mercredi 1 avril 2020

MYRIAM OH...Extrait

On a cru au printemps, et puis la neige nous a surprisOn a cru que jamais nous ne serions privésde ces choix ordinaires :de rester ou de partir, de s'en laver les mains ou de les tendre,de se fuir ou bien de se sauter dans les brasOn a cru que le changement qu'on réclamait,ce serait une affaire de choix et puis c'est lui qui nous a surprisAlors pour garder un semblant de libre arbitrenous renforçons les barreaux de notre prisonjunkies en manque d'une liberté préfabriquéeDehors la température a chutéDedans on lorgne sur le thermomètre... [Lire la suite]

mardi 10 mars 2020

PRIERE A L'INCONNU

Voilà que je me surprends à t’adresser la parole,Mon Dieu, moi qui ne sais encore si tu existesEt ne comprends pas la langue de tes églises chuchotantes.Je regarde les autels, la voûte de ta maison,Comme qui dit simplement:Voilà du bois, de la pierre,Voilà des colonnes romanes.Il manque le nez à ce saint. Et au-dedans comme au-dehors, il y a la détresse humaine.Je baisse les yeux sans pouvoir m’agenouiller pendant la messe,Comme si je laissais passer l’orage au-dessus de ma tête.Et je ne puis m’empêcher de penser à autre chose.Hélas!... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
samedi 24 novembre 2018

LE SILENCE LÉTAL DES POÈTES

Les poètes isolés et désintéressés, réfractaires aux honneurs officiels, lorsqu'ils ont fait leur temps, c'est à dire qu'ils sont épuisés par la maladie, leurs excès mais surtout par leur quête incessante d'expérience et de voyances, sont jetés sans états d'âme en pâture aux médecins assermentés qui les bourrent de médicaments, de produits chimiques quand ils ne sont pas charcutés au bistouri ou objets d'expérimentations pour “essayer” de nouveaux traitements. Ils sont placés de force dans des maisons de soins et c'est avec des... [Lire la suite]
lundi 11 juin 2018

PREMICES DU DESERT III...Extrait

Où vas-tu, toi qui dans le vent aride courspar une de ces rues sans saisonsderrière des murs lumineux de laquelleun pas qui vient à retentir excite les chienset éveille l’écho ? Vus de la maisond’où je te regarde, où le corps est vivant,mouvement et quiétude se défont.Je t’invoque pour la nuitqui vient et pour le sommeil ;toi qui souffres, toi seule peut me secourirdans ce passage aveugle du tempsvers le temps, dans cet âpre voyagede celui que je suis à celui que je serai,vivant une vie dans la vie,dormant un sommeil dans le... [Lire la suite]
dimanche 12 novembre 2017

GRAVEMENT MALADE...Extrait

J’ai peur, petite mère, ne souffle pas sur moiFaisant, refaisant tes prières, la nuit.Je suis malade, mais comme c’est beauUne part de mon corps s’en va, comme en nageant.Pourquoi m’a-t-on ainsi tout recouvertSi soigneusement que cela me rend triste.Tandis que dans les vents lointains la villeComme des jouets d’enfants s’éclaire.Mes yeux sont fermés mais mon visage voitTu pleures, comme la lumièreEnsemble nous écoutons, dans les images lentes,Solitaires sur le mur, le destin.Petite mère, maintenant je grandis.Le roseau grandit dans le... [Lire la suite]
Posté par emmila à 11:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
mardi 10 octobre 2017

MALADIE MENTALE, LE JOUR M

  " Nous avons moins besoin  d'adeptes  actifs  que d'adeptes bouleversés  "  Antonin ARTHAUD   . On décrète à l'envie la journée de la santé mentalede l'être encore viable     qui serait atteint de maladie et de déroutementales à vrai dire   d'exclusion et de réclusion maquillées et    fort heureusement     de nos jours    prises en chargeUn mal aux multiples facettes  aux versants de la douleur contenue un fléau con-génital... [Lire la suite]

samedi 7 octobre 2017

ANTHOLOGIE 3 ( 1977-2017 )

Pour mon amie Evy Aegerter (1959-2005)   . Tu n’as plus à plonger dans le puits Tu es le puits Tu n’as plus à te défier De la pluie Tu es devenue la pluie Ton corps fracassé peut se passer De souffrir Tu peux marcher sur le versant De la montagne Tu peux marcher Je ne sais qui pourra nous dire Pourquoi Je ne sais pas qui pourra nous prévenir Et si nous pourrons refaire le chemin Différemment La page se referme sur tes années d’enfance Les hommes de ta vie s’éloignent Le silence La difficulté d’aimer Tu pousses la porte... [Lire la suite]
mardi 27 juin 2017

INSUBORDINATION DES CHOSES

Ce n'est pas tant ta maladresse ce sont les choses qui se refusent et qui t'agressent le café qui se renverse le savon qui glisse entre tes doigts l'horloge qui te ment le stylo qui fait des taches la fenêtre qui n'accepte pas qu'on l'ouvre ou qu'on la ferme Et dans la brume de ton miroir fêlé le vieil homme au regard triste qui te demande son chemin. .     SERGE WELLENS     . Photographie Amédée Besset
Posté par emmila à 14:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
dimanche 14 février 2016

LA PETITE PLACE

Ma vie a pris la forme de la petite place L'automne durant lequel ta mort s'organisait méticuleusement Je m'attachais à cette petite place parce que tu aimais L'humble et nostalgique humanité des petites boutiques Où les commis plient et déplient rubans et étoffes Je cherchais à devenir toi parce que tu allais mourir Et là toute ma vie cessa d'être la mienne J'essayais de sourire comme tu souriais Au marchand de journaux au marchand de tabac Et à la femme sans jambes qui vendait des violettes Je demandais à la femme sans jambes de... [Lire la suite]
mercredi 28 octobre 2015

LETTRE A MES CELLULES

Merci ma Vince . . Mes chères cellules, Je vous ai réunies aujourd'hui pour vous dire que nous allons désormais changer de trajectoire. Car jusqu'ici, nous nous sommes laissé aller à suivre un programme désastreux: Il s'agissait de rester fidèle à la mémoire de nos ancêtres et de prendre un petit peu de leurs maladies, un petit peu de leurs faiblesses, un petit peu de leurs émotions, un petit peu de leurs souffrances, un petit peu de leurs limitations. Il eût paru indigne de s'octroyer une vie sans limites et dans le... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:52 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,