jeudi 27 avril 2017

MEMOIRES SANS VISAGES & AUTRES TEXTES

La terre est brune, et le pied s'y imprime Cercueil de vent, chaque pas mène à l'autre Dans les feuilles Ton visage défiguré mime Un autre soleil J'ai tiré le rideau sur les grimaces du printemps Trop de boue, Trop de vent, et j'ai perdu la trace J'avance, dans les gifles des fleurs, Peut-être à reculons Là-bas, c'est sans doute l'été? Tu disais: le feu pur La terre est rouge, et le pied la possède Et tu disais: les grands vols d'oiseaux fous Mais le ciel pèse lourd, ton visage se fige Et le soleil a mis le masque de la mort  ... [Lire la suite]
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lundi 24 avril 2017

DERNIER POEME

" Mon dernier poème au Peuple Haïtien avant de quitter le sol qui m’a vu naître écrit le 29 novembre 2016. Ce Peuple en gestation d’une nouvelle victoire contre l’obscurantisme." Gérald Bloncourt . La colèreest en moije hume l’existenceje me heurteaux fils de fer barbelésde la désespéranceje franchis les ruisseauxboueux de l’inquiétudeMartissant, Carreour-feuille,Bizoton, Jérémie, Jacmel,Pétionville, Port-au-prince,l‘Ile de la Gonave,bruissants de misèreL’azur est en folieTout se mêleS’entrecroiseEt se noueJe sonde l’espace... [Lire la suite]
vendredi 21 avril 2017

DONNEZ-MOI DES MOTS D'HOMME

À la mémoire d’Albert Camus... . . Donnez-moi des mots d’Homme Des mots qui s’acheminent De Tipasa la bleue aux flancs de Lourmarin Ces mots d’ocre et de feu qui épousent les cimes Délestant le soleil du poids des lendemains Ces mots je les voudrais griffonnés de lumière D’une lumière écrue revenue du bonheur Quand à midi la plage offre son ventre amer Aveuglant le passant d’une intime candeur Je voudrais des mots d’Homme De ceux qui vont en paix Rapiécer le silence au Petit Villeblevin Où le phénix d’or... [Lire la suite]
samedi 15 avril 2017

L'ÂME INSURGEE...Extrait

« Le poète, je vous l’ai dit, n’a pas la vie facile dans ce monde et ses besoins, pour exister, n’ont rien d’épisodique ou de professionnel. Il est voué à l’essentiel. Donc à la pauvreté matérielle. Une existence entière à préserver dans tous ses lieux, ouverte à ses passions, conquérant son intégrité. L’ampleur indispensable de l’espace et du temps, la solitude, le silence et la continuité. Les questions à poser vraiment ; la réponse à attendre de tout. Un travail où l’on entre une fois pour toutes pour ne plus le... [Lire la suite]
vendredi 14 avril 2017

SERGE WELLENS...Extrait

Du fond d'un trou de mémoireje regarde passer le cieloù rien ne se passe vraimentqu'un léger très léger frémissementpareil au rêve inhabitéd'une eau dormanteJe cherche désespérémentle visage d'un mot nécessairequi se défaisant me défaitIl me reste la lenteurobstinée de son refus d'êtrePour un peu de temps encorele sillage d'une trace.   .   SERGE WELLENS   .    
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mercredi 12 avril 2017

L'EBLOUI

Je ne sais d’ici que le lent ravitaillement des heures Et le chant incessant écharpant le silence Je ne sais d’ici que l’ongle des sentiers qui écosse la plaine Et la mer au lointain qui lisse ses bas bleus La paresse des îles Le rouet de tes yeux L’indolence des palmes L’insolence des cieux Tu es cet ébloui revenu du silence Tu es ce murmuré dans le soir silicieux Tu as repris l’espace comme on reprend la chance Avec au cœur l’espoir d’un ultime voyage Tu es cet ébloui qui se joue des naufrages Tu me l’avais promis ... [Lire la suite]

mercredi 5 avril 2017

RIMES DU COEUR ...Extrait

Chasseresse ou dévote ou porteuse de dons La solitude est verte en des landes hantées Comme chansons du vent aux provinces chantées Comme le souvenir lié à l’abandon. La solitude est verte. Verte comme verveine au parfum jardinier Comme mousse crépue au bord de la fontaine Et comme le poisson messager des sirènes, Verte comme la science au front de l’écolier. La solitude est verte. Verte comme la pomme en sa simplicité, Comme la grenouille, cœur glacé des vacances, Verte comme tes yeux de désobéissance, Verte comme l’exil où... [Lire la suite]
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jeudi 30 mars 2017

GALETS...Extrait

...   Peuple d’ombres, mes amis, vous dont les lèvres ne sont plus que des pétales réduits en cendres puis dispersés comme poussière et confondus avec l’humide et froide terre de silence qui vous enserre sous les fleurs et fait de vous quelle pâture stérile et vaine, destinée aux racines ivres de terreau ! Peuple d’ombres, mes amis, vous, les trop aimés des dieux et qu’ils nous ont ravis tandis que vos bras s’unissaient aux nôtres pour ceindre d’amples couronnes le front des Sœurs mélodieuses, ah ! ne... [Lire la suite]
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mercredi 29 mars 2017

CASBAH LUMIERE...Extrait

Comme un cygne paré de sa blancheur laiteuse, La Casbah s'apprête à recevoir le soleil arqué à l'horizon. Paraissant immobile, le soleil avance, et la Casbah en révérence ailée, le salue. Et toi, baie d'el Djazaïr, comme une vierge de Botticelli qui attend tout de l'amour tu drapes ta nudité en baissant pudiquement les paupières.   C'est la grâce de son sillage qui rend le cygne attirant, C'est la rondeur de la terre qui rend le soleil heureux, C'est aussi le sourire des étoiles qui rend les terrasses joyeuses.  ... [Lire la suite]
mardi 28 mars 2017

LA PAROLE / LA PALABRA ...Extrait

De toute chose ma mémoire a nourri la parole ; l'ombre de quelque flamme vivante que son rythme annonce depuis l'aube entre miroirs de miroirs a nourri la parole. Des mers d'ors troubles elle demandait à mes yeux et des prairies exsangues où les journées appuient les genoux de pierre pour se dresser à nouveau pour respirer. Plus tard dans les sourires de la pierre elle cherchait entremêlés les visages des vivants avec ceux qui ne meurent pas. De toute chose ma mémoire a nourri la parole, et à l'instant de la main brève et la fleur,... [Lire la suite]