dimanche 22 novembre 2015

N'AVOIR RIEN

Ne plus rien dire, ne plus souffler, ne plus être. Évidé. Des mots traînent dans la pendule Des joies cristallisées se souviennent d’elles-mêmes L’ardeur rompue, les giclées de sève molle durcies soudainement L’hiver a repris dans ses mailles gelées La lumière d’Août prisonnière de la glace Le teint halé, la peau à demi poêlée d’urgences chaudes Faire corps sans murmure et sans frisson Faire corps d’artichaut à la mauvaise saison Doux Août fané sous la plume de la dernière hirondelle       Ni fer, ni... [Lire la suite]
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jeudi 19 novembre 2015

DANS LE DOUTE ET LA FERVEUR

Au-delà de la mer, disais-tu, quelles lumières ? Vers quel destin de pierre et de sable tourner des visages creusés par la brûlure d'exister. Le vent tournoie. Le vent fait vibrer l'impossible, violon pour la soif, jungle verte dans l'ocre désert.   Au-delà, je répète au-delà pour savourer le mot dans ses contours d'eau pure, Au-delà, c'est déjà dire le grand saut dans l'aube libre aux senteurs d'oasis. Et le rêve revient s'accroche comme lierre aspire la sève pour la pulpe à venir Toujours, la pulpe est à... [Lire la suite]
mercredi 11 novembre 2015

A MA FILLE

Regarde en arrière, il pleut des gens. Neige tremblée, mouchetée, tombée d'origines multiples. Mémoires anciennes donnant chair au présent, tu es leur sillage ma fille. Le passé n'est visible qu'au drapé du rideau qu'on soulève parfois. Dans cet avant de soi, les jeux, les histoires, les séductions, les ornements, tout se confond, se fond, chaque unique mêlé. Des murmures clapotent, il faut tendre la mémoire pour retrouver le fil. La langue est incertaine, la traduction aléatoire. Toujours les marionnettes courent... [Lire la suite]
mercredi 11 novembre 2015

PIERRE RABHI

Le fait d'être un oecuméniste me place au cœur même des phénomènes de la vie. Je les observe directement et pas seulement à travers des livres. Je me suis mêlé à la nature par ma vie d'agriculteur, et quand je pétris ma terre, la terre me pétrit. C'est comme une étreinte entre nous. ... On pourrait presque parler de rapport charnel à la terre, dont je me considère à la fois le fils, le père et l'amant. Tout cela circule dans la même logique. Au moment où je prends soin de ma terre, je suis un peu son père. Puis elle me nourrit... [Lire la suite]
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dimanche 8 novembre 2015

TERRE TERANGA...Extrait

en terre teranga le fleuve pleure ce poème que jamais je n’écrirai et le sable de ton corps en mémoire du jeudi tremble comme la flamme sabrée de la mèche la ville s’écoule à l’embouchure des couleurs dans le secret des palétuviers entre les spirales de l’oiseau-voyageur et la danse rocailleuse du muezzin le silence s’enfonce rouge dans la nuit dénudée ta voix émerge de la rumeur de la mer il me revient ces chants anciens nous les pleurions devant le lac de sel avant de faire offrande aux dieux et nous en aller sans nous... [Lire la suite]
lundi 2 novembre 2015

JONAS...Extrait

... voilà, amour tout est prêt maintenant tu peux naître ! ta vie est neuve mais porte, empreintes en ton corps-âme : l’histoire des tiens et toute la capoeira de la forêt primordiale ... dangers, danses et défenses peurs et prostrations inscrits en toi en miniature attendent leur moment pour éclore le chant de tes ancêtres est le nid d’où tes rêves prendront leur envol  ...  . . . NANCY HUSTON . . .   Photographie Nathalie Magrez              

vendredi 30 octobre 2015

COLETTE GIBELIN ...Extrait

... « Envolés, les oiseaux, portés par la respiration du monde dans l’étonnement de l’azur Un grand déferlement de voix pures, là-haut, Là-haut Éclats du temps, rêve mystique La délivrance est musique et splendeur On dépasse le chaos On s’ouvre à d’autres innocences et nos élans intérieurs enfin déploient leurs ailes   Envolés, nos désirs, vers quel inaccessible jardin où les arbres n’ont pas d’attache où les plantes chantent la liberté Jardin aux franges d’infini ouvert à tous les pollens, aux saveurs... [Lire la suite]
mercredi 28 octobre 2015

DE L'EXIL

Légers les martinets dans l’oblique des rais Suivent le vent, éclairs légers Ton regard les suit. Tu as fui le ciel chargé de la guerre Tu te souviens, les ombres Le pas rouge de l’aube Te voilà posé sur l’autre rive Tout déborde dans tes rêves La lumière, les collines, les feuilles Ton histoire n’émeut personne Tu te perds dans le halo des âges. Rien, la vie ou le vide t'ensevelit La nuit, l’autre face du rien L’horizon, son étendue vide Les étoiles, des points de lumière Où tu deviens nomade Et plus tard l’oasis, l’imposture ... [Lire la suite]
mercredi 28 octobre 2015

LETTRE A MES CELLULES

Merci ma Vince . . Mes chères cellules, Je vous ai réunies aujourd'hui pour vous dire que nous allons désormais changer de trajectoire. Car jusqu'ici, nous nous sommes laissé aller à suivre un programme désastreux: Il s'agissait de rester fidèle à la mémoire de nos ancêtres et de prendre un petit peu de leurs maladies, un petit peu de leurs faiblesses, un petit peu de leurs émotions, un petit peu de leurs souffrances, un petit peu de leurs limitations. Il eût paru indigne de s'octroyer une vie sans limites et dans le... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:52 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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samedi 24 octobre 2015

SENSATIONS

 Pour dire le chemin perdu qui va là haut sur le plateau des estives de ma petite enfance, la cabane de pierres de mon oncle, qu'il tenait de mon grand-père, et du grand père de mon grand-père, les ruines du buron où se rassemblaient dans les tintements des lourdes cloches les vaches rouges aux longues cornes. La traite commençait tôt, il était juin déjà à l'été frémissant dès quatre ou cinq heures du matin, du fond de la vallée la Santoire faisait des zigzags dans les prés, sous le regard des vieux volcans éteints. Odeurs des... [Lire la suite]