samedi 24 novembre 2018

LE SILENCE LÉTAL DES POÈTES

Les poètes isolés et désintéressés, réfractaires aux honneurs officiels, lorsqu'ils ont fait leur temps, c'est à dire qu'ils sont épuisés par la maladie, leurs excès mais surtout par leur quête incessante d'expérience et de voyances, sont jetés sans états d'âme en pâture aux médecins assermentés qui les bourrent de médicaments, de produits chimiques quand ils ne sont pas charcutés au bistouri ou objets d'expérimentations pour “essayer” de nouveaux traitements. Ils sont placés de force dans des maisons de soins et c'est avec des... [Lire la suite]

lundi 11 juin 2018

PREMICES DU DESERT III...Extrait

Où vas-tu, toi qui dans le vent aride courspar une de ces rues sans saisonsderrière des murs lumineux de laquelleun pas qui vient à retentir excite les chienset éveille l’écho ? Vus de la maisond’où je te regarde, où le corps est vivant,mouvement et quiétude se défont.Je t’invoque pour la nuitqui vient et pour le sommeil ;toi qui souffres, toi seule peut me secourirdans ce passage aveugle du tempsvers le temps, dans cet âpre voyagede celui que je suis à celui que je serai,vivant une vie dans la vie,dormant un sommeil dans le... [Lire la suite]
dimanche 12 novembre 2017

GRAVEMENT MALADE...Extrait

J’ai peur, petite mère, ne souffle pas sur moiFaisant, refaisant tes prières, la nuit.Je suis malade, mais comme c’est beauUne part de mon corps s’en va, comme en nageant.Pourquoi m’a-t-on ainsi tout recouvertSi soigneusement que cela me rend triste.Tandis que dans les vents lointains la villeComme des jouets d’enfants s’éclaire.Mes yeux sont fermés mais mon visage voitTu pleures, comme la lumièreEnsemble nous écoutons, dans les images lentes,Solitaires sur le mur, le destin.Petite mère, maintenant je grandis.Le roseau grandit dans le... [Lire la suite]
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mardi 10 octobre 2017

MALADIE MENTALE, LE JOUR M

  " Nous avons moins besoin  d'adeptes  actifs  que d'adeptes bouleversés  "  Antonin ARTHAUD   . On décrète à l'envie la journée de la santé mentalede l'être encore viable     qui serait atteint de maladie et de déroutementales à vrai dire   d'exclusion et de réclusion maquillées et    fort heureusement     de nos jours    prises en chargeUn mal aux multiples facettes  aux versants de la douleur contenue un fléau con-génital... [Lire la suite]
samedi 7 octobre 2017

ANTHOLOGIE 3 ( 1977-2017 )

Pour mon amie Evy Aegerter (1959-2005)   . Tu n’as plus à plonger dans le puits Tu es le puits Tu n’as plus à te défier De la pluie Tu es devenue la pluie Ton corps fracassé peut se passer De souffrir Tu peux marcher sur le versant De la montagne Tu peux marcher Je ne sais qui pourra nous dire Pourquoi Je ne sais pas qui pourra nous prévenir Et si nous pourrons refaire le chemin Différemment La page se referme sur tes années d’enfance Les hommes de ta vie s’éloignent Le silence La difficulté d’aimer Tu pousses la porte... [Lire la suite]
mardi 27 juin 2017

INSUBORDINATION DES CHOSES

Ce n'est pas tant ta maladresse ce sont les choses qui se refusent et qui t'agressent le café qui se renverse le savon qui glisse entre tes doigts l'horloge qui te ment le stylo qui fait des taches la fenêtre qui n'accepte pas qu'on l'ouvre ou qu'on la ferme Et dans la brume de ton miroir fêlé le vieil homme au regard triste qui te demande son chemin. .     SERGE WELLENS     . Photographie Amédée Besset
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dimanche 14 février 2016

LA PETITE PLACE

Ma vie a pris la forme de la petite place L'automne durant lequel ta mort s'organisait méticuleusement Je m'attachais à cette petite place parce que tu aimais L'humble et nostalgique humanité des petites boutiques Où les commis plient et déplient rubans et étoffes Je cherchais à devenir toi parce que tu allais mourir Et là toute ma vie cessa d'être la mienne J'essayais de sourire comme tu souriais Au marchand de journaux au marchand de tabac Et à la femme sans jambes qui vendait des violettes Je demandais à la femme sans jambes de... [Lire la suite]
mercredi 28 octobre 2015

LETTRE A MES CELLULES

Merci ma Vince . . Mes chères cellules, Je vous ai réunies aujourd'hui pour vous dire que nous allons désormais changer de trajectoire. Car jusqu'ici, nous nous sommes laissé aller à suivre un programme désastreux: Il s'agissait de rester fidèle à la mémoire de nos ancêtres et de prendre un petit peu de leurs maladies, un petit peu de leurs faiblesses, un petit peu de leurs émotions, un petit peu de leurs souffrances, un petit peu de leurs limitations. Il eût paru indigne de s'octroyer une vie sans limites et dans le... [Lire la suite]
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dimanche 1 septembre 2013

JE SUIS LA

                             A Sylvie   Se peut-il que l'on n'arrive jamais Au seul pays où l'on puisse vivre   Où le pain a la saveur de ton rire   J'ai déjà arpenté cette terre promise   Aujourd'hui j'habite le désespoir   De n'être pas où tu te bats seule    Contre le mal à l'intérieur de toi     Si mes mains ne peuvent être caresses   Qu'au moins mes mots t'atteignent ... [Lire la suite]
lundi 15 juillet 2013

BATAILLE...

Je me bats le jour je me bats la nuit batailles contre la mélancolie cette vieille pieuvre toujours éveillée qui me guette au coin des années au coin des rues et des souvenirs et lance son refrain mourir alors que je veux vivre mille fois que je veux aimer que je veux la joie qu’il est temps enfin d’espérer temps de croire temps de respirer Je porte une flamme dans mon coeur elle brûle c’est mon enfant ma soeur c’est la vie qui sourit qui murmure c’est le temps qui fuit pour que dure le grand incendie toute la vie sans remords sans... [Lire la suite]
Posté par emmila à 04:35 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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