l’hiver, de sa voix résistante, de ses lumières d’herbes, de ses vieux mocassins, de ses rangs visitant la campagne, de ses galeries en planches, et d’une maison qui me nommait si fort. Ah Québec, je me souviens ! Tes étés frileux, tes foins d’odeurs et sauges en volutes, tes feux du soir peuplés d’ancêtres, tes rubans galopant de longues routes longues, tes pluies éternuant sur le dos des bisons, tes pommes au... [Lire la suite]
dimanche 29 mai 2016

AU DERNIER SOIR SUR CETTE TERRE...Extrait

J'ai derrière le ciel un ciel pour revenir, maisJe continue à polir le métal de ce lieu, et je visUne heure qui discerne l'invisible. Je sais quele tempsNe sera pas par deux fois mon allié, et je saisque je sortirai de ma bannière, oiseau qui ne se pose sur nul arbreJe sortirai de toute ma peau, et quelques mots sortirontde ma langue sur l'amour chez LorcaQui habitera ma chambreEt verra ce que j'ai vu de la lune bédouine. Je sortirai des amandiers, duvet sur l'écume de la mer. L'étranger est passéPortant sept siècles de... [Lire la suite]