samedi 27 février 2021

GHYSLAINE LELOUP...EXTRAIT

  Nous avions maquillé nos yeux pour contempler le cielEt rougi nos lèvres de grenades pour embrasser la terreNous avions arrondi nos ventres pour honorer le monde Les oiseaux se sont tusÔ silence des déserts rendus plus aridesSous l'acharnement des charsQue reste-t-il sous la cendre ?Nous cherchons les chemins, les champsDévastés par les bottesNos yeux sont cernés de deuil, nos jardins de décombresNos sexes ont été fouaillés au nom des frontièresNos bouches souilléesNos ventres ont accouché d'enfants traîtresÔ paix abandonnée... [Lire la suite]

vendredi 26 février 2021

ANNA MARIA CARULINA CELLI, POEMES ...Extrait

De qui sommes nous les souvenirs Les ombres portées Les figures fragiles d'un rêve Que l'éveil du dormeur soufflera Telle flamme de chandelle Cohorte de fantômes, nous traversons le temps Par des routes noyées Des sentiers ruisselants Ainsi, l'eau dont nous sommes le trouble, le grain d'écume blanche Nous mène des rivières souterraines Où après la chute, nous nous étions tapis Vers ces lieux aveugles, ces scènes Au milieu des visages, des yeux qui pleurent, des bouches qui rient Il est des formes humaines Qu'à la rupture... [Lire la suite]
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mercredi 24 février 2021

AVEC TOUS LES MOTS D’AUTREFOIS

Ficher dans le maquis des alarmes confuses nombre de tuteurs agencés comme pour arrimer les frissonnants halliers de la mémoire. Parfois, s’y jette une volée de mots tels étourneaux s’abattant sur les vignes ou dix cors bellement l’un contre l’autre en rut. Serait-ce convoitise, quémandage charnel des vocables ? La théâtrale sauterie, la comédie au paradis ? Entre sol et nues, nombreux les sigles et les sceaux que les filets retiennent ! Lambeaux abîmés de roseau « Livre pour Sortir au Jour », feuilles froissées de latanier,... [Lire la suite]
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lundi 15 février 2021

ANNA MARIA CARULINA CELLI, POEMES ...Extrait

Je ne peux entendre ce chant Sans le regret d'un monde où je ne serai plus N'est-ce pas cela le ravissement Des ombres d'ambre s'élevant de l'âtre Et disparaissant La tragédie de la lumière vouée aux cendres La pleine gravité de l'instant S'évaporant tout en pesant d'avoir été Ainsi, où vont nos prières ? Jamais je n'ai pu aimer Sans soudain me glisser au terme de l'éternité J'ai écrit tant de lettres d'adieu Et j'en ai tant jeté au feu Tel un sage qui sa vie durant se prépare A ses ultimes heures Qu'il m'est impossible... [Lire la suite]
dimanche 7 février 2021

PALAIS DE GLACE...Extrait

  Il en est des miroirs comme de la mémoire, ils sont déformants, c’est une autre réalité mais elle reste virtuelle, si l’on pouvait se voir avec les yeux des autres, la vision serait toute autre. Nous reste toujours l’image mentale que nous avons de nous plus jeune et en adéquation avec le souvenir de notre force, de notre poitrine volontaire, ce héros secret qui nous hante et nous permet de vieillir sans nous en rendre compte jusqu’à la rencontre de notre reflet que nous ne reconnaissons pas tout de suite, qui nous... [Lire la suite]
mercredi 27 janvier 2021

TEL UN ARBRE QUI DURE

Oui, nous rajeunirons Dans les rides de l'aube, L'écorce aura en nous L'empreinte des matins, . Nous serons secourus De sèves passagères, Aimantés par le souffle Aux sources du grand vent, . Avec chaque blessure Nous serons humbles et tendres, Patients avec nous-mêmes, Nous n'abdiquerons pas. . Où trouver cette graine Où le cœur se prolonge, Cette force où l'enfance De l'arbre se propage, Ce chemin sans chemin Où la mort n'atteint pas La digue de nos pas ? . Au solstice des peurs ... [Lire la suite]
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mercredi 20 janvier 2021

LA LANGUE EST UN PAYS...

"Aujourd’hui j’écris blanc, le blanc des yeux, la belle épouvante, l’échappée belle, le blanc sillage des nuages, la blancheur de la neige. Je nettoie le silence, le blanc des jours entachés par la mort. J’ignore toujours pourquoi j’écris. Je donne un prénom à chaque jour qui passe, un nom de fruit ou d’ange, un nom de fleur ou d’oiseau, d’orage ou de désir. J’habille de musique les vieux mots en guenilles. J’en appelle aux oiseaux lorsque les arbres ont des visages de monstre. J’en appelle aux cailloux pour retrouver ma route. J’en... [Lire la suite]
vendredi 15 janvier 2021

UN HEMISPHERE, UNE CHEVELURE

« Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l’odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l’eau d’une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l’air. Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j’entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l’âme des autres hommes sur la musique. Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures ; ils contiennent de grandes mers dont les... [Lire la suite]
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lundi 11 janvier 2021

REVIENDRA...

ReviendraRevient toujours dans ce rêve fixeEt les pas se font lourds d’avoir évité tant de pierresPoseraLa besace fatiguée au ventre mou d’images S’assoira sur le banc sur le banc de la maison sous ses vignes de guêpesAttendra.Verra au loin passer des voyageurs des ombres et l’occident ivreEcouteraLes promesses du bateau qui se cogne à la merLe battement de cœur de la houle contre son flancLes appels assourdis de chaleur des vendeurs au marchéIls lui ont donné une grosse orange griseQui a la peau d’une vieille femme et son sourire... [Lire la suite]
jeudi 7 janvier 2021

PATRICK CHEMIN...Extrait

Un seul violon pour la fin des mondes Il y a une chance sur trois que je sois là Vivant ce jour-là Je garderai sur moi Les factures du vent La trace des affaissements Je garderai de l’amour Les deux volumes du renoncement La bibliothèque vive du malentendu Tu te souviens de moi ? J’étais celui qui comptait sur le mystère Pour concevoir une présence dans l’écrit Aujourd’hui les étoiles sont harrassées Et le chaos surfait Un seul violon pour la fin des mondes Il y a une chance sur trois Si je ne suis pas là Tout sera en... [Lire la suite]