vendredi 13 octobre 2017

MOUETTE, MA MOUETTE !

- Si je te donnais un pinceau, ma mouette, Qu’en ferais-tu ? - Je peindrais, avec, un grand soleil radieux Et des arcs-en-ciel sur tous les cieux ! - Si je te donnais un crayon, ma mouette, Qu’en ferais-tu ? - J’écrirais, avec, des chansons pour les enfants, Je dessinerais, sur les mâts des bateaux, Les cimes des montagnes, là-haut, Et sur les pages des voiles, Les pas fleuris du printemps avançant, Avec ses myriades d’étoiles Gazouillant, à saute-moutons, au firmament ! - Et si je te donnais une gomme, ma mouette, ... [Lire la suite]

vendredi 22 septembre 2017

L'OISEAU

Quand ton cœur de mésangePénétrait mon cœurJe te faisais patte blancheJ’arrondissais mes paumesSur ton rêveOù se cachaitL’oiseau abandonné Il volait dans ma têteL’oiseau du crépuscule doréSans jamais se blesser les ailesAux parois de mon crâneIl restait prisonnierJusqu’au petit matin Les trilles de l’auroreForçaient les nuagesJe me tenais deboutAu bord de l’oragePour le voir s’envolerJusqu’au retour de la nuitOù je l’attendais   .  JEAN  BOTQUIN   . Oeuvre Ade Adesina
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dimanche 6 août 2017

PARLEZ, VOUS AVEZ TROIS MINUTES / HABLEN, TIENEN TRES MINUTOS

M’en revenant de promenade où j’ai cueilli une petite fleur pour te tenir entre mes doigts l’espace d’un instant et bu une bouteille de beaujolais pour descendre dans le puits où dansait un ours-lune, dans la pénombre blonde de la lampe j’accroche ma peau et je sais que je serai tout seul dans la ville la plus peuplée du monde. Pardonne-moi l’hystérie de cet inventaire, entre rat qui se débine et plaintive morphine, mais il fait froid, la pluie tombe sur ma tasse de café, et sur chaque demi-lune l’humidité lustre ses pattelettes... [Lire la suite]
mardi 1 août 2017

SONATINE POUR PIANO

Viens ici, faisons une poésie qui n’ait senteur de rien et cependant tout dise, et soit ruisseau de sons grêles qui dans les sables se perd et meurt quand son murmure s’amenuise ; faisons une sonatine pour piano à la Maurice Ravel, petite musique incohérente mais sans complications, de toute façon crois bien qu’à gratter le fond point de sens ; faisons quelque chose d’un genre léger.   Viens ici, point même besoin d’aller déranger la Nature avec ses graves paysages et les pyrotechniques astrales ; nous n’irons... [Lire la suite]
dimanche 9 juillet 2017

DEMETER

Jouissance, en étroit contact    l'argile fraîche et ma peau.    Chemins ouverts    sources bavardes    résineux    et térébinthes    désordre d'herbes,    c'était jouissance...    Un stylet    a pris place en mon âme.    Maintenant sans mâture    tout a goût de cendres    tout m'est étranger    indifférent.    Jambes fantômes... [Lire la suite]
dimanche 9 juillet 2017

SERGE VENTURINI...Extrait

Pour notre âme, les hommes sont des cristaux :ils sont la nature transparente. Novalis   La poésie est transparence de l'invisible. Elle est dans la recherche charnelle de la transparence aux lèvres sensuelles, au galbe des formes de la femme ronde, même si le plus souvent elle n'apparaît qu'en formes décharnées d'anorexique. Si la beauté est fille de l'invisible, elle occupe toute la place en sa rose iridescence nacrée. Pour le voyant, la beauté est irradiante. Son impact est percussion et tumulte. Elle foudroie dans sa... [Lire la suite]

dimanche 25 juin 2017

LE DESERT ECLAIRE DU MINOTAURE

Je sais de l’Europe que son nom est grec, il veut dire Grands Yeux. Je sais qu’elle fut enlevée dans une région de l’actuel Israël par le roi des Dieux, Zeus, qui l’emmena en Crète. Je sais qu’elle fut la mère de Minos, constructeur du plus célèbre labyrinthe de l’histoire. Ce parcours à reculons m’aide à savoir que l’Europe d’aujourd’hui est apparentée à un édifice labyrinthique aux nombreuses entrées et sans issue. Avant tout, sans issue : du format Europe on ne revient pas en arrière. Son union monétaire retient ses membres, comme... [Lire la suite]
lundi 12 juin 2017

LE TEXTE NATAL

Ne désespère pas d’enfin trouver la métaphore de ce qui apparaît sans naître et n’ose vraiment apparaître : vie de plume, vie de vent, vie soufflée, vie rêvée, en filigrane ou murmurée et quand la séquence s’efface dans les brumes d’et caetera, fatigué de ces tropes qui le tirent vers le Sensible, retourne vers son lieu, texte flou, texte trouble, son texte d’origine, traduit de ce qui pourrait être une langue ou un idiolecte d’un âge présymbolique, linéaire B d’une enfance qui cherche vainement son sens dans les yeux éteints d’un... [Lire la suite]
mercredi 7 juin 2017

NUAGES ET PIERRES...Extrait

Merci à Marie-Paule et Raymond Farina Rien, sous le ciel, n’est plus proche de la littérature que l’eau. Elle part soudain tout droit ou soudain change de cours. Elle couvre et découvre le ciel ; en un instant, une sombre nuée s’étend à l’infini.... Ténue, c’est un voile de soie ; en tourbillon, c’est l’œil d’un tigre ; en cascade c’et un rayon céleste ; dressée, c’et un mont de jade ; déployée, c’est un dragon ; éparpillée, c’est la brume ; inspirée c’est le vent ; irritée, c’est le tonnerre. Rapide ou lente, nonchalante ou... [Lire la suite]
mardi 30 mai 2017

LES ECRITS DANS L'ARBRE...Extrait

Si j’écris un vers à même le songe de ta peau. Ce sera pour ton dos. C’est beau la cambrure des mots. Si j’écris un vers qui tombe dans le verbe de tes seins ce sera un poème jumeau et serein. Si j’écris au pied de la cathédrale de ton âme ce sera pour le vitrail de tes yeux et pour la patience de la flamme. Si j’écris un vers pour tes collines de lumière ce sera la frondaison du désir et le vin de résines. Si j’écris un vers à l’oreille des sources ce sera la pente et les frissons. Si j’écris un mot sur tes cuisses ce sera de l’eau... [Lire la suite]