mardi 23 mai 2017

TEINDRE EN ROUGE

Teindre en rouge vos habitudes nouvelles Les sans-papiers les ex-bombardés les sans-paix les sans-amis les sans-amour les sans-famille les sans-abris les sans-pays tous des exilés à la recherche d’un don de soi de la part de l’autre d’une adoption d’un foyer accueillant de vêtements d’un travail confrontés souvent à une nouvelle langue incompréhensible pour eux ou à l'illettrisme une frontière de plus qu’ils voudraient détruire de manière à savoir communiquer parler librement et non pas être prisonniers de leur langue... [Lire la suite]

mardi 16 mai 2017

L'ÂME INSURGEE...Extrait

Pourquoi crier à l’impossible quand le possible est déjà là, prêt à entrer, qui n’attend plus que vous pour s’accomplir en vous accomplissant ? Il n’y a pas un homme qui puisse vivre heureusement de ses instincts bestiaux, enfermé dans son corps, incarcéré dans son opacité muette, rivé stupidement sur son nombril. On y suffoque, on s’y étouffe, on s’y éteint – et la haine enragée gravite, comme un soleil mort, autour de cette viande inhabitée. Réapprenez à lire et sauvez-vous de là ! Laissez parler en vous la langue qui... [Lire la suite]
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vendredi 17 février 2017

RAPJAZZ...Extrait

Mots et rêves sont mes repères. Mon journal n'a pas de dates. En rapjazz je dis ma ville. Que pourrais-je écrire que l'on ne sache déjà ? Que devrais-je dire que l'on n'ait déjà entendu ? J'écoute ma voix baroque dans le miroir enflé de litanies sauvages. Batteur battant aux appels de ma ville rapeur frappeur à l'ivresse de mes tripes je délire et je tangue au fracas de ma langue à mes roues cycloneuses je dérape aux zigzags de mes mots à dentelles d'ouragan mes paysages écrabouillés au tournoiement du vent coïncidence et... [Lire la suite]
dimanche 15 janvier 2017

POEME INEDIT ADONIS

Un dieu sumérien m'écoutaiten se lavant les piedsdans les vagues qui relientle Tigre à l'Euphrate.O Dieu ami, est-ce vrai que tu asune fois chuchoté à ton épouse :«dans ce monde, il m'estdifficile d'être Dieu ».Soudain une foule d'angess'abat sur nous et se metà lapider la langue :Si la parole était de feule silence ne seraitqu'un début d'enfer.En vérité, c'est au ciel que poussentles racines de la catastrophe.En vérité, à Bagdad, les pierrespourraient se fendre de honte.À Paris, dans une triste chambre,j'ai voulu asseoir mon payssur... [Lire la suite]
samedi 12 novembre 2016

PAR MANQUE D'Я

L’homme épelle sa fatigue.Épelle et soudaindécouvre d’étranges majuscules,inespérément seules,inespérément hautes.Qui pèsent plus sur la langue.Pèsent plus mais échappentplus vite et c’est à peines’il peut les prononcer.Son cœur se rassemble sur les cheminsoù la mort éclate.Et il découvre, tandis qu’il continue d’épeler,de plus en plus d’étranges majuscules.Et une grande peur l’étreint:se trouver devant un motécrit seulement de majusculeset ne pouvoir alors le prononcer.   . ROBERTO  JUARROZ Poésie verticale I . ... [Lire la suite]
mercredi 9 novembre 2016

SUITES MAROCAINES...Extrait

Merci Thami...   Mes chants sont ceux des Hommes libres Nul ne les reconnaît pourtant Ils sont lourds de sens Qui peut les chanter ? Solitaire, je suis entravé Notre chant l’est aussi La corde au cou Ma langue est pourtant vive Elle bruisse encore Au milieu des sourds ; nulle fatigue Le verre plein se doit D’étancher toute soif Mes chants sont ceux des Hommes libres Personne n’en veut Chimères ! dit-on ; On passe et nous abandonne On nous tend piège sur piège et on nous dit : Plus jamais nul ne t’écoutera Quoique tu dises On... [Lire la suite]

mardi 16 août 2016

QUEBEC

Je suis de ce pays plus sûrement qu’une mémoire. De sa langue qui chante, de ses cordes de bois appuyées sur l’hiver, de sa voix résistante, de ses lumières d’herbes, de ses vieux mocassins, de ses rangs visitant la campagne, de ses galeries en planches, et d’une maison qui me nommait si fort. Ah Québec, je me souviens ! Tes étés frileux, tes foins d’odeurs et sauges en volutes, tes feux du soir peuplés d’ancêtres, tes rubans galopant de longues routes longues, tes pluies éternuant sur le dos des bisons, tes pommes au... [Lire la suite]
dimanche 29 mai 2016

AU DERNIER SOIR SUR CETTE TERRE...Extrait

J'ai derrière le ciel un ciel pour revenir, maisJe continue à polir le métal de ce lieu, et je visUne heure qui discerne l'invisible. Je sais quele tempsNe sera pas par deux fois mon allié, et je saisque je sortirai de ma bannière, oiseau qui ne se pose sur nul arbreJe sortirai de toute ma peau, et quelques mots sortirontde ma langue sur l'amour chez LorcaQui habitera ma chambreEt verra ce que j'ai vu de la lune bédouine. Je sortirai des amandiers, duvet sur l'écume de la mer. L'étranger est passéPortant sept siècles de... [Lire la suite]
lundi 3 août 2015

DERRIERE LE DOS DE DIEU...Extrait

Langue, ô clair moment de ce qui est nu sur son seuilvigueur de sève, effritement des visages –langue de clôture et de mutilationlangue de chair et de fruits de toutes saisons,ce goût qu’il nous faut sans cesse entretenir –Que l’usure et la perte, la brièveté des choses au-dedans,au-dehorsnous disent chaque jour plus clairement dans leur languela pensée claire dont sont capables nos cerveaux,langue de nos sèves, reconduis-nous à la nudité du chant .   LORAND GASPAR   .   Oeuvre Guy Denning
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dimanche 1 février 2015

DIRE LE VRAI

Trier les motsau fil de l'eauau dos d'un galetau rond d'une pierreau bord d'une paupièreau gué d'une rivièreau grelot d'un sanglotsaisir le sensau son d'une consonneaux voix d'une voyelleau pas d'une virguleau non d'un hiatusau clos d'une parenthèseau final d'un pointtailler l'idéeau fil du tempsau grés des ansau vent de l'océanau ciel d'enfanceaux portes de la mémoireau seuil du néanttrier les motsà demi-motou en porte -à-fauxde la brisureà la démesuresaisir le sensà mots ouvertsou au figuréde la césureà la cassureTailler l'idéeà la... [Lire la suite]
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