jeudi 3 mai 2018

ANNE DUFOURMANTELLE...Extrait

La sublimation a vécu. La pulsion a trouvé un regain de toute-puissance dans un monde qui ne supporte aucune limite pour la satisfaire. Immédiateté, vitesse, fluidité appellent une société sans frustration ni délai. Que ce soit dans l’espace public (les actualités, les faits divers, la pornographie normative, les attitudes «décomplexées») ou sur le divan (patient déprimé, désaxé), la société post-industrielle et post-traumatique de l’après-guerre admet mal qu’on «sublime». Il faut au sujet narcissique un champ opératoire simple et... [Lire la suite]

dimanche 4 mars 2018

FRANKETIENNE...Extrait

Rocher rauque et baroque au vif escarpement du rêve abrupt le malaise des manèges se prolonge aux anfractuosités du songe rocailleux rongé d’épines le cauchemar profondément inhabitable. Aux affres du désarroi le chiendent s’entrelace aux orties de la blessure dans la jubilation des racines qui saignent entre nos jambes nos plaies à rougeoyance de caillots enflammés rallument les échos de nos douleurs. La détresse tressée d’angoisse n’est pas mon paysage quotidien ni mon voyage fondamental le désespoir non plus aux arêtes de la... [Lire la suite]
mercredi 31 mai 2017

GESTES...Extrait

Parfois les mots viennent tout seuls presque, comme les feuillesaux arbres –bien sûr, les racines, invisibles, la terre, le soleil, l’eau ont aidéà cela,et aussi les feuilles pourries du passé. Les idées, plus tard,viennent facilement par-dessus, comme sur les feuilles les araignées,la poussièreet les gouttes de rosée scintillant d’une lumière équivoque.Sous les feuilles une petite fille éventre sa poupée nue ;une goutte de rosée tombe sur ses cheveux ; elle lève la tête, ellene voit rien ;et seulement cette transparence froide de la... [Lire la suite]
lundi 2 mai 2016

BAN, AU COQ ET SES BEAUX SILENCES

Ton cri, vulgarisé pour enfants par « cocorico », déchirant à mon sens car de la profondeur des âges, enchevêtre aigûment la stridence et la raucité, bruit en moi des plaintes d’une souffrance lucide. Monté de la gorge et du ventre comme celui de Munch il écorche non juste le matin mais tout temps calme, contrairement à ce que d’aucuns disent supposer, qui n’ont pas peur d’en faire un signe instinctif de triomphe. Il s’en faut de beaucoup que cela corresponde au vrai d’univers où les oasis de vie en paix sont rares, les bonheurs... [Lire la suite]
lundi 30 décembre 2013

PIGMENTS....Extrait

J'ai l'impression d'être ridicule dans leurs souliers dans leurs smoking dans leur plastron dans leur faux-col dans leur monocle dans leur melon J'ai l'impression d'être ridicule avec mes orteils qui ne sont pas faits pour transpirer du matin jusqu'au soir qui déshabille avec l'emmaillotage qui m'affaiblit les membres et enlève à mon corps sa beauté de cache-sexe J'ai l'impression d'être ridicule avec mon cou en cheminée d'usine avec ces maux de tête qui cessent chaque fois que je salue quelqu'un J'ai l'impression d'être ridicule... [Lire la suite]
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dimanche 9 décembre 2012

COMME SI...

Le malaise où le monde s'englue et lentement désespère, ici ou là, à tâtons, sans y penser : ce découragement qui exténuerait le désespoir en personne, cette lâcheté (la nôtre), cette complicité (la nôtre), cette bassesse des renoncements et des abandons en toute occasion, la démission de l'Homme devant les derniers progrès de cette science dont il était si fier il y a vingt-cinq ans, son abdication devant les conséquences mêmes de ce Progrès tant vanté qui se précipite sur lui en un orage de catastrophes, – eh bien ! oui, je veux en... [Lire la suite]
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lundi 17 octobre 2011

LANZA DEL VASTO

(...) Que font-elles de nécessaires les villes ? Font-elles le blé du pain qu'elles mangent ? Font-elles la laine du drap qu'elles portent ? Font-elles du lait ? Font-elles un oeuf ? Font-elles le fruit ? Elles font la boîte. Elles font l'étiquette. Elles font les prix. Elles font la politique. Elles font la réclame. Elles font le bruit. Elles nous ont ôté l'or de l'évidence et l'ont perdu. (...) . . LANZA DE VASTO . . . Oeuvre Albena ( Voir liens)
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lundi 21 décembre 2009

JAMAIS PERSONNE

Jamais personne, mère, n’a décimé l’océanjamais personne, mère, ne pourra assassiner et l’écume et la vagueet la bourrasque qui les mène. »- Et son regard se dérobamais le vent beuglait encoreplaquant ses cheveux sur l’échine du visagedécidé à recevoir le baiser des embrunssur ses lèvres clôturées de silence.« Dorénavant, je ne fixe mes yeux qu’au réelarguant mes songes sur les mains apprises du néant,je respire dans le vide des chosesà redécouvrir ce qui m’a fait naître. »- Apparaîtra la décrépitudeet le tournoiement des angoissesqui... [Lire la suite]
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lundi 20 avril 2009

YVES HEURTE

Je suis malade de poissons plats dans la saumureQue mon vieux ramenait des îles du Levant.Sa voile, en vain fouilla la gorge des courants.Il revint, fortune défaite.Je suis malade de ce vieux qui mourut pour du vent.Bien le bonjour quand même Aux océans danseursDans la maison de passe des détroits. Je suis malade de calvairesTaillés à coup de foi, à coup de dents.Mon autre vieux lui donna plus de sangQue Christ à son suaire.Bien le bonjour quand mêmeAux femmes emmuréesEntre église et chaumière. Je suis malade de naissance.On me... [Lire la suite]
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