mercredi 6 décembre 2017

AZRAËL

Ailes mortes, ailes mortes en moi,Tomber, c’est renaîtreHors de la solitude, dans la mer –La mère des âmes égarées, des voyageurs perdusEt des exilés du ciel. Le souvenir de la terre est comme un poidsDe vagues et d’îles ; dans mon sang et mes osLa pesanteur de mon incarnation,Plus forte que ma volonté d’être singulier,Me brise et me détruit, me rappelle en mon lieu. Prisonnier de ma faute, de ma beauté, de mon vouloir,Des cellules de la vie transparentes mais murées,Délivré par la mort innocente, je m’abîme avec joieDans la tombe... [Lire la suite]

vendredi 20 octobre 2017

COMMENT

Comment n’entends-tu pas mon amour silencieux et muet La mer le dit pour moi en battant son jeu de vagues bavardes La pluie l’étale au carrefour Le répète à chaque citerne assoiffée Ou bien le chante en notes discrètes au feuillage surpris Comment n’entends-tu pas le silence du soleil La cadence du silence Ce qui vit en silence dans le jardin des yeux La rancune gonflée d’absence Et la valse immobile des élans étouffés Comment Dire Suggérer Faire comprendre Mes bras toujours tendus Mon corps toujours malade Mon... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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jeudi 19 octobre 2017

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Tels des naufragés de haute mer certains souvenirs s'arrachent à l'oubli par vagues folles aux crocs d'écume, gueules hurlantes d'incendie Longtemps après, je les retrouve parmi les coquillages sur le sable brûlé, paroles exténuées, paroles nues -- lavées de tout. Un chant de femme très doux, la lyre d'une ancienne muse, le vent peut-être...     .   ANNE MARGUERITE MILLELIRI   .        
samedi 14 octobre 2017

D'ICI LE SOIR...Extrait

Une promesse de livre, comme l'eau répandue et le perron de pierre, calcaire prend l'eau de pluie et son souvenir de mer fait naître les mots-fossiles. Je t'offrirai plus que l'eau des livres, plus que les mots. Âme vive, elle est certaine et belle du retour menant au fond des mers comme une ancre prenant au sel sa densité. La mer est une terre de mots et les îles entrent souterraines, alcalines ou solitaires, plus que la page, ce tournoiement des flots, ce tourbillon nos mots ? Ronde ondoyante, enceinte crénelée tendue de toile où... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mardi 26 septembre 2017

CHANT NOIR..

Le silence des pierres je l'entends chanter parfois quand la pluie pianote en rythme sur leurs têtes grises Et la mer mugir quand le vent fouille le ciel en vrac désempile les draps blancs des nuages brise au sol les vases fanés de la colère Le tonnerre je l'entends mille chevaux au galop sur l'eau noire mille soldats en armure déchiquettent l'horizon J'entends battre le coeur de la terre parfois quand il s'arrête en ondes confuses sourdre d'entre les morts battant les champs le sang des fleuves des fleurs des tempes Je... [Lire la suite]
lundi 25 septembre 2017

MER / MARE

Je marche sur mes eaux de femme.Je t’expliquerai qu’il y a une mer saléeet une mer pleine d’amour.La ligne de démarcation a été ma poésie.Avec elle j’ai divisé les mystères de la meret mon propre mystère.Cependant j’ai compris que dans les petites choses,comme ma modeste maternité,il existe des mers infinies.Où s’alternent seiches et larmes,des choses jamais vues et grandeur de Dieu.Et j’ai compris que la poésie est inutile.Comme la beauté de la mer,si on ne pense pas à qui l’a crééequi est un grand mystère.    .   ... [Lire la suite]

dimanche 3 septembre 2017

MES NUITS VEILLENT SUR MOI LE JOUR...

Mais qui es tu, intriguant et fidèle visiteur de mes nuits ? Dans la foule intense et pourtant invisible, ton bras entoure mon cou, ta main s'est arrêtée sur mon épaule je me suis laissée emmener sans essayer de voir à qui appartenait ce collier inattendu et rassurant. Dans un jardin de fleurs sans parfum, assise sur un banc je n'ose te regarder par crainte de te perdre . Derrière , un bruit d'eau , peut- être une fontaine ?  Le son de ta voix ne me parvient pas. Mais qui es-tu, toi que j'espère le soir en... [Lire la suite]
samedi 26 août 2017

POEMES MORTELS...Extrait

Ces joies qui sont comme des douleurs N’en parlons plus laissons ce monde mort écouler ses ruisseaux De sang jusqu’à la mer Laissons la nuit monter et pénétrer le ciel De fulgurante nuit Monde obscur et maudit dont le poids me soulève Je vous charge des peurs, je vous charge des maux Et du feu qui me ronge Et je reste un vaincu au bord de ce présent Fatal et dépouillé de gloire et de révolte. Je meurs lentement de vivre entre moi-même Et la malédiction de ces jours inutiles.   . . .   JACQUES PREVEL .   . ... [Lire la suite]
vendredi 18 août 2017

SANCTUAIRE ...Extrait

Tu sors, un matin Tu sors, un matin du vieil août, Dans la brume, fraîcheur d'automne : Un soleil jaune sourd rayonne, enseveli, D'un amas de nuées : troupeaux, troupeaux d'orages Qu’un grand souffle harcèle ! Passant d'un horizon Où fument des nuages Au pis marbré d'éclairs, Tout hérissé d’une pensée impatiente, Je descends vers une saison De mélancolie dont s’éloignent Les oiseaux anxieux, Où reviennent déjà les pluies du bout du monde ... L'été majeur emporte au loin ses ailes pourpres ! Et meurent les midis vertigineux d'or... [Lire la suite]
mercredi 12 juillet 2017

UNE HISTOIRE DE BLEU...Extrait

Ne rechigne pas à la dépense. Quand tu ne lui arracherais que des loques, il te faut écrire comme si tu devais liquider la mer. Les mots sont tout ce qu'il te reste : lance toi à l'assaut de ce bleu. Tu dois courir encore derrière la mer. Il t'appartient d'en modifier la teinte, comme de recolorer de temps en temps le ciel, et de rhabiller ses fantômes avec des vêtements neufs. Pour se perpétuer, l'invisible a besoin de figures. L'infini est avide de formes. Il ne prend corps que sur ses bords où se conjoignent le large et le rivage,... [Lire la suite]