samedi 28 avril 2018

CHÂTEAUX DE SABLE

Merci Adélita   . Pourquoi ne m'as tu pas dit que tu étais en train de bâtir ce château de sable ? C'eût été si beaupouvoir entrer par son petit portail,parcourir ses couloirs salés,t'attendre aux parterres de coquillages,en te parlant depuis le balconavec la bouche pleine d'écume blanche et transparentecomme mes mots,ces mots frivoles que je te dis,qui n'ont rien de plus que le poidsde l'air entre mes dents. Il est si beau de contempler la mer. Elle aurait été si belle la merdepuis notre château de sable,pourléchant le... [Lire la suite]

lundi 19 février 2018

THIERRY METZ

Fraîcheur qui défie le selRiveraine de nos soifs –Un peu d’eauEt la trace libère une envolée de feuilles clairesRécitantesAu poème buissonnier de l’enfant Seul tu franchis la passe de l’ÉpineuseSeulTu reviens par le chemin exposéAux rudesses du bâtisseur.Et à son chant. Sur les margelles de nos puitsTes cailloux éclatentBaie succulenteEt douces à nos mainsTes graines dans les jardins du livre. .  . .   THIERRY METZ   . .   .  
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mardi 23 janvier 2018

EAUX

  Eaux de nos lits et de nos lies,Murmures de nos vieilles vies,Eaux descendues de nos vallées,De notre corps et de nos palmes,Eaux si profondes et si calmes,Eaux des campagnes, des forêts,De nos galets, de nos galops, Eaux des baptêmes, des noyés,Eaux des goulots et des rosées,Débordements des embouchures,De toutes ces forces qui durent,Eaux des courants, des eaux mourantes,Eaux des écluses, des errantes,Eaux de nos rives, de nos os, Eaux de silences et de songes,De nos secrets, de nos mensonges,Eaux calmes, vives ou... [Lire la suite]
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mardi 27 juin 2017

LES JARDINS DE L'ARTHROSE ‒ Extrait 1 et 2

Van Gogh a peint ce soleil qui répand son soufre sur les jardins de l'arthrose Comment en verrions-nous la lumière aveuglante Mais nous savons que c'est ici à des fractures mal scellées à des divorces de jointures à de froides incandescences Il m'arrive l'image noire de buissons retournant contre eux-mêmes leurs épines greffes de la folie Les oiseaux ne se posent pas ils s'accrochent à quelque défaut de paroi à quelque frottement de branches contrefaites ils ne jouent de la flûte ni du violon mais du bec cela fait ... [Lire la suite]
mercredi 3 mai 2017

OUBLI

Ferme les yeux et perds toi dans l'obscurité sous le feuillage rouge de tes paupières. Enfonce toi dans ces spirales du son qui bourdonne et tombe, et rêve là bas, lointaine, jusqu'au site du tympan, comme une cataracte assourdie. Plonge ton être dans les ténèbres, noie toi dans ta peau, et plus profondément, dans tes entrailles; que l'os, livide éclair, t'éblouisse et t'aveugle, et entre des cimes et des golfes sombres qu'ouvre son panache bleu le feu follet; Dans les ténèbres liquides du sommeil trempe ta nudité; abandonne ta... [Lire la suite]
mercredi 19 avril 2017

PASSAGERE DE LA DUREE...Extrait

Ce temps composé de fragments d'éternité lorsque tu implosais en mille rayons de fruits ce temps mitoyen et distant pareil aux grilles du désert où l'on attache les chevaux de l'eau aux pieds en flamme.   Ce temps de presque rien où tu vivais de fines embrasures d'un brin de matin d'un souffle de feuillage fraîche vocalise dan la gorge.   Ce temps de nul temps sans repères ni boussole où tu mourrais de morsures de fleur en plein poumon du chagrin de l'abeille d'une griffure d'oiseau de sel à même la... [Lire la suite]
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mercredi 12 avril 2017

RENCONTRE

L'été longe ses haies vives,pique un verger au revers de sa veste.Dans ses cheveux, un pré s'est endormi.Le moineau, tout surpris, y cherche ses petits.Sous l'enclume du ciel jaillissent des rousseurs,arrosant, de leur jus, le dos des chemins.Barbouillés de résine, pris en flagrant délitde chahut fastueux,les pins rattrapent les oiseauxqu'ils avaient lancés trop loin.Le clapotis de leurs aiguillesinvoque la merqui, là-bas,rutile et patauge,enfant doré dans les flaques vermeilles.Toi, je ne te connais pas encore.Mais, déjà, à l'angle... [Lire la suite]
dimanche 12 février 2017

UN CAHIER DANS MA POCHE

Il neige comme un lait renversé. Un cahier dans ma poche me sert de fenêtre. Quand je le sors et l'ouvre, je vois la mer et les oiseaux, le bleu du ciel qui surnage, des pages pleines de cerfs-volants. Ça sent la résine entre les mots, le sapinage entre les lignes, l'espoir en bout de page. J'y ramasse avec les yeux la terre des forêts. Les mots d'amour ne sont jamais perdus. Ils rejoignent ce fleuve qui nous maintient en vie. C'est par les yeux que j'entre dans le monde, par les mots que j'en sors. Quand on perd son enfance, adulte,... [Lire la suite]
lundi 30 janvier 2017

ÉQUATEUR ABSOLU

Brûlante ligne froide Comment fait le soleil pour apaiser les îles ? Je suis ici avec mes deux mains inutiles Cherchant une évidence aveugle dans le blanc La Terre est bleue comme une orange et point d’orange L’espace autour de nous définit le marteau CASSER Derrière il y a le temps des fluidités Et sous l’arbre ainsi que fourche de la femme Il y a la pulsation et le malheur du sang Brûlante ligne froide Dans le jardin de la concentration L’homme et la femme et les étrangetés du monde Elle est peut-être... [Lire la suite]
lundi 23 janvier 2017

A MOTS OUVERTS

 à André Chenet et Tristan Cabral . Une pluie folle arrache la chemise des arbres. Les feuilles volent au vent comme des boutons qui pètent. Je vois les mots sortir des choses. Je les attrape au vol. Je ne joue pas aux mots comme on joue au soldat. J’en fais des parapluies, des bottines, et quelques fois des vers. Pour qu’une phrase se tienne, il faut placer les mots à la bonne place. Un semblant d’équilibre met la phrase en mouvement. La phrase n’est qu’un fil traversant le néant. Un mot mal placé suffit pour que... [Lire la suite]