samedi 6 mai 2017

ON TROUVERA DES LETTRES

On retrouvera des lettres entre les draps, dans une armoire normande au bois vermoulu. Dans la chambre où la poussière a figé le temps, on traversera en quelques pas des années de silence. Contre le mur, calé par des livres de papier jaune, le grand bahut nous craquera sa vérité enfouie. Il faudra de la patience pour ouvrir l’armoire à la serrure grippée. On insistera. La clef en laiton fera des tours perdus à l’angoisse de la découverte. Les battants finiront par céder dans un frémissement. Sur les étagères, des piles de linge... [Lire la suite]

jeudi 27 avril 2017

ENFANT NU COMME L'INSTANT AUX RUINES DE LA DUREE

Sur le mur de la maison détruite demeure le papier peint,comme demeure le poème, une fois le cœur démoli.Vert, violet, de gros dessins jolis, ce papier fossilea la fraîcheur des sentiments neufs,comme le poème dévoile son cœur d’enfant, à l’épreuve du temps.Sur le mur de la demeure en ruines, le papier peint s’expose,à la façon du nourrisson, orphelin d’intention,Œdipe, Moïse, Dionysos ou Persée, Gilgamesh…tous ceux-ci qui, humblement, parmi les roseaux,au creux des flots ou bien à flanc de coteau,sur la roche escarpée se pénètrent... [Lire la suite]
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lundi 27 février 2017

PARULAS PER QUESTA TERRA II

Certes, j’en ai parlé, de la terre.J’en ai parlé, j’en parlerai.La terre, pour moi, tout d’abord, c’était cette terre-ci,ma terre, la terre de mon pays.La terre que je labourais,dont je tirais le rocher, le pré où je gardais les vaches,entre les haies qui montent haut:le hêtre et le noisetier, le cormier et le châtaignier.Le sentier où je passais, que je frottais encore un peu.L’herbe que j’ai fanée, le foin que j’ai fauché.C’était le ciel de ce pays,les collines à perte de vue entre la brume et les nuages.Ma maison.La maison de la... [Lire la suite]
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mardi 21 février 2017

LA SORGUE - CHANSON POUR YVONNE

Rivière trop tôt partie, d'une traite, sans compagnon Donne aux enfants de mon pays le visage de ta passion Rivière où l'éclair finit et où commence ma maison Qui roule aux marches d'oubli la rocaille de ma raison. Rivière, en toi terre est frisson, soleil anxiété. Que chaque pauvre dans sa nuit fasse son pain de ta moisson. Rivière souvent punie, rivière à l'abandon. Rivière des apprentis à la calleuse condition Il n'est vent qui ne fléchisse à la crête de tes sillons. Rivière de l'âme vide, de la guenille et du soupçon Du... [Lire la suite]
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dimanche 19 février 2017

INSOMNIE

Je dis : ma Mère. Et c’est à vous que je pense, ô Maison ! Maison des beaux étés obscurs de mon enfance, à vous Qui n’avez jamais grondé ma mélancolie, à vous Qui saviez si bien me cacher aux regards cruels, ô Complice, douce complice ! Que n’ai-je rencontré Jadis, en ma jeune saison murmurante, une fille À l’âme étrange, ombragée et fraîche comme la vôtre, Aux yeux transparents, amoureux de lointains de cristal, Beaux, consolants à voir dans le demi-jour de l’été ! Ah ! j’ai respiré bien des âmes, mais nulle... [Lire la suite]
dimanche 19 février 2017

SYMPHONIE INACHEVEE....Extrait

C’était il y a très longtemps – écoute, amer amour de l’autre monde — C’était très loin, très loin – écoute bien, ma sœur d’ici — Dans le Septentrion natal où des grands nymphéas des lacs Monte une odeur des premiers temps, une vapeur de pommeraies de légende englouties.   Loin de nos archipels de ruines, de lianes, de harpes, Loin de nos montagnes heureuses. — Il y avait la lampe et un bruit de haches dans la brume, Je me souviens,   Et j’étais seul dans la maison que tu n’as pas connue, La maison de l’enfance,... [Lire la suite]

jeudi 2 février 2017

LA POETIQUE DE L'ESPACE...Extrait

Et tous les espaces de nos solitudes passées, les espaces où nous avons souffert de la solitude, joui de la solitude, désiré la solitude, compromis la solitude sont en nous ineffaçables. Et très précisément, l'être ne veut pas les effacer. Il sait d'instinct que ces espaces de sa solitude sont constitutifs. Même lorsque ces espaces sont à jamais rayés du présent, étrangers désormais à toutes les promesses d'avenir, même lorsqu'on n'a plus de grenier, même lorsqu'on a perdu la mansarde, il restera toujours qu'on a aimé un grenier,... [Lire la suite]
lundi 19 décembre 2016

LUIS MIZON

Je voudrais quitter ma villeet mon corpspour aller vivre ailleurssi le ciel était lumière de l'instantje partirais en quête du cielsi le ciel habitait notre regardje chercherais la transparencepour voir le vol des oiseaux traverser tes yeuxet l'instant de lumièrese poser près de nousjour après jourj'imite je colle je reconstruis avec des motsles morceaux dépareillés de l'instantune maison éphémère entourée de cigalesde bidons et de vieux pneus     LUIS MIZON       Oeuvre Elfi Cella
samedi 5 novembre 2016

MAISON NATALE

O mon havre natalMon quartierMa relanceMa maison d’autrefoisPointue comme une lanceSi joyeuse au-dedansSi grise dans le soirLieu du premier espoirÀ nul autre jamaisNe cédera la placeLe jardin de jadisTout empalissadéL’allée des premiers pasDes vertes embardéesSous le scalp encieléSi chaste de l’enfance  O ma farandoléeJe te reviens de loinMe vois-tu renarderSur les trottoirs éteintsVoici le ferrailleurL’épicièreEt le painVoici le rémouleurLa gorge des platanesLa rue qui s’enchaloupeLe chat sur la barrièreLa passerelle au... [Lire la suite]
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vendredi 14 octobre 2016

TERRITOIRES SANS NOM

Dans la maison déshabillée de la routine des armoires j’ai rayé la chambre aux poupées d’un trait d’oubli sur le miroir. D’un mot j’ai tranché la guirlande des jours unis par le passé en m’esquivant du champ de mon adolescence et des caprices de l’été. Entre ces murs d’où je me chasse flotte un sourire de ma mère comme un fil de la vierge accroché à la treille comme un pollen tombé de l’aile d’une abeille. Flotte la fumée dérisoire d’un espoir mort à petit feu et la chance prise aux cheveux de me soustraire au jeu de ma mémoire. ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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