jeudi 18 mai 2017

LE CRI DU BUTOR

Maintenant que la jeunesse S'éteint au carreau bleui Maintenant que la jeunesse Machinale m'a trahi Maintenant que la jeunesse Tu t'en souviens souviens-t-en Maintenant que la jeunesse Chante à d'autres le printemps Maintenant que la jeunesse Détourne ses yeux lilas Maintenant que la jeunesse N'est plus ici n'est plus là Maintenant que la jeunesse Sur d'autres chemins légers Maintenant que la jeunesse Suit un nuage étranger Maintenant que la jeunesse A fui voleur généreux Me laissant mon droit d'aînesse Et l'argent... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

jeudi 30 juin 2016

EST-CE AINSI QUE LES HOMMES VIVENT ?

Est-ce ainsi que les hommes vivent Tout est affaire de décor Changer de lit changer de corps A quoi bon puisque c'est encore Moi qui moi-même me trahis Moi qui me traîne et m'éparpille Et mon ombre se déshabille Dans les bras semblables des filles Où j'ai cru trouver un pays. Cœur léger cœur changeant cœur lourd Le temps de rêver est bien court Que faut-il faire de mes jours Que faut-il faire de mes nuits Je n'avais amour ni demeure Nulle part où je vive ou meure Je passais comme la rumeur Je m'endormais comme le bruit. Est-ce... [Lire la suite]
Posté par emmila à 01:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
dimanche 29 mai 2016

LE PAYSAN DE PARIS...Extrait

"Femme tu prends pourtant la place de toute forme. A peine j'oubliais un peu cet abandon, et jusqu'aux nonchalances noires que tu aimes, que te voici encore, et tout meurt à tes pas. A tes pas sur le ciel une ombre m'enveloppe. A tes pas vers la nuit je perds éperdûment le souvenir du jour. Charmante substituée, tu es le résumé d'un monde merveilleux, du monde naturel, et c'est toi qui renais quand je ferme les yeux. Tu es le mur et sa trouée. Tu es l'horizon et la présence. L'échelle et les barreaux de fer. L'éclipse totale.La... [Lire la suite]
Posté par emmila à 21:33 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
dimanche 17 avril 2016

LE ROMAN INACHEVE...Extrait

... Ici commence l'enchantement du verbe et la malédiction des poètes Regardez regardez ces enfants qui s'en vont dans la vie avec des sifflets et des cymbales Ils jouent avec le feu Ils font les sans-coeur mettent le désordre Ils mêlent tout Ils gâchent tout avec délice Ils se sont munis de la crécelle des lépreux Un raffut du diable et je méprise qui regarde où il met ses pieds Les trompettes ne sont pas faites pour les chiens Et si j’aime marcher moi dans les flaques d’eau Voyez voyez ces enfants ridicules et grandioses... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
samedi 13 février 2016

CHANSON NOIRE

Mon sombre amour d'orange amère Ma chanson d'écluse et de vent Mon quartier d'ombre où vient rêvant Mourir la mer Mon doux mois d'août dont le ciel pleut Des étoiles sur les monts calmes Ma songerie aux murs de palme Où l'air est bleu Mes bras d'or mes faibles merveilles Renaissent ma soif et ma faim Collier collier des soirs sans fin Où le coeur veille Dire que je puis disparaître Sans t'avoir tressé tous les joncs Dispersé l'essaim des pigeons A ta fenêtre Sans faire flèche du matin Flèche du trouble et de la fleur De l'eau... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
jeudi 8 octobre 2015

LOUIS ARAGON

Sauras-tu jamais ce qui me traverse Ce qui me bouleverse et qui m’envahit Sauras-tu jamais ce qui me transperce Ce que j’ai trahi quand j’ai tressailli Ce que dit ainsi le profond langage Ce parler muet de sens animaux Sans bouche et sans yeux miroir sans image Ce frémir d’aimer qui n’a pas de mots Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent D’une proie entre eux un instant tenue Sauras-tu jamais ce que leur silence Un éclair aura connu d’inconnu Donne-moi tes mains que mon cœur s’y forme S’y taise le monde au moins un moment... [Lire la suite]
Posté par emmila à 10:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

mercredi 19 août 2015

BROCELIANDE...Extrait

Rien ne finit jamais comme on voit dans les livresUne mort un bonheur après quoi tout est ditLe paladin jamais la belle ne délivreEt du dernier baiser renaît la tragédieL'homme a le souffle court et pour peu qu'on le berceLe dimanche l'endort que c'est déjà lundiLa vie est une avoine et le vent la traverseSans y trouver jamais un accord résoluSi l'histoire y poursuit comme les rimes tiercesL'irréversible amour des jours qui ne sont plusTout semble suffisant à l'étrange commèrePour enchaîner sur le beau temps quand il a pluOu quand les... [Lire la suite]
Posté par emmila à 22:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
vendredi 3 juillet 2015

ARAGON

Le pré d'argent près de Séville,L'armoise autour d'Alméria,Et les monts comme un jeu de quilles,Sur les collines de jonquilles,Ou Grenade s'agenouilla* [...]Ecoutez pleurer en vous-même,Les histoires du temps passé,Le grain terrible qu'elles sèment,Mûrit de poème en poème,Les révoltes recommencées. . LOUIS ARAGON .   Photographie Nathalie Magrez      
Posté par emmila à 21:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
vendredi 26 décembre 2014

LES POETES - PROLOGUE AUX POETES ( Partie chantée )

Il y a ce soir dans le cielVeiné d'encre et de rose NilCe ciel vanné ce ciel de mielCe ciel d'hiver et de vinyleDes vols de vanneaux qui le niellentOu si c'étaient que l'on devineDes cigognes qui s'en reviennentDe quelles régions divinesDe quelles rives diluviennesDans l'air bleu comme du GershwinOu peut-être aussi bien des cygnesQui saignent dans le crépusculeLa lune blonde leur fait signeLà-bas où les bateaux basculentEt la première étoile cligneMais bah s'il y a ciel et plumesQu'importe l'aile alors ouverteQui bat le champ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 14:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mardi 9 décembre 2014

CARCO

Dis qu'as-tu fait des jours enfuis De ta jeunesse et de toi-même De tes mains pleines de poèmes Qui tremblaient au bout de ta nuit Il avait toujours dans la tête Le manège d'anciens tourments De la fenêtre par moment Parvenaient des bouffées de fête Où sont les lumières lointaines Voici fermés les yeux éteints Ce chant des lilas au matin De Montmartre à Mortefontaine Tu meurs sans avoir vu le drame Carco qui ne sus que chanter Te souviens-tu de cet été De Nice où nous nous rencontrâmes On faisait semblant d'être heureux Le ciel... [Lire la suite]
Posté par emmila à 21:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,