jeudi 25 mai 2017

RENE CHAR...Extrait

Oh la toujours plus rase solitude Des larmes qui montent aux cimes. Quand se déclare la débâcle Et qu'un vieil aigle sans pouvoir Voit revenir son assurance, Le bonheur s'élance à son tour, À flanc d'abîme les rattrape. Chasseur rival, tu n'as rien appris, Toi qui sans hâte me dépasses Dans la mort que je contredis.   .   RENE CHAR   .        
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vendredi 19 mai 2017

ESPERANCES...

Parce que j’ai mal à l’âme du père clandestin qui peine dans un ghetto de Paris, avec des larmes qui irriguent à flots silencieux les fontaines où se régénèrent les pulsions mondaines. Parce que j’ai des douleurs au dos de la femme de ménage qui abroge sa silhouette vibrante et attendrie dans les arrière-salles des boulevards culinaires et bombesques, quand le maquignon sirote le bon vin, la main décidée sur les cuisses d’une vierge que lui a rétrocédé l'impuissance des ventres creux. Parce que je souffre d'une entorse au pied de... [Lire la suite]
vendredi 14 avril 2017

LES MOTS SONT DES CHIENS D'AVEUGLE...Extrait

Voici l'arbreroyal et solitaireen son ultime déploiementde fin du jour Le vent qui le traversey fait trembler les yeuxd'une lumière de larmes L'été s'y jette à corps perdul'été rayonne comme un paonEt l'arbre dit que tant de cielsans pesanteurne saurait être quel'analogie de Dieu Je caresse son écorceSous mes doigts une fourmilièrecharrie sa crasse de cadavres A mes pieds une pie ouvertelaisse voir son cœurnoir et racorni Et l'arbre dit que nous sommes les frèresdu rat de la mouche de l'hyène du scorpion Vienne la nuit qui n'est... [Lire la suite]
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dimanche 19 février 2017

ON N'ECRIT PAS AVEC LES LARMES

Est-ce la pluie sur ma joue ou la sueur amère des jours passés à boire? Je ne suis ni gai ni triste, tout simplement poète. On n'écrit pas avec des larmes. On a beau faire les durs, le cœur saigne sous la carapace. Que deviendra l'enfance dans cet enfer moderne? Trop de barreaux remplacent la ligne d'horizon. Le matin vient trop tard pour réveiller le soleil. Les ombres sont partout et snipent l'infini. Je me sers des mots pour saluer la mer, la duvet des palombes et le vent dans les branches. Il faut bien que les mots dépassent le... [Lire la suite]
jeudi 16 février 2017

QUESTIONS DE POESIE

Dans ta patrie de neige, Quête muette des mots depuis toujours, jusqu'à l'ultime frontière. Viens boire à l’arc-en-ciel de la beauté Au grand passage Au lien à la terre Point de paroles vaines pour l’enfance absente des mots Natale est la lumière Silencieuse la pierre du retour Au peuple du poème. Qui se réduit à l'isolement ? Qui va vivre en exil intérieur ? Quelle étoile est la plus triste ? Natale est la lumière Désenchantée et écartelée entre rêve et néant. Qui veut franchir le grand passage ? Qui porte le chant ? Qui porte le... [Lire la suite]
dimanche 15 janvier 2017

POEME INEDIT ADONIS

Un dieu sumérien m'écoutaiten se lavant les piedsdans les vagues qui relientle Tigre à l'Euphrate.O Dieu ami, est-ce vrai que tu asune fois chuchoté à ton épouse :«dans ce monde, il m'estdifficile d'être Dieu ».Soudain une foule d'angess'abat sur nous et se metà lapider la langue :Si la parole était de feule silence ne seraitqu'un début d'enfer.En vérité, c'est au ciel que poussentles racines de la catastrophe.En vérité, à Bagdad, les pierrespourraient se fendre de honte.À Paris, dans une triste chambre,j'ai voulu asseoir mon payssur... [Lire la suite]

vendredi 23 décembre 2016

LE JARDIN SUSPENDU...Extrait

 Toujours les choses se dérobent et laissent le regard errer sur cette nappe de clarté dont la douceur n’est que l’approche de la pierre  pour de violentes noces imparfaites.  Et l’entaille demain à la mesure du corps entier,  de quel cri s’éveillera le chemin ? Sous les paupières d’amande glisse le fruit des larmes évaporées,  dur sommeil, long soleil de la besace des pauvres.     PIERRE-ALBERT JOURDAN       Oeuvre Joyce Gehl
dimanche 11 décembre 2016

GHYSLAINE LELOUP...Extrait

Voix envolée, cris d’hirondellesArc du corps, traduction des ailesVenant d’en bas les crisSilhouette furtive des futaiesMes élixirs guérissent, on me dit maléfiqueArrachée des forêts aux grandes fougèresIls me fouettent me fouaillent me forcent et m’étouffentMa robe est jaune pour le feu et son orgie de ténèbresToujours les crisMusique condamnée jusque dans les cagesLe glas de la prière tombe comme nos larmesTraquée dans un orient aux fontaines séchéesJe porte ma prison en un voile tissé lourdCiel obscurci sous les barreaux de mon... [Lire la suite]
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samedi 3 décembre 2016

ON NE VIT PAS LONGTEMPS COMME LES OISEAUX...Extrait

Les larmes quelquefois montent aux yeux comme d'une source, elles sont de la brume sur des lacs, un trouble du jour intérieur, une eau que la peine a salée. La seule grâce à demander aux dieux lointains, aux dieux muets, aveugles, détournés, à ces fuyards, ne serait-elle pas que toute larme répandue sur le visage proche dans l'invisible terre fît germer un blé inépuisable ?   .   PHILIPPE JACCOTTET   .  
samedi 26 novembre 2016

S'ABAISSER JUSQU'A L'HUMUS

 S'abaisser jusqu'à l'humus où se mêlentLarmes et rosées, sangs versésEt source inviolée, où les corps suppliciésretrouvent la douce argile,Humus prêt à recevoir frayeurs et douleurs,     Pour que tout ait une fin et que pourtant     rien ne soit perdu.S'abaisser jusqu'à l'humus où se logeLa promesse du souffle originel. Unique lieuDe transmutation où frayeurs et douleursSe découvrent paix et silence. Se joignent alorsPourri et nourri, ne font qu'un terme et germe.Lieu du choix : la voie de... [Lire la suite]