mardi 13 février 2018

AU TEMPS DU POEME

II y eut autrefois des choses sans musiquedes pays qui fondaient comme un fruit dans la bouchedes étés haletantsdes silences plus frais que neigedes êtres qui entraient en nous et qui sortaientsans qu'on s'en rendît compte,nourritures, paresses savantes, jus d'oiseauxidiomes heureux, échanges,de sorte qu'on était ce qui entrait en nousparfois un cil, parfois un angeparfois un baobab où la hache faisaitdes blessures délicieuseset quand, souvent, des femmes ou des sangsues rosesse collaient à nos corpson éprouvait soudain la joie d'être... [Lire la suite]
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jeudi 8 février 2018

POURTANT, UN JOUR...

Quand le ciel est raide, dénué de la générosité qu’il offre au crépuscule pour couvrir le jour quand il décline, quand son bleu se lénifie à devenir le mauve parme que produit la blessure ; quand l’aube peine à étaler sa blancheur véloce à refuser aux sourires l’extase de creuser les fossettes ; quand la nuit s’écrase sur les massifs des nostalgies sans douceur, sans courtoisie ; quand les étoiles sont fuyantes, quand elles s’éteignent subitement après leur apparition augurant de nouvelles surprises dures à porter ; quand les cœurs... [Lire la suite]
mardi 6 février 2018

OREZZA OU LE TUMULTE DES PIERRES...

" Notre livre d'histoire, c'est la Terre de Corse parsemée de ruines anonymes.Notre raison d'être, c'est une liberté immémoriale dont le couvent d'Orezza, parmi tant d'autres, symbolise l'éternelle jeunesse ".Je vais te raconter une histoire. Simple et bouleversante comme une œuvre méconnue que les hommes, oublieux ou trompés, négligent d'admirer. Cette histoire, c'est celle du Couvent d'Orezza dont les murs, nus et crevassés s'élancent à l'assaut du ciel. Sentinelle mutilée, mais sentinelle immuable d'une liberté toujours... [Lire la suite]
vendredi 2 février 2018

LES MOTS

Les mots vont en silence dans notre cœur Ils ont besoin de nous pour éclore Ils s’alignent derrière une émotion L’émerveillement Le chagrin L’insolite Et ils prennent leur envol d’oiseaux migrateurs Et dessinent au fond d’un autre cœur Un pays d’accueil Une terre d’asile Un banc de sable Jamais une prison Jamais une frontière Parfois une simple fleur qui renverse un mur Il y a chez moi une plante qu’on appelle chance Et qui nous donne la chance de la regarder La chance d’espérer Il y a une feuille qui pousse dans les... [Lire la suite]
mardi 30 janvier 2018

LES TRAVAUX ET LES NUITS...Extrait

Si tu oses surprendrela vérité de ce vieux muret ses fissures, ses larmes,formant des visages, des sphinx,des mains, des clepsydres,sûrement viendra une présencepour ta soif,probablement repartiracette absence qui te boit.   .     ALEJANDRA PIZARNIK     .    
dimanche 28 janvier 2018

JEAN GABRIEL COSCULLUELA...Extrait

Vers le haut,Sans rien oublier de ce qui penche,de ce qui tremble,ce qui se déploieou éclate,ce qui disparaîtsans rompre,Et que l'air habite.L'herbe penche,île inconnue,écrit,serrée parfoiscontre l'air,et laisse des motsillisibles,nomadesà l'invite du vent,proche.Ces motsdans l'herbe,la lumièreet les couleurs du vent,vers le hautle désirvers le haut,seul,le désirseul,l'invite du vent,l'empreinted'un nomtenudans le vent,luz,l'écriturede l'airdans un jardinde mémoirede murmure,retenir la vie,la vie mêmedans la ligne discontinuedes... [Lire la suite]
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samedi 27 janvier 2018

LE RETOUR DE WALLADA...Extrait

J’habite ta demeure moi qui n’ai pas de demeureMoi qui depuis mon départvagabonde dans les ruelles de la mémoireErrant comme une bergèrequi perdit son troupeau Moi qui pour patrie n’ai plusQue les mots et le papierMoi qui pour lit n’ai plusQue le trottoir de l’espoirJe reviens à toiAfin que tu me consoleset me fasses renaîtreaprès l’immense chagrin ...   .   MARAM AL MASRI   .   Oeuvre Zuhair Hassib, Syrie
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vendredi 26 janvier 2018

LE CONTRE-CIEL - CLAVICULES D'UN GRAND JEU POETIQUE...Extrait

... Poètes, vous êtes, nous sommes honteux - ou trop fiers - de nos corps blanchis, civilisés, trop bien élevés. Sans quoi vous bondiriez, nous bondirions dans la ronde, hurlant notre stupeur de vivre, ici, sur ce boulevard, nous recommencerions le signe de la folie tournante, la vieille Danse, le premier et le plus pur poème. Toujours tourne la ronde sauvage en couronne dans la mémoire de nos têtes; toujours tourne le plus poignant des souvenirs de l'immémorable enfance, tourne le chant dans notre tête, et notre piétinement... [Lire la suite]
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vendredi 26 janvier 2018

A TOUS LES VENTS DU MONDE

 A James Noël  . Intranquille Dans l’affection des résonnances Je voyagerai parmi vos tressaillements Homme sans peau Homme sans couleur Souverain rêveur J’accueillerai toutes les ailes Les voilures ivres du vivre Les mains pleines d’échos et de frontières folles Je traverserai les trous noirs Les flaques inquiètes du malheur Et le centre même des tornades J’avancerai en derviche En mutant En mémoire de séisme Comme un homme qui comble l’avenir Et que mon corps s’emplisse de souffles d’îles Qu’il... [Lire la suite]
lundi 15 janvier 2018

DANS L'OBSCURITE EBLOUISSANTE...Extrait

Nuit Dans l’obscurité éblouissante mon visage est un charbon en fleurs dans la blessure de la mémoire et ma mémoire est faite des villes qui meurent effacées par le déversement du temps dans un autre temps Dans l’obscurité éblouissante ma main droite est un pont formé des têtes de mes amis et ma main gauche de forêts de bras coupés qui continuent à réclamer la paix dans l’obscurité éblouissante Mon dernier souffle comme la chute de l’argent sur les villes de cendres endormies brûlant de Rome à la Palestine d’Hitler à... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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