mardi 27 juin 2017

JONAS

Jeu dérisoire de celui - d'une espèce oubliée sans doute - qui d'un chaos de lettres continue à faire des mondes qui désire écrire limpide comme vient un simple bonjour comme tinte un matin toscan & qui dans les ténèbres du grand poisson biblique fait clignoter son morse obstinément - pour qui? - Pour quelques enfants que fascinent d'étranges robots occupés à pulvériser des planètes Ou pour le dieu omniscient qui a tout conçu de travers & qui cherche à tâtons dans son fouillis céleste ses lunettes qu'il a une fois de plus... [Lire la suite]
Posté par emmila à 13:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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samedi 20 mai 2017

JOURNAL, LE 20 MAI 2017

Lettres vives et langues mortes. Dans le petit coffre reposent quarante ans de correspondance. Quarante ans de signes. Les lettres d’amour dévoilent la généalogie et l’avancée d’une parole. Qui n’osait pas. Qui avait peur qu’on ne lui réponde pas. La lettre des amis brûlés par le temps où les symboles sont clos. La lettre des amis dispersés par le forsythia et la solitude du jardin dès lors. Quelques mots sur du papier : je pense à tes yeux, à tes mains... Quelques mots qui ouvraient la façade des saisons. Qui faisaient bruire dans... [Lire la suite]
samedi 6 mai 2017

ON TROUVERA DES LETTRES

On retrouvera des lettres entre les draps, dans une armoire normande au bois vermoulu. Dans la chambre où la poussière a figé le temps, on traversera en quelques pas des années de silence. Contre le mur, calé par des livres de papier jaune, le grand bahut nous craquera sa vérité enfouie. Il faudra de la patience pour ouvrir l’armoire à la serrure grippée. On insistera. La clef en laiton fera des tours perdus à l’angoisse de la découverte. Les battants finiront par céder dans un frémissement. Sur les étagères, des piles de linge... [Lire la suite]
samedi 12 novembre 2016

PAR MANQUE D'Я

L’homme épelle sa fatigue.Épelle et soudaindécouvre d’étranges majuscules,inespérément seules,inespérément hautes.Qui pèsent plus sur la langue.Pèsent plus mais échappentplus vite et c’est à peines’il peut les prononcer.Son cœur se rassemble sur les cheminsoù la mort éclate.Et il découvre, tandis qu’il continue d’épeler,de plus en plus d’étranges majuscules.Et une grande peur l’étreint:se trouver devant un motécrit seulement de majusculeset ne pouvoir alors le prononcer.   . ROBERTO  JUARROZ Poésie verticale I . ... [Lire la suite]