mardi 2 octobre 2018

JOE BOUSQUET...Extrait

Ce siècle présent est foutu s'il n'est pas fait contrepoids à sa nuit immense par l'assurance de quelques individus qui tiennent de leur volonté ou de leur vie le privilège de voir et d'éclairer... Je ferai ce que je pourrai pour lui, mais je le crois foutu. Jamais il ne comprendra que l'homme est un cœur, ou rien. C'est-à-dire : courage. Amour.   .     JOE BOUSQUET     .   Photographie Thami Benkirane https://benkiranet.aminus3.com  

samedi 22 septembre 2018

CAHIER DE VERDURE...Extrait

Le mince croissant de lune aperçu le soir dans le jardin, la serpe qui est pure illusion, qui est chose aigüe mais aussi doucement lumineuse, la «serpe de lait» qui perdra vite sa forme, qui s'inscrit un instant dans le ciel du couchant et surprend toujours, qui vous accompagne avec fidélité, lointaine, mais présente. À l'image de la serpe se lie inévitablement celle de la main qui devrait la tenir, de la moissonneuse dans quelque cortège en l'honneur de Céres — comme si, d'une fête, n'était visible qu'un emblème au-dessus de la... [Lire la suite]
vendredi 21 septembre 2018

RIVES EN CHAMADE...Extrait

Après ton départJe veux respirer l'ocre de ta naissanceDes souvenirs tremblés font fuir la mémoire de ta voixEgarée dans l'absence de ton amourJe voyage à travers la richesse de ma lignéeLa patience du temps me conduit à la frontière de tes chantsDans cette nuit-làDes larmes muettes s'étalent au pied du tombeauLe sommeil affectionne les pentes lointaines de NoëlDans cette nuit-làDes larmes muettes fleurissent ta sépulture de granitTu savoures l'étreinte éternelle de la femme aiméeCelle qui a rétabli ton paysTrop faible encore pour... [Lire la suite]
samedi 15 septembre 2018

L'ÂGE DU FRAGMENT...Extrait

Merci à Thami Benkirane   Dans l'image on n'entre pas. Elle reste en face, comme posée devant les yeux qui lui donnent limites et profondeur. La beauté est cette distance infranchissable tissée de lumière et de vols qu'on croit toujours pouvoir franchir. La main se tend, la bouche s'ouvre. Les doigts et les mots se confondent. On n'y voit plus. On touche le murmure.   .   JACQUES ANCET     .   Photographie Thami Benkirane https://benkiranet.aminus3.com/
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mardi 4 septembre 2018

CHEMINS AU VENT

L’homme aurait inventé les chemins pour rien, nous voulons dire pour le seul office de la beauté – et en gratitude à la splendeur du monde. On nous fait l’éloge de l’Être, on célèbre sa grandeur mystérieuse et on nous invite à devenir ses dévôts. En fait, quelle déroutante opacité, quelle massivité inentamable dans cette notion de l’Être ! Par bonheur les chemins viennent dessiner le visage de ce qui n’était pas encore le monde. Nous lisons le monde à travers ses chemins, tout comme nous découvrons un visage à travers quelques traits... [Lire la suite]
dimanche 2 septembre 2018

LE HUITIEME JOUR DE LA SEMAINE...Extrait

À l'enfant qui me deman­derait ce que c'est que la beauté - et ce ne pourrait être qu'un enfant, car cet âge seul a le désir de l'éclair et l'inquiétude de l'essentiel - je répon­drais ceci : est beau tout ce qui s'éloigne de nous, après nous avoir frôlés. Est beau le déséquilibre profond - le manque d'aplomb et de voix - que cause en nous ce léger heurt d'une aile blanche. La beauté est l'ensemble de ces choses qui nous traversent et nous ignorent, aggravant soudain la légè­reté de vivre. Je lui montrerais le ciel où les anges,... [Lire la suite]

mardi 28 août 2018

LES PLUMES D'EROS...Incipit

Désormais, l’état lumineux a changé d’orientation : il est à présent isolé et n’ouvre que sur lui-même. Si j’essaie d’en préciser la nature, je n’aperçois que sa ressemblance avec l’espace qu’autour de moi ouvre le regard. Non, ce dernier est substantiellement le même que l’état ancien mais il n’est pas environné du même lieu. L’ancien est dans mon corps : c’est une poche lumineuse qui se dilate, qui envahit tout mon volume intérieur, et qui l’illumine en abolissant toute frontière entre dehors et dedans. Le bonheur est dans cette... [Lire la suite]
lundi 27 août 2018

ECRIRE A VUE...Extrait

Partir à dos de feuilles ou d’arbresPartir vent légerSouffler la sève jusqu’à la rouilleTraversée l’étendue entre mot et lumièreTracer de longs signes d’espaceToucher le gesteEt sa lumière   .     JACQUES MOULIN   .   Oeuvre Fabienne Monestier
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mercredi 15 août 2018

EGLISE DES PINS

Eglise des pins des grillons blancs de l’anisquand je dormais coulait bas la lune attenanteje vois toutes les buées où j’écrivis du doigtau carreau, je veux que ce soit janvier, jaunissentdes yeux rosés de la lumière lancinanteles murs de craie et les jardins cillant de froidje saluais les tempes minces de la montagneune crête de neige tendait ses antennesfraîcheur invisibles remuée en fontainesj’étais en Paradis, ah, j’étais en Cocagne seule, l’eau, incertaine…   .     JACQUES ROUBAUD     . ... [Lire la suite]
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mercredi 15 août 2018

GERARD PFISTER....Extrait

Ecrire pour nous rappeler à l’évidence.A ce qui est en nous, et plus vaste que le langage.Plus grand que nous, et qui n’a pas de nom. Faire sentir, abrupt, ce qui en nous dépasse tout de nous.A nouveau, la lumière. La belle lumière. Comment le langage dirait-il le toucher de l’ange ?Quel langage pour ce saisissement, pour cette étreinte ?Quel langage pour cet amour ?Est-ce poésie le balbutiement qui en témoigne,ces mots qui tentent en vain de retrouver ? Il n’y a rien d’autre à écrire, à récrire toujours que cela.Et, toujours, le... [Lire la suite]
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