samedi 6 juin 2015

PASSEPORT

Ils ne m'ont pas connu dans les ombres quiAbsorbent mon teint sur le passeportIls exposaient ma déchirure aux touristesCollectionneurs de cartes postalesIls ne m'ont pas connu... Ne laisse donc pasMa paume sans soleilCar les arbresMe connaissentToutes les chansons de la pluie me connaissentNe me laisse pas aussi pâle que la luneTous les oiseaux qui ont poursuiviMa paume à l'entrée de l'aéroportTous les champs de bléToutes les prisonsToutes les tombes blanchesToutes les frontièresToutes les mains qui s'agitent pour l'adieuTous les... [Lire la suite]

samedi 9 mai 2015

AU DERNIER SOIR SUR CETTE TERRE...Extrait

"Nos noms sont des arbres modelés dans la parole du dieu et oiseaux qui planent plus haut que les fusils. Ne coupez pas les arbres du nom, vous qui venez guerre de la mer. Et ne lancez pas vos chevaux flammes sur les plaines. Vous avez votre dieu, et nous, le nôtre. Vos croyances, et nous, les nôtres. N’ensevelissez pas Dieu dans des livres qui vous ont fait promesse d’une terre qui recouvre la nôtre. Ne faîtes pas de Lui un huissier à la porte du roi. Prenez les roses de nos rêves pour voir ce que nous voyons de joie ! Et sommeillez... [Lire la suite]
jeudi 18 décembre 2014

CHRONIQUE DE LA TRISTESSE ORDINAIRE...Extrait

(...) La première fois, ce fut à l’aéroport français du Bourget, et une autre fois, dans une rue de Sofia ? Tu fus pressé de te déclarer exactement, de te définir. Ton identité, sur tes papiers, était : "non définie", mais en toi elle pointait comme une lumière. Il te fallait soudain faire concorder les deux choses, comme si c’était la première fois dans ta vie que tu affrontais la question : Qui es-tu ? La police française n’avait pas les moyens de comprendre un fait que ne comprendrait pas la police israélienne. Ton permis de... [Lire la suite]
jeudi 18 décembre 2014

LA TRACE DU PAPILLON....Extrait

Un été automnal sur les collines tel un poème en prose. La brise est une cadence légère que je sens sans l’entendre dans la modestie des arbustes. L’herbe tend vers le jaune, images en ascèse qui séduisent la rhétorique en se comparant à ses fourberies. Pas de célébrations sur ces sentiers à l’exception des suggestions du moineau affairé entre sens et absurde. Et la nature est un corps qui s’allège de son clinquant et de ses atours que mûrissent la figue, le raisin, la grenade et l’oubli de désirs que la pluie ravive. "N’était mon... [Lire la suite]
samedi 30 août 2014

DEUX FAONS JUMEAUX

Au soir, sur les taches de lumière entre tes seins, hier et demain s’approchent de moi.J’ai été créé ainsi qu’il convient au poème d’exister …La nuit naît sous ta couverture et l’ombreest perplexe ici et là-bas,Entre tes rives et les mots qui nous ont ramenés à leur timbre :" j’ai posé ma droite sur ta chevelure,ma gauche sur les deux faons jumeaux d’une bicheet nous avons marché vers notre nuit particulière … "Es-tu réellement là ? Suis-je plutôtun amant précédent venu aux nouvelles de son passé ?Dors sur ton âme paisible entre les... [Lire la suite]
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samedi 30 août 2014

RIEN QUE LA LUMIERE

Rien que la lumière.Je n’ai arrêté mon chevalque pour cueillir une rose rougedans le jardin d’une Cananéennequi a séduit mon chevalet s’est retranchée dans la lumière :« N’entre pas, ne sors pas »...Je ne suis pas entré et je ne suis pas sorti.Elle a dit : Me vois-tu ?J’ai murmuré : il me manque pour le savoir,l’écart entre le voyageur et le chemin,le chanteur et les chants...Telle une lettre de l’alphabet,Jéricho s’est assise dans son nomet j’ai trébuché dans le mienà la croisée des sens...Je suis ce que je serai demain.Je n’ai... [Lire la suite]
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samedi 30 août 2014

MURALE...Extrait

(...) Et je veux, je veux vivre....J’ai à faire sur les figures du volcan carLes terres désolées sont terres désoléesDepuis les jours de Loth jusqu’au jour d’Hiroshima.Comme si je devais vivre ici à jamaisHabité par une passion d’inconnu.L’instant présent pourrait être plus éloigné,Hier, plus proche et demain, un passé.Mais je prends l’instant présent par la main pour qu’à mes côtésIl traverse l’Histoire et non le temps cyclique,Tel le pêle-mêle des chèvres de montagne.De quoi serai-je sauvé demain?De la vitesse du temps... [Lire la suite]
mardi 12 août 2014

T'AIMER OU NE PAS T'AIMER

La sortie du littoral méditerranéen torrent d’arbres dans ma poitrine me voici, me voici marchez dans les artères de mon bras vous parviendrez Gaza ne célèbre pas la prière lorsque les blessures s'illuminent au-dessus de ses minarets le matin se déplace vers ses ports et le trépas y mûrit me voici, me voici mon cœur est potable, buvez marchez dans les artères de mon bras vous parviendrez Gaza ne vend pas les oranges, son sang en conserve je fuyais ses rues écrivais avec son nom ma mort sur un sycomore elle devenait une dame, me... [Lire la suite]
Posté par emmila à 21:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mardi 12 août 2014

LES OISEAUX MEURENT EN GALILEE...Extrait

Pluie douce en un automne lointain pluie douce en un automne lointain les oiseaux sont bleus, bleus la terre en fête Ne dis pas : Je suis un nuage suspendu sur le port car je ne veux de mon pays tombé de la fenêtre du train que le mouchoir brodé de ma mère et les raisons d’une mort nouvelle pluie douce en un automne étrange les fenêtres sont blanches, blanches le soleil, un verger vespéral et moi je suis une orange spoliée Pourquoi donc t’évades-tu de mon corps alors que je ne veux du pays des couteaux et du rossignol que le mouchoir... [Lire la suite]
jeudi 17 juillet 2014

LE POEME DE LA TERRE

Le poème de la terre En mars, l’année de l’intifada, la terre Nous a divulgué ses secrets sanglants. En mars, cinq fillettes sont passées devant les lilas et les fusils. Debout à la porte d’une école primaire, elles se sont enflammées de roses et de thym de pays. Elles ont inauguré le chant du sable. Sont entrées dans l’étreinte définitive . Mars vient à la terre des entrailles de la terre, il vient, et de la danse des jeunes filles. Les lilas se sont légèrement courbés pour que passent les voix des fillettes. Les oiseaux ont tendu... [Lire la suite]