vendredi 2 juin 2017

LES OBSCURCIS...Extrait

Elle s'invente un jardin     Y met un arbre avec son ombre d'origine     ses oiseaux polyglottes     ses feuilles en papier d' Arménie    des fruits mâles des fruits femelles    qui se battent comme des chiffonniers    se réconcilient sur l'oreiller   et cette fleur riche d'une aile qui fait son miel dans la couche du   bourdon     .     VENUS KHOURY - GHATA     . Photographie Delbay     ... [Lire la suite]
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mercredi 3 mai 2017

OUBLI

Ferme les yeux et perds toi dans l'obscurité sous le feuillage rouge de tes paupières. Enfonce toi dans ces spirales du son qui bourdonne et tombe, et rêve là bas, lointaine, jusqu'au site du tympan, comme une cataracte assourdie. Plonge ton être dans les ténèbres, noie toi dans ta peau, et plus profondément, dans tes entrailles; que l'os, livide éclair, t'éblouisse et t'aveugle, et entre des cimes et des golfes sombres qu'ouvre son panache bleu le feu follet; Dans les ténèbres liquides du sommeil trempe ta nudité; abandonne ta... [Lire la suite]
mercredi 19 avril 2017

PASSAGERE DE LA DUREE...Extrait

Ce temps composé de fragments d'éternité lorsque tu implosais en mille rayons de fruits ce temps mitoyen et distant pareil aux grilles du désert où l'on attache les chevaux de l'eau aux pieds en flamme.   Ce temps de presque rien où tu vivais de fines embrasures d'un brin de matin d'un souffle de feuillage fraîche vocalise dan la gorge.   Ce temps de nul temps sans repères ni boussole où tu mourrais de morsures de fleur en plein poumon du chagrin de l'abeille d'une griffure d'oiseau de sel à même la... [Lire la suite]
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mercredi 12 avril 2017

RENCONTRE

L'été longe ses haies vives,pique un verger au revers de sa veste.Dans ses cheveux, un pré s'est endormi.Le moineau, tout surpris, y cherche ses petits.Sous l'enclume du ciel jaillissent des rousseurs,arrosant, de leur jus, le dos des chemins.Barbouillés de résine, pris en flagrant délitde chahut fastueux,les pins rattrapent les oiseauxqu'ils avaient lancés trop loin.Le clapotis de leurs aiguillesinvoque la merqui, là-bas,rutile et patauge,enfant doré dans les flaques vermeilles.Toi, je ne te connais pas encore.Mais, déjà, à l'angle... [Lire la suite]
dimanche 12 février 2017

UN CAHIER DANS MA POCHE

Il neige comme un lait renversé. Un cahier dans ma poche me sert de fenêtre. Quand je le sors et l'ouvre, je vois la mer et les oiseaux, le bleu du ciel qui surnage, des pages pleines de cerfs-volants. Ça sent la résine entre les mots, le sapinage entre les lignes, l'espoir en bout de page. J'y ramasse avec les yeux la terre des forêts. Les mots d'amour ne sont jamais perdus. Ils rejoignent ce fleuve qui nous maintient en vie. C'est par les yeux que j'entre dans le monde, par les mots que j'en sors. Quand on perd son enfance, adulte,... [Lire la suite]
lundi 30 janvier 2017

ÉQUATEUR ABSOLU

Brûlante ligne froide Comment fait le soleil pour apaiser les îles ? Je suis ici avec mes deux mains inutiles Cherchant une évidence aveugle dans le blanc La Terre est bleue comme une orange et point d’orange L’espace autour de nous définit le marteau CASSER Derrière il y a le temps des fluidités Et sous l’arbre ainsi que fourche de la femme Il y a la pulsation et le malheur du sang Brûlante ligne froide Dans le jardin de la concentration L’homme et la femme et les étrangetés du monde Elle est peut-être... [Lire la suite]

lundi 23 janvier 2017

A MOTS OUVERTS

 à André Chenet et Tristan Cabral . Une pluie folle arrache la chemise des arbres. Les feuilles volent au vent comme des boutons qui pètent. Je vois les mots sortir des choses. Je les attrape au vol. Je ne joue pas aux mots comme on joue au soldat. J’en fais des parapluies, des bottines, et quelques fois des vers. Pour qu’une phrase se tienne, il faut placer les mots à la bonne place. Un semblant d’équilibre met la phrase en mouvement. La phrase n’est qu’un fil traversant le néant. Un mot mal placé suffit pour que... [Lire la suite]
dimanche 18 septembre 2016

LES PAS DE L'EAU...Extrait

La vie n'est pas cette chose que nous oublions, toi et moi, L'ayant égarée naguère dans la niche de l'habitude. La vie est cette main tendue qui s'apprête à cueillir Les premières figues noires dans la bouche acre de l'été, La vision qu'offre l'arbre aux yeux multiples des insectes, La sensation étrange qu'éprouvent les oiseaux migrateurs, Le sifflement d'un train qui vire dans le rêve d'un pont, La vie est reflet multiplié par le miroir, Fleur "à la puissance de l'éternité", Elle est : terre amplifiée par nos battements de cœur,... [Lire la suite]
mercredi 7 septembre 2016

CE QUE JE DOIS AU FROISSEMENT DU THYM ( Hommage )

Les choses sont là et je suis à elles, absentes ou sous mes yeux. Ainsi je nais au chèvrefeuille en plein soleil, à l'escargot sous une acanthe un jour de pluie, au figuier dans la pénombre. Et dans les plis ombre et lumière jaillit comme un défaut, un manque ; l'air vibre, l'horizon, tout soudain, c'est l'absence de toi, de toi à l'instant si lointaine. Le sang cherche à régler son pouls, le paysage que tu enrobes se déploie, inflexions bombements buissons sillons rivière, les remuements du cœur dans les frissons du frêne, ciel lavé,... [Lire la suite]
vendredi 26 août 2016

ALAIN DUAULT

« Être poète, c’est regarder le monde avec des mots. C’est être constamment sur le qui-vive — en entendant : qu’ils vivent, les mots, les hommes, les oiseaux. C’est-à-dire : que la beauté les sauve et invente une langue qui ouvre ses portes vers des couloirs nouveaux, déplie les temps trop sages, brise la mer gelée des évidences. Être poète, c’est avoir des oiseaux dans la bouche, courir le ciel, gravir le vent avec des semelles trouées comme un parapluie. C’est, guetteur mélancolique, être sujet aux langoureux vertiges. C’est vouloir... [Lire la suite]
Posté par emmila à 22:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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