vendredi 18 août 2017

SANCTUAIRE ...Extrait

Tu sors, un matin Tu sors, un matin du vieil août, Dans la brume, fraîcheur d'automne : Un soleil jaune sourd rayonne, enseveli, D'un amas de nuées : troupeaux, troupeaux d'orages Qu’un grand souffle harcèle ! Passant d'un horizon Où fument des nuages Au pis marbré d'éclairs, Tout hérissé d’une pensée impatiente, Je descends vers une saison De mélancolie dont s’éloignent Les oiseaux anxieux, Où reviennent déjà les pluies du bout du monde ... L'été majeur emporte au loin ses ailes pourpres ! Et meurent les midis vertigineux d'or... [Lire la suite]

samedi 12 août 2017

CARESSE

Mes chaudes mains, baigne-les Dans les tiennes.... Rien ne calme Comme d'amour ondulés Les passages d'une palme. Tout familiers qu'ils me sont, Tes anneaux à longues pierres Se fondent dans le frisson Qui fait clore les paupières Et le mal s'étale, tant, Comme une dalle est polie, Une caresse l'étend Jusqu'à la mélancolie.     .     PAUL VALERY     .
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mercredi 31 mai 2017

A THIERRY METZ

J’habite un rêve sans finune maison ouverte aux vents de passageun espace sans cesse menacéj’habite un temps ennuagéune saison hasardeuseun temps voilé de silenceles routes ne conduisent plusn’innervent plus la vie en bouleta voix me saisit…   .   AGNES SCHNELL   . Thierry Metz
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dimanche 19 février 2017

INSOMNIE

Je dis : ma Mère. Et c’est à vous que je pense, ô Maison ! Maison des beaux étés obscurs de mon enfance, à vous Qui n’avez jamais grondé ma mélancolie, à vous Qui saviez si bien me cacher aux regards cruels, ô Complice, douce complice ! Que n’ai-je rencontré Jadis, en ma jeune saison murmurante, une fille À l’âme étrange, ombragée et fraîche comme la vôtre, Aux yeux transparents, amoureux de lointains de cristal, Beaux, consolants à voir dans le demi-jour de l’été ! Ah ! j’ai respiré bien des âmes, mais nulle... [Lire la suite]
jeudi 8 décembre 2016

AGNES SCHNELL...Extrait

En pensant à toi Agnès...   Un jour grignoté sans transparence chants d'oiseaux perdus soupirs de la terre submergée toute la nuit la pluie a chanté mille doigts d'eau ont pénétré mon sommeil... .   AGNES SCHNELL   .  
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mardi 25 octobre 2016

LE ROMANCERO DE BUENOS AIRES...Extrait

Sur les trottoirs de Buenos Airesj'ai usé mes souliersà travers des galaxiesoù brillent les lames de couteauxentre des ombres mystérieusesj'ai fréquenté des boliches¹que l'esprit du tango fait tanguerdans des lueurs d'alcools assassinesSur les trottoir de Buenos Airesdes christs drogués agonisentcrucifiés de peur et de misèreils n'ont presque plus de dentset quémandent la cigarette du condamnéau passant insomniaquequi retarde jusqu'à l'aurorel'heure de rentrer chez luiSur les trottoirs de Buenos Airesdes spectres muets trafiquent... [Lire la suite]

samedi 10 septembre 2016

SI DEPUIS LE LOINTAIN...Extrait

Si depuis le lointain, comme nous sommes divorcés, Je te suis encore reconnaissable, le passé, Ô toi partageant mes souffrances ! Peut te signifier quelque bonheur, Alors dis-moi comment t’espère l’amie ? Dans ces jardins, là où par un affreux Et obscur temps nous nous rencontrâmes ? Ici, auprès des fleuves du monde sacré de l’origine. Je dois le dire, quelque bonheur était Dans tes regards, lorsque dans le lointain tu Te retournais une fois joyeusement, Homme toujours renfermé, à l’air Si ténébreux. Comment s’écoulaient... [Lire la suite]
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mercredi 29 juin 2016

JE EST UNE ILLUSION

Loin d'ici la présomption, la prétention de se  risquer à courir sur les brisées de la poésie Rimbaldienne !  Je est une illusion, cette  paraphrase certes osée ou fantasque venant d'un quidam le laisserait peut-être entendre. Je m'en défends et me garde de toute velléité de ce genre, laissant aux poètes disparus la primauté et l'exclusive de l'assertion ; mais enfin, il me semble que cette image sied au texte conçu en vivant de si près la mer et les grands espaces... Alors, d'un commun accord, je vais comme je... [Lire la suite]
mardi 29 décembre 2015

LA TRAVERSEE DES OMBRES...Extrait

C'était la fin de l'été, à la tombée du jour - faut-il dire tombée du jour ou de la nuit ? - chez des amis, à la campagne. Un moment de douce mélancolie : l'automne s’annonçait, je m’apprêtais à quitter mes hôtes, sans doute pour longtemps.Au-delà des limites du jardin, avec sa pelouse fraîchement tondue, ses fleurs, sa tonnelle : un chêne. Je l'avais vu, admiré, ce chêne, plus d'une fois, son fût bien droit, sa ramure puissante, son feuillage que le vent faisait légèrement vibrer, ses racines noueuses, sa cime. Il me donnait un... [Lire la suite]
samedi 2 mai 2015

FIL D'OR

 Silence, fil d’or, cheveu d’Iseult sur une épaule nue, l’âme en délivrance. Les mots sont ténus aux pieds du rêve, agenouillés. Il est en ignorance, il s’éveille et boit le lait, l’écume des vagues, le bruit du ciel en crue, la fange des marais, et le suc des étoiles. Aveugle et impuissante la vieillesse est intacte, le soir venu sur les racines. La joie est dans les livres, la peur dans la marge, le rire dans la frange de la page déchirée, triste figure à griffures dorées. Le lait et le miel dans la tasse ébréchée, les pauvres... [Lire la suite]