vendredi 28 septembre 2018

CONTRE-JOUR

  Revenir    pieds nus dans les traces trop larges comme si on rentrait chez soi.   Glisser sur le sol se laisser écorcher par les échardes de la mémoire et rendre grâce à la source à la leçon de l’humus à l’éclatement végétal.   Il faut murmurer d’une voix profonde les rêves éteints la cendre lavée de tout l’ocre humain. Il faut dire à voix froissée ce qui hurle en soi avant de se taire.   Dire les chemins tortueux dans la terre lasse de nos migrations. Dire aussi l’adagio... [Lire la suite]
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vendredi 28 septembre 2018

AGNES SCHNELL...Extrait

On a replié sa viecomme une carte lue à l’envers.On a replié sa viecomme un livreoù se terrent les dérapageset les boues. On est telle une vieille horlogeobstinée dans le recultaiseuse depuis trop longtemps. On repousse le sommeilon se cogne à l’ombreaux premiers soupirs de la mémoire.Certains guettent le soleilou la place d’un feu. Quelles bouches diront ton nom ?Quelles bouches dironttes gestes dans l’imprudenceet tes méandres inversés par distraction ? Quelles bouches oseront parlerdu fleuve qui courait en toilesquelles diront... [Lire la suite]
Posté par emmila à 08:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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vendredi 28 septembre 2018

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Un jour les mots se cendrent -- Est-ce une arythmie des sentiments ? Est-ce le chagrin ? Est-ce l'absence ? D'où vient-elle toute cette cendre ? Etqu'est-ce qui a brûlé ? Les yeux brûlent sans larmes Les mots meurent sous la cendre --Ce que tu lis te délitCe qui te délit te désécrit Quelqu'un gît en creux où il n'est plus Traces de pas et toute cette cendre -- D'où venue ?     .     ANNE MARGUERITE MILLIRI     .
mercredi 26 septembre 2018

NOUS AVONS DES MOTS, VOUS AVEZ DES BOMBES

  Le long de vos rampes de lancementII fait déjà si froidsous les saules blancs… mais on entend toujoursau concert des mésangesce grand avertissement :monté du fond des âges :« au faîte de la démocratiepend l’enseigne de l’armurier »et dans le sein des dieuxpèsent les larmes sur le soleil couchant Qui croyait en ce mondequ’à dépeindre vos libertés ensanglantéesles mots eux-mêmes seraient rougis Contre le jeu de vos armesnous avons celui des motsjusqu’à la quintessence du poèmeguetté par la descenteautant que la danse du... [Lire la suite]
samedi 22 septembre 2018

LE SIGNE DE CAÏN

Le signe de Caïn nap­pa­raî­tra passur le sol­dat qui tiresur la tête d’un enfantdepuis une col­line au des­sus de l’en­ceinteautour du camp de réfu­giésparce que sous le cas­quepour par­ler en ter­mes con­cep­tuelssa tête est en car­ton.Dau­tre part,l’of­fi­cier a lu "L’homme révolté" ,sa tête est illu­mi­née,à cause de cela il ne croit pasau signe de Caïn.Il a passé son temps dans les muséesEt quand il pointele fusil vers l’en­fantcomme un ambas­sa­deur de Cul­ture,il ajourne et recy­cleles eaux-for­tes de Goyaet Guer­nica   ... [Lire la suite]
samedi 22 septembre 2018

FICTION D'UN DEUIL

Hommage à mon père... pour ses marguerites et ses coquelicots, qu'on admirait sans jamais les cueillir   . L’innocence, je l’ai toujours vue accrochée à ton regard comme un voile d’eau qui danse les lumières du monde, enveloppe et sublime chaque chose du monde  Les chevelures folles des enfantsLa nacre des coquillages aux teintes indécidablesSculptésAux croisées des vents et des marées Un chapelet de beignets enfilés dans une feuille de palmierLes marchands ambulantsLes figues fraîches et le maïs grillé sur les... [Lire la suite]

vendredi 21 septembre 2018

RIVES EN CHAMADE...Extrait

Après ton départJe veux respirer l'ocre de ta naissanceDes souvenirs tremblés font fuir la mémoire de ta voixEgarée dans l'absence de ton amourJe voyage à travers la richesse de ma lignéeLa patience du temps me conduit à la frontière de tes chantsDans cette nuit-làDes larmes muettes s'étalent au pied du tombeauLe sommeil affectionne les pentes lointaines de NoëlDans cette nuit-làDes larmes muettes fleurissent ta sépulture de granitTu savoures l'étreinte éternelle de la femme aiméeCelle qui a rétabli ton paysTrop faible encore pour... [Lire la suite]
mercredi 19 septembre 2018

L'ENFANT DE JUIN / EL HIJO DE JUNIO

C’est notre enfant.Il est né un jour de juin.Un jour de grande chaleur et de soleil lourd ; je me sens vivant et jeune et sa mère , tendre et chaude : c’est ainsi qu’il est venu au monde. Les jours ont passé.Sans doute manquons nous de courage, mais il vit, obstinément, chaque jour, un jour de vie de plus ; ainsi pousse notre enfant, notre enfant de juin ; nous ne savons pas l’écrire au futur. Notre enfant.  Ce jour de juin, soleil brûlant, bonheur : léger, il n’y aura plus d’hiver ni de... [Lire la suite]
dimanche 16 septembre 2018

ANDRE VELTER...Extrait

A Ghaouti Faraoun    On a dit qu'il était nésous l'étoile du chevalun temps de nuit claireoù le ciel avait butout le lait des fantômes.Le poing serré sur un caillot de sangil avait glissé les yeux fermésentre les mains des femmes.Au bas de l'horoscopele chaman a noté qu'il avaitmangé l'écorce de son cri.On a dit qu'il était entré muet dans le mouvement du mondeprenant de vitesse son propre départ.D'emblée il n'avait eu de cesse toujours avalant son ombre toujours essoufflant sa ragetoujours chevauchant son... [Lire la suite]
samedi 15 septembre 2018

L'OR DES TIGRES...Extrait

C'est l'amour. Je devrai me cacher ou fuir.Les murs de ma prison grandissent, comme en un rêve atroce. Le beau masque a changé, mais comme toujours c'est le seul. De quoi peuvent me servir mes talismans : l'exercice des lettres, la vague érudition,l'apprentissage des mots dont l'âpre Nordse servit pour chanter ses mers et ses épées,la sereine amitié, les galeries de la Bibliothèque, les choses courantes, les coutumes, le jeune amour de ma mère, l'ombre militaire de mes morts, la nuit intemporelle, la saveur du... [Lire la suite]