jeudi 26 octobre 2017

JACQUES ANCET

La fatigue a des couleurs Comme les saisons. Elle a Ses douceurs et ses éclats, Ses silences. Mais surtout Ce qu’elle permet de voir : D’une chose à son image Imperceptible, une sorte De distance sans distance. L’incertitude du monde. Comme un vacillement bref.   .     JACQUES ANCET     .
Posté par emmila à 11:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

mardi 10 octobre 2017

L’ESPOIR LUIT

Je raccrocherais bien les gants Les téléphones et surtout Les wagons et le boucan ferraillé De cet interminable train de marchandises Où des enfants vieillis échangent des promesses de papier Puis les oublient, enterrées sous les arbres, Qu’une voix de synthèse réponde A l’appel de mon nom il n’y a plus Personne au numéro que vous demandez Personne sur le ring pas d’adversaire, Personne, regardez, Et pas de titre à conquérir Ou à donner au chapitre, à ses silences, Aux blancheurs qui l’ont envahi peu à peu Aux mots vidés de sens... [Lire la suite]
mardi 5 septembre 2017

UNE VIE BOULEVERSEE...Extrait

... En moi un immense silence, qui ne cesse de croître. Tout autour, un flux de paroles qui vous épuisent parce qu'elles n'expriment rien. Il faut être toujours plus économe de paroles insignifiantes pour trouver les quelques mots dont on a besoin. Le silence doit nourrir de nouvelles possibilités d'expression. ...   .   ETTY HILLESUM     .
Posté par emmila à 12:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
dimanche 16 juillet 2017

POEMES....Extrait

Les enfants ce sont des hommes petits et rien d'autre. Les vrais enfants ce sont des hommes fatigués d'être des hommes. Fatigués d'être debout sur les années, voici qu'ils veulent descendre. Ils balancent les livres les fusils les maisons les chapeaux les ornements les couteaux - asolument tout ! - et ils jouent au moineau et au vent, au si léger flocon de neige. Ils jouent à mourir.     .   I bambini sono uomini piccoli, e nulla più. I veri bambini sono gli uomini stanchi di essere uomini. Stanchi di... [Lire la suite]
lundi 10 juillet 2017

INDECISO

Nousvoyageursà l'amble imprévisiblenous nageursluttant contre l'ombred'un ciel absentnous errantsdans l'éloignementn'avons que nos chimèrespour nous haler...Une flammeaussitôt cendreet ces mains toujours lassesd'un corps embrasé.On craignait l'arythmiede cet autrequi incendiait nos mots.Sur la morsurede longs échos reviennentdéformésgrimaçantsOn craignait son regardd'écorchéson ignitionet sa bouchedans l'impostured'un sourire crissant.Le rêve closnous laisse nusle coeur naufragé.   .   AGNES SCHNELL  Mezza Voce,... [Lire la suite]
mercredi 19 avril 2017

ETAT DES LIEUX

Maintenant Je laisse ma vie fuir son cours Les heures filer dans mes doigts le sable s’entasser sous mes dents le vent Vide façonner mes dunes y bâtir des escaliers à dévaler revenir Aux sources du mal en avaler les boues Dosant habilement les vins aux goût de bois Les drogues licites des pharmacies leurs bulles opiacées leurs benzos Car je sens qu’il ne vaut mieux pas que je reprenne conscience Tout à fait Ni que la colère flambe ni qu’elle prenne une perfection de symphonie Giclant d’un seul envol de violons et de bois Ni que je... [Lire la suite]

mardi 7 février 2017

DERNIERE STATION

Encore Encore une fois se lever Vous ne savez pas pour certains ce seul geste fait mal Le geste Tant de fois fait pour rien pour personne Dans les foules assises pesantes Lever la main le poing avoir Du mal à le serrer En voir les jointures qui blanchissent de honte Et de lassitude Gueuler, gueuler de rage noire, s’en crever la gorge, Combien de fois je vous ai dit combien De vous lever mais vous avez été Comme des pâtes sans levain Sans la vie des pâtes mortes qu’on malaxe Qui ne seront jamais du pain Vous faut-il que le pétrin du... [Lire la suite]
lundi 9 septembre 2013

COEUR FONDATEUR...Extrait

 Et toujours cette dure fatigueDes jours pliés contre les joursEt le matin tous les matinsLes tilleuls saturés de feuillesObstruent chaque fenêtre devant chaque penséeQuand pèse l'absence de lumièreTu ranges les objetsLe long des quatre mursTu as aussi rangé des évènementsAux quatre coins de ta mémoireSi une écharde te demeureElle ressemble à un phareForgeron sans un pleur qui forges ton amourTu te crois séparé de l'amourAvec effort tu relèves la têteEt regardes si dans le temps pauvrePasse un oiseau désertEt derrière les... [Lire la suite]
lundi 29 août 2011

ELEGIE POUR UN AMI...Extrait

Toujours, encore, demain, ces mots de peu de rien, jetés en passant, nous débordent. Ils amassent dans les marges de nos vies un sable lisse et sans usage auquel nul ne prête attention jusqu’à ce que le cœur soudain batte de l’aile et commence à compter ses pas quand tout est dit, tout et qu’il n’y a plus qu’à tirer la porte, mais la porte résiste et grince comme la mémoire devant une montagne d’oublis, ce tas de sable, de silence qui prend toute la place et qui crie. . GUY GOFFETTE . Photographie Ernst Haas
Posté par emmila à 22:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
lundi 7 mars 2011

NOCTURNE

 Notre Père qui es aux cieux,pourquoi m’as-tu donc oubliée ?Tu t’es souvenu du fruit de l’étéquand tu as blessé sa chair de rubis.Moi je porte aussi blessure à mon flanc,mais tu ne veux pas regarder vers moi ! Tu t’es souvenu de la grappe noireet tu l’as donnée au pressoir carmin ;du peuplier as dispersé les feuillesavec ton haleine, dans l’air subtil.Mais dans le vaste pressoir de la morttu ne veux encore fouler ma poitrine ! En marchant, j’ai vu s’ouvrir les violettesmes lèvres ont bu du vent le falerneet j’ai abaissé,... [Lire la suite]