vendredi 16 juin 2017

LETTRE A UNE POETE

Je t’envoie une lettre Que l’écume des mers a brodé Une lettre souveraine Née des racines du cœur Et de la parure de ton regard de femme Une lettre titubante Qui s’accroche à nos souvenirs Enorme coulée du vivre Quand le vivre se fait chair de lumière D’errance en errance Jusqu’au coquillage premier Qui chante dans tes yeux Là où je ne suis pas Dans l’allaitement des étoiles Je t’envoie une lettre écrite sur un papier cadeau Ou sur les nuits blanches quand tes lèvres s’exilent Un seul amour l’habite Au carrefour de nous-mêmes Une... [Lire la suite]
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jeudi 15 juin 2017

MA VALISE

À mon ami, Aziz Farès . . J'ai dans ma valise des souvenirs Une broche kabyle de ma mère Le henné qui fleurait sa main Et le souak de ses lèvres embaumées J'ai aussi une pierre muette Des ruelles discrètes de la Casbah Criblées des traces de mes rires Et de mes chroniques d'enfant J'ai dans ma valise des larmes De la pluie qui tombe sur Alger Et celles des justes râlants Sur la hampe d'un drapeau brûlé Dans le dessous de ma valise S’étend l’injuste addition de l’exil Que je règle de mes pleurs d’apatride À l’émotivité... [Lire la suite]
mardi 13 juin 2017

ANDRE LAUDE...Extrait

... Le paysage de l’enfance morte s’étend devant nos yeux En pure perte nous cherchons le visage du père, le visage de la mère Cette solitude n’a pas de nom, Rien qu’un immense désert ossifié. Nous avions vécu, par instants miraculeux, d’herbes folles, de fruits sauvages, acides Puis vînt le temps de la grande famine Alors nous entrâmes dans les villes avec l’allure superbe de ces lions aux ongles coupés aux crocs limés. Tout meurt sous les paupières des rêveurs obstinés, Y compris la mort. ... . ANDRE... [Lire la suite]
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lundi 12 juin 2017

A JERUSALEM

À Jérusalem, je veux dire à l’intérieur des vieux remparts, je marche d’un temps vers un autre sans un souvenir qui m’oriente. Les prophètes là-bas se partagent l’histoire du sacré … Ils montent aux cieux et reviennent moins abattus et moins tristes, car l’amour et la paix sont saints et ils viendront à la ville. Je descends une pente, marmonnant : Comment les conteurs ne s’accordent-ils pas sur les paroles de la lumière dans une pierre ? Les guerres partent-elles d’une pierre enfouie ? Je marche dans mon sommeil. Yeux... [Lire la suite]
dimanche 11 juin 2017

ARTAUD

Artaud je vois autour de toi Adamov Henri Thomas le fragile Prevel aussi et je te vois rôder toi-même autour de ce déchirement de toi mais tu n’approches qu’en silence comme le tzigane qui offre aux derniers clients du dimanche un violon hérissé de cordes cassées Artaud Antonin chien fidèle des bars où tourne le soleil et son train dans la laque rougie et profonde des verres miraculeux animal légendaire avaleur de sabres derviche malin immortel dans la ménagerie de ton corps l’écho des cordes cassées dure encore     . ... [Lire la suite]
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vendredi 2 juin 2017

PIERRE NOIRE, SANGUINE ET PASTEL

Je t'ai tutoyée, tout de suite. Depuis notre brève rencontre, il y a trois semaines au musée des Beaux-Arts de Besançon, je ne te quitte plus.     On ne devine qu'un fragment de ton épaule, dépassant d'un carré d'étoffe. Tu sembles si pudique, si jeune encore. Cependant ton visage, bien que détourné, s'offre sans réserve. Donné à son intériorité. Et le peintre à son tour a voulu rendre ce miracle de transparence.     Je te rencontre quatre siècles plus tard.   M'aideras-tu à comprendre le passage... [Lire la suite]

vendredi 2 juin 2017

LIGNES DE LA MAIN

Comme émeuvent aussi les lignes de la mainun dessin grêle et fragilela mémoire ou l'empreinte d'un filigraneet loin d'un tracé qui en saurait plus que nous sur notre destindes rides peut-être, précocesmais sans accompagnement de peur,   comme elles un vol noir au loin fane le ciel.     .   JUDITH CHAVANNE     . Oeuvre Annette Messager
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jeudi 1 juin 2017

SENS, PRESENCE, ABSENCE, CONSCIENCE

Sens…vous avez dit « sens » ?Y a-t-il un sens à la quête de sens de l’Homme ? Et si sa quête de sens était une quête de sens interdit ?Comment interpréter la présence, chez l’Homme, de la conscience ?La conscience humaine, n’est-ce pas d’abord une manière de se tenir hors du monde, hors de tout ? N’est-ce pas, d’abord, le sentiment d’une radicale séparation ? D’une altérité qui pousse à harceler le monde, vu comme extérieur, de questions, quand ce n’est pas  à se harceler soi-même de questions sur soi-même ? Il y aura... [Lire la suite]
mercredi 31 mai 2017

GESTES...Extrait

Parfois les mots viennent tout seuls presque, comme les feuillesaux arbres –bien sûr, les racines, invisibles, la terre, le soleil, l’eau ont aidéà cela,et aussi les feuilles pourries du passé. Les idées, plus tard,viennent facilement par-dessus, comme sur les feuilles les araignées,la poussièreet les gouttes de rosée scintillant d’une lumière équivoque.Sous les feuilles une petite fille éventre sa poupée nue ;une goutte de rosée tombe sur ses cheveux ; elle lève la tête, ellene voit rien ;et seulement cette transparence froide de la... [Lire la suite]
dimanche 28 mai 2017

LE PLUS BEAU TEMPS DU MONDE

 L’été respire au bout de ce récif de toits, L’été de ton amour plein de mélancolie, L’été qu’on voit mourir un peu dans chaque jour Qui roule jusqu’ici ses falaises de suie. Églogue fatiguée, l’on entend la chanson Très pure d’un oiseau au milieu du silence. Regarde s’enfuir le plus beau temps de la vie, Le plus beau temps du cœur, la mortelle saison De la jeunesse aux noirs poisons. Voici la route, Ce saut de feu dans le délire des cigales Et de bons parapets pour reposer tes bras. Dans le ciel campagnard meurt le... [Lire la suite]