dimanche 5 juin 2022

LA NAISSANCE DU JOUR...Extrait

« Monsieur,« Vous me demandez de venir passer une huitaine de jours chez vous, c'est-à-dire auprès de ma fille que j'adore. Vous qui vivez auprès d'elle, vous savez combien je la vois rarement, combien sa présence m'enchante, et je suis touchée que vous m'invitiez à venir la voir. Pourtant, je n'accepterai pas votre aimable invitation, du moins pas maintenant. Voici pourquoi : mon cactus rose va probablement fleurir ! C'est une plante très rare, que l'on m'a donnée, et qui, m'a-t-on dit, ne fleurit sous nos climats que tous les quatre... [Lire la suite]
Posté par emmila à 23:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

vendredi 27 mai 2022

DEVANT DU LINGE ETENDU PAR MA MERE, AU VILLAGE

  Linge étendu par les bras roses de maman! Primitive épreuve de la cuve aux cendres de sarment... œufs à la neige du savon... Franches gifles du battoir... Décisives caresses du puits... Très pure corde allant de l’azerolier à ce trophée d’oreilles d’éléphant que semble le figuier... Puis les épingles tutélaires... Enfin, sur toutes ces candeurs flottantes, les lingots subtils du soleil vierge... Linge étendu par ses bras roses! Hosties... Lins d’aube... Nénuphars de brise... Pages de pâquerettes... Pans de lune... ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:05 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
jeudi 26 mai 2022

LA NAISSANCE DU JOUR...Extrait

« Je suis la fille d’une femme qui, dans un petit pays honteux, avare et resserré, ouvrit sa maison villageoise aux chats errants, aux chemineaux et aux servantes enceintes. Je suis la fille d’une femme qui, vingt fois désespérée de manquer d’argent pour autrui, courut sous la neige fouettée de vent crier de porte en porte, chez des riches, qu’un enfant, près d’un âtre indigent, venait de naître sans langes, nu sur de défaillantes mains nues… Puissé-je n’oublier jamais que je suis la fille d’une telle femme qui penchait, tremblante,... [Lire la suite]
Posté par emmila à 04:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 15 décembre 2021

EN BUVANT DU LAIT

On discute de coups d'état de jeunes reines profanées de sphynx soumis à la question d'inquiétantes razzias nocturnes On parle d'ecorcher le temps pour effacer ses tatouages Se dresse l'inventaire des espèces charnelles La mémoire de sang réinvente l'amour dans la nuit du destin au delta de dentelle La bagarre c'est la bagarre donneurs de sang buveurs de sang regardez-vous embrassez-vous enivrez-vous de ces liqueurs délictueuses qui démentent tous les proverbes tombant en juste pourriture au gibet de la liberté C'est... [Lire la suite]
Posté par emmila à 11:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
jeudi 9 septembre 2021

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Le silence ininterrompu de la mer, ses cris d'oiseaux sauvages, ses arabesques d'ailes sur la peau... La peau de la mer est un parchemin bleu silence. Elle est solitude tissée grisée vert -- ce vert innommé des yeux de ma mère. L'amour la solitude / la mort la solitude / la mer la solitude -- La seule étude est tout entière dans ce message musical. Sans elle, nos peaux se touchent peut-être, les corps entrouverts s'entremêlent -- ne se mélangent pas. Sans ailes, il n'est de clé d'aucun ciel . . . . . ... [Lire la suite]
mercredi 16 décembre 2020

SOUS LE SEIN D'UNE MERE....

En pensée avec ma fille Vincia . . Une rose croît, se multiplie sans fin Sous le sein d'une mère Frêle cocon d'ouate Couleur d'amande amère et de corail Qui sent bon le bonbon Qui sous la langue fond Et vous monte à la bouche Comme par inadvertance Au détour d'un chagrin A cause d'une absence D'un mot tracé sur la buée d'un carreau S'écoulant en longues larmes d'eau . Lorsque la main divine en deux ouvre la mère Il en pleure toujours une fontaine claire A la claire fontaine Il y a longtemps Bien avant la... [Lire la suite]

lundi 4 mai 2020

SAIT-ON JAMAIS

  Si tu es, comme il m’arrive de l’espérer encore,capable d’apercevoir le même azur que mes yeuxet de reconnaître les routes où je m’aventuredepuis l’alvéole où parfois je ne peux t’enfermerpar refus de laisser m’anéantir la lassitude,(ou d’abdiquer sans remède la recherche d’un sens),alors peut-être, en échappant aux faits de sciencees-tu là, telle que je peux encore t’espérer. Si tu regardes, tu sais que je ne trahis jamaisla parole que nous nous sommes donnée sans réserveet qu’après toi sans faille je m’efforce... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , ,
dimanche 22 mars 2020

JUDITH CHAVANNE...Extrait

Chutent les pétales du cerisier, ailleurs, un enfant naît ; de légers pétales dans le vent, une déflagration pour la femme de douleur, douceur infinie comme doit l’être le velours des fleurs. Le cerisier naît peu à peu à son été, l’enfant à la vie, soudainement ; c’est l’événement d’un jardin un instant et de qui le regarde, l’évènement d’un âge, de toute une vie durant. Mais la femme est présente au pétale comme à l’enfant. Avec le temps, s’approfondit l’espace de résonance ; il n’y a peut-être pas de moindre ni... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,
samedi 13 avril 2019

MARIN MON COEUR...Extrait

... Nous avons coutume ici d’accueillir des enfants, c’est-à-dire de les mettre au monde comme ailleurs on capture des éléphants sauvages. Ceux qui capturent les éléphants sauvages afin de se les approprier se doivent de développer une argumentation suffisamment forte pour convaincre l’éléphant que sa vie en captivité sera mille fois plus belle que celle qu’il aurait pu vivre à l’état naturel. Cette argumentation prenait chez les Thaï la forme d’un poème forcément long car bourré de mensonges et le poème prenait forcément... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:47 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , , , , ,
samedi 16 mars 2019

L'AVENIR SEUL...Extrait

Et je l’ai rêvé et le rêve,Un jour le rêverai encore,Tout se répétera, tout se réalisera,Vous rêverez tout ce que j’ai vu en rêve. Là-bas, de notre côté, du côté du mondeLa vague poursuit la vague et bat le rivage,Et sur la vague l’étoile, l’homme et l’oiseau,Et le rêve, le réel et la mort – vague après vague. Pas besoin de date : j’étais et je serai,La vie est le miracle des miracles, et sur mes genouxComme un orphelin j’assois ce miracle, Seul au milieu des miroirs – dans le cercle des refletsDes mers et des villes qui... [Lire la suite]