dimanche 24 septembre 2017

PATRICK CHEMIN...EXTRAIT

C'était un collecteur de mots. Il allait par les rues du village et devant chaque porte demandait des phrases, des images, des silences. Oui des silences car il pensait que les mots étaient posés dans le vase des silences. Il allait dans les jardins et caressaient les plantes et susurrait des secrets aux différentes fleurs. C'était un secret différent pour chacune. Il était amoureux des ruisseaux et à chaque période de l'année il comparait leurs courants aux variations de la parole. Et parfois la sécheresse le faisait tantôt pleurer... [Lire la suite]

samedi 23 septembre 2017

AUX LISEURS DE POEMES

D'abord il vous faudra du temps , beaucoup de temps.Du loisir. Du silence en vous et autour de vous. Du silenceCoupé d'ardoises sur les toits, ou de cigales, dans le sud.De longs moments de solitude pour n'être pas seul loin des autresEt des mains, pour toucher les mots. Il vous faut écouter profondUn cheminement de racines, voir des éclats parmi les feuillesGuetter une démarche aisée ou non, qui n'est qu'à soiRespirer le parfum des corps, l'odeur des genêts, des lavandes,Et piéger, dans ce qui est dit, le gibier terré sous les... [Lire la suite]
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mercredi 20 septembre 2017

PIERRE DHAINAUT

" Idéologie, sublimation, comment de toute façon les éviter ? Si la poésie fait corps avec l’histoire, individuelle et collective, elle la traverse aussi. Tantôt nous voulons coïncider avec cette histoire, tantôt nous en évader, à tout prix. La poésie ne consiste pas dans le seul dévoilement de sa nature : elle se désincarne alors. Elle ne consiste pas davantage en une incarnation qui exigerait qu’on lui sacrifie tout, qui l’ ampute et l’alourdit. Traquée, la poésie fatalement se dérobe. Nous ne procédons que par force :... [Lire la suite]
mercredi 13 septembre 2017

HOMMAGE A LA TUNISIE...Extraits (2015)

  Je me souviens des bouquets de jonquilles serrées en une grosse tête jaune des tabounas dans des paniers d’osier sur le trottoir et des œufs durs pour les accompagner de la baie largement ouverte et la seule violence était celle de la lumière derrière la brume de l’avenue de fleurs sous le tournoiement bruyant des martinets du pavillon sur pilotis au bord de la plage des graines du marchand qui criait à la sortie du lycée, « Je suis là, j’ai besoin de sous » des arrivages inattendus de bananes du pétrole bleu dans le poêle au... [Lire la suite]
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mardi 12 septembre 2017

TIENS BON POETE

Tiens-bon poète Tiens-bon Ils ont pourri la Terre Jusqu’à l’os des rivières Et tout s’en va en pourriture Je porte leur pourriture d’argent Aux banques du désespoir Je porte leur pourriture de chômage Au bureau du désespoir Tiens-bon poète Tiens bon La vie disparaît Déserte l’air L’eau La terre et même le feu Tout est empoisonné Même l’amour Même l’amour Les gonds du monde grincent Pathétiques violences sans remords qui nous assiègent La bonté est vaincue Tiens bon poète Tiens bon Les guerres se donnent la main Emportent tout l’homme... [Lire la suite]
dimanche 10 septembre 2017

MEMOIRES SANS VISAGES & AUTRES TEXTES...extrait

J’ai les yeux hagards d’avoir trop regardé les soleils tristes des déserts Et j’ai roulé dans une détresse de chardons Le port, je le refuse Si j’ai mené les barques noires sous la lune, c’était par pur délire de naufrage Rien n’a sombré, que moi-même, et ce centre brûlant du vide, sphère de vent, géologie morbide J’ai les stigmates de l’absence, je me cherche dans les varechs, dans les cactus, les ammonites et le gypse Quel geste me rendra le jeu de vivre parmi les coquelicots fragiles Et les rires ?   .     ... [Lire la suite]

dimanche 10 septembre 2017

PUISQUE BEAUTE IL Y A....Extrait

...   nous disent les arbres   ce que la terrecontient de passéet ce peu de futur   dans l'embrasuredu sinistre   il n'y a plusde musiqueà nos fenêtres   des moustiquesdans l'embrasement des trilles   les grincements des invectivesdes plissements dde pierrede mon gosier d'oiseauj'écris    ...   Notre aventure, de ne vivre pas autre chose que nous maintenir, accepter, puis traverser, et faire en sorte à ne pas perdre pied, se tenir entre les sombres parfums et les ombres... [Lire la suite]
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mardi 5 septembre 2017

MARIO BENEDETTI

Chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie comme s'ils n'avaient jamais existé les yeux combustibles de l'âme ou les lèvres de la peine orpheline chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie et nous pressent d'effacer l'ivresse de la souffrance je suis convaincu que ma région n'est pas le divertissement d'autres   dans ma région il y a des calvaires d'absence des souches futures/des banlieues de deuil mais aussi des candeurs de hanche des pianos qui tirent des larmes des cadavres qui regardent... [Lire la suite]
dimanche 3 septembre 2017

BERNARD PERROY...Extrait

Il nous faut nous satisfaire des chemins écartés, des souvenirs d'enfance, arpenter le jour, au jour le jour, avec le coeur insoumis qui se projette en dehors du sentier de nos propres habitudes, et prendre sur soi, infiniment, pour dépasser toute tristesse, fixer la plus profonde des émotions, que retiennent les ans, celle de ne rien encore comprendre de la vie, et c'est tant mieux...   .   BERNARD PERROY   .   Photographie Litsa Roussou      
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mardi 29 août 2017

DIALOGUE AU BOUT DES VAGUES...Extrait

J'ai cru à l'éloquence des feuilles mortes à Erzulie* femme d'amour qui fait bander et rougir les sexes éparpillés J'ai cru à Damballah* le dieu blanc aux rêves de serpents J'ai cru aux vaccines* à résonances nègres de sueur et de danse banda J'ai cru à la justesse des luttes antiracistes au partage à l'amour aux Sources du Vaucluse J'ai cru à l'écartèlement à l'éclatement à l'orage au brasier J'ai cru à la marée aux trêves de l'Histoire J'ai cru aux effluves de fritures de graisse et d'huile chaude J'ai cru au soleil sur nos... [Lire la suite]