mercredi 19 avril 2017

ETAT DES LIEUX

Maintenant Je laisse ma vie fuir son cours Les heures filer dans mes doigts le sable s’entasser sous mes dents le vent Vide façonner mes dunes y bâtir des escaliers à dévaler revenir Aux sources du mal en avaler les boues Dosant habilement les vins aux goût de bois Les drogues licites des pharmacies leurs bulles opiacées leurs benzos Car je sens qu’il ne vaut mieux pas que je reprenne conscience Tout à fait Ni que la colère flambe ni qu’elle prenne une perfection de symphonie Giclant d’un seul envol de violons et de bois Ni que je... [Lire la suite]

mardi 7 février 2017

DERNIERE STATION

Encore Encore une fois se lever Vous ne savez pas pour certains ce seul geste fait mal Le geste Tant de fois fait pour rien pour personne Dans les foules assises pesantes Lever la main le poing avoir Du mal à le serrer En voir les jointures qui blanchissent de honte Et de lassitude Gueuler, gueuler de rage noire, s’en crever la gorge, Combien de fois je vous ai dit combien De vous lever mais vous avez été Comme des pâtes sans levain Sans la vie des pâtes mortes qu’on malaxe Qui ne seront jamais du pain Vous faut-il que le pétrin du... [Lire la suite]
lundi 9 septembre 2013

COEUR FONDATEUR...Extrait

 Et toujours cette dure fatigueDes jours pliés contre les joursEt le matin tous les matinsLes tilleuls saturés de feuillesObstruent chaque fenêtre devant chaque penséeQuand pèse l'absence de lumièreTu ranges les objetsLe long des quatre mursTu as aussi rangé des évènementsAux quatre coins de ta mémoireSi une écharde te demeureElle ressemble à un phareForgeron sans un pleur qui forges ton amourTu te crois séparé de l'amourAvec effort tu relèves la têteEt regardes si dans le temps pauvrePasse un oiseau désertEt derrière les... [Lire la suite]
lundi 29 août 2011

ELEGIE POUR UN AMI...Extrait

Toujours, encore, demain, ces mots de peu de rien, jetés en passant, nous débordent. Ils amassent dans les marges de nos vies un sable lisse et sans usage auquel nul ne prête attention jusqu’à ce que le cœur soudain batte de l’aile et commence à compter ses pas quand tout est dit, tout et qu’il n’y a plus qu’à tirer la porte, mais la porte résiste et grince comme la mémoire devant une montagne d’oublis, ce tas de sable, de silence qui prend toute la place et qui crie. . GUY GOFFETTE . Photographie Ernst Haas
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lundi 7 mars 2011

NOCTURNE

 Notre Père qui es aux cieux,pourquoi m’as-tu donc oubliée ?Tu t’es souvenu du fruit de l’étéquand tu as blessé sa chair de rubis.Moi je porte aussi blessure à mon flanc,mais tu ne veux pas regarder vers moi ! Tu t’es souvenu de la grappe noireet tu l’as donnée au pressoir carmin ;du peuplier as dispersé les feuillesavec ton haleine, dans l’air subtil.Mais dans le vaste pressoir de la morttu ne veux encore fouler ma poitrine ! En marchant, j’ai vu s’ouvrir les violettesmes lèvres ont bu du vent le falerneet j’ai abaissé,... [Lire la suite]
jeudi 24 février 2011

LA MORT A DISTANCE...Extrait

Ne garderai-je du jour que cette longue lassitude et la poussière des chemins au fond des yeux ? Je m'assiérai n'importe où, je tenterai seulement de reprendre souffle, sans hâte et comme pour mieux me souvenir. L'espoir, quand on s'arrête de marcher, devient inutile, mais le vieux désir d'être encore ne disparaît pas avec lui. Et je suis là, comme quelqu'un qui s'étonne que son corps le soutienne et le défende, ce corps meurtri, ce corps appesanti, le mien pourtant, et que je méprisais. Les grandes lois du soleil et de l'ombre nous... [Lire la suite]
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mardi 11 novembre 2008

RESIDENCE SUR LA TERRE...Extrait

"Je touche la haine comme une poitrine diurne,moi sans arrêt, de vêtement en vêtement j’arrivede loin endormi.Je ne suis, ne sers, ne connais personne,je n’ai pas d’armes de mer ni de bois,je ne vis pas dans cette maison.De nuit et d’eau ma bouche est pleine.La lune persiste et décidede ce que je n’ai pas.Au milieu des vagues il y a ce que j’ai.Un rayon d’eau, un jour pour moi :un horizon ferré.Il n’y a pas de ressac, il n’y a pas de bouclier, il n’y a pas de costume,il n’y a pas d’insondable solution particulière,ni de vicieuse... [Lire la suite]
Posté par emmila à 23:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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