lundi 14 août 2017

POUR LE PLAISIR DE ME REDIRE

Je méprise les hommes et les femmes lurons en présentation d'armes chaque matin devant les drapeaux et qui marchent en rangs, mâtinés et trémoussant dans le pas cadencé comme des figurines de parades. Je crache sur la face des hominidés imperméables à tout ramage et gazouillis d’oiseaux, les dictateurs par passion qui ont commercé le blanc-seing des jours à venir afin de grimacer d’extase, d’un œil rétif, devant le supplice des peuples séquestrés dans l’abîme de leurs girons. Je me moque des prieurs que l’on appelle fidèles, ces... [Lire la suite]

mardi 25 avril 2017

NOUS AUTRES MEURTRIERS

...  Parce qu’il est plus facile de faire son travail quotidien et d’attendre dans une paix aveugle que la mort vienne un jour, les gens croient qu’ils ont assez fait pour le bien de l’homme en ne tuant personne directement. Mais, en vérité, aucun homme ne peut mourir en paix s’il n’a pas fait tout ce qu’il faut pour que les autres vivent et s’il n’a pas cherché ou dit quel est le chemin d’une mort pacifiée. Et d’autres encore, qui n’ont pas envie de penser trop longtemps à la misère humaine, préfèrent en parler d’une façon... [Lire la suite]
mardi 6 septembre 2016

LETTRE D'UNE ENSEIGNANTE A NAJAT VALLAUD-BELKACEM

Isbergues, le 16 mars 2016 Madame le ministre, En septembre 2016, je franchirai les portes de ma classe pour la 25e année… Cela aurait pu être un bel anniversaire, n'est-ce pas ? Vingt-cinq années au service de mes élèves, latinistes, pour la plupart… Oui, je suis professeur de lettres classiques… Enfin, j'étais… J'aurais pu envisager cette rentrée avec joie comme je le fais depuis 25 ans… Mon métier, une vocation, une passion… Mais ça, c'était avant… Avant que vous ne décidiez cette abjecte réforme du collège et la mort... [Lire la suite]
mardi 12 juillet 2016

STABAT MATER FURIOSA...Extrait

... Ma prière voilà comment commence ma prière j’aime que le matin blanc pèse à la vitre   et l’on tue ici j’aime qu’un enfant courant dans l’herbe haute vienne à cogner sa joue à mes paumes et l’on tue ici j’aime qu’un homme se plaise à mes seins et que sa poitrine soit un bateau qui porte dans la nuit et l’on tue ici j’aime qu’on bavarde à la porte du boulanger quand il n’y a d’autre souci que le bleu du ciel étendu sous la théorie des nuages et l’on tue ici j’aime qu’à quelques-uns on s’ennuie paisiblement à observer... [Lire la suite]
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jeudi 16 juin 2016

HONTE A LA CHIOURME AGRICOLE ! HONTE A NOUS !

Que reste-t-il de la consécration de la nourriture et de son partage dont le cérémonial a marqué l’histoire de toutes les civilisations ? Le sacre du lieu. Le sacre du feu. Le sacre du mangé et du bu (âme de toute religion). Que reste-t-il du sacrifice de l’animal que l’on tue cérémonieusement avec l’autorisation des dieux… puis de Dieu ? Quelques religions exsangues en gardent encore les traces encombrantes et archaïques dans ce monde du vite-mangé, du vite-bu, du vite-baisé, du vite-vécu. Cette nourriture vidée du... [Lire la suite]
dimanche 17 avril 2016

LE ROMAN INACHEVE...Extrait

... Ici commence l'enchantement du verbe et la malédiction des poètes Regardez regardez ces enfants qui s'en vont dans la vie avec des sifflets et des cymbales Ils jouent avec le feu Ils font les sans-coeur mettent le désordre Ils mêlent tout Ils gâchent tout avec délice Ils se sont munis de la crécelle des lépreux Un raffut du diable et je méprise qui regarde où il met ses pieds Les trompettes ne sont pas faites pour les chiens Et si j’aime marcher moi dans les flaques d’eau Voyez voyez ces enfants ridicules et grandioses... [Lire la suite]
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vendredi 12 février 2016

L'APPEL DES FORÊTS

Ceux qui n’ont pas prêté l’oreille au cœur d’une forêt au moins une fois dans leur vie risquent un jour d’être surpris par leur appel. Je ne l’ai pas été, car j’entends leur voix depuis chaque seconde d’infortune. Ne pas s’éloigner de la route nous a-t-on répété, ne pas s’éloigner de la route, mais la peur n’est-elle pas le danger ? Ainsi quitter le goudron du chemin, quitter les marées noires figées sous nos pas, pour retrouver d’autres sentiers qui connaissent notre route, même si celle-ci ne se lit sur aucune carte visible. Une... [Lire la suite]
samedi 6 février 2016

LETTRE OUVERTE SUITE AU SUICIDE D'UN ENSEIGNANT...DE LA MISERE EN MILIEU ENSEIGNANT...

Mercredi 27 janvier, Vincent, jeune enseignant stagiaire en mathématiques, décide de mettre fin à ses jours. Choquée, l'équipe pédagogique réagit aujourd'hui aux différentes réactions lues et entendues, notamment celle du secrétaire général adjoint de l'académie, niant les conditions de travail auxquelles les professeurs doivent faire face au quotidien. .   Lettre ouverte . . Notre jeune collègue de mathématiques a mis fin à ses jours mercredi 27 janvier 2016. Il avait 27 ans et commençait tout juste dans le métier. Vincent... [Lire la suite]
lundi 18 mai 2015

L'INHABITABLE

L'inhabitable : la mer dépotoir, les côté hérissées de fil de fer barbelé, la terre pelée, la terre charnier, les monceaux de carcasses, les fleuves bourbiers, les villes nauséabondesL'inhabitable : l'architecture du mépris et de la frime, la gloriole médiocre des tours et des buildings, les milliers de cagibis entassés les uns au-dessus des autres, l'esbroufe chiche des sièges sociauxL'inhabitable : l'étriqué, l'irrespirable, le petit, le mesquin, le rétréci, le calculé au plus justeL'inhabitable : le parqué, l'interdit, l'encagé, le... [Lire la suite]
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mardi 20 janvier 2015

LES PIERRES NE SONT JAMAIS DU VENT...

par la rigueur des larmes dans l’éclat des temps passe le brisant des brisants les pierres ne sont jamais du vent vagues froides bouches livres brulés glaces saisons dispersées aux pas des rages perdues mémoires mémoires jamais je n’oublierai faut-il encore un effroi pour faire l’homme de cette ligne de feu montent des cris dansent alors les bâtons fous le long du canal des violons marchent dans un bas quartier oublié les roulottes prient aux routes des poursuites des hontes des mépris les chaînes n’ont pas... [Lire la suite]
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