samedi 14 juillet 2018

ANA NON...Extraits

Ma solitude, c'est quatre lits où s'épanouissaient quatre corps d'hommes, jadis. Vides, les lits. Morts, les hommes. Ma solitude, c'est une barque blessée dans son corps , qui se dessèche au bord de la mer, barque désertée que n'accueille plus le salut des mouettes tous les petits matins de la joie du retour. Ma solitude, c'est ce nom heureux que je ne pourrai pas donner à mes petits-enfants, morts avant d'être nés. Ma solitude, c'est ce nom de grand-mère que je n'entendrai jamais, sauf dans le trou noir de mes rêves. ... La main... [Lire la suite]

dimanche 8 juillet 2018

DERRIERE LA PORTE

Un jour sur terre, le swing de la misèreDégoulinant de l’étagère à ampères Illuminera les dernières miettesLes restes d’un festin et les verres videsDe la clémence enlacée en paupiettesSur la table « nostre » dépitée de lipidesLe flux du pain chaud aux rizières du pauvreLe combat du ventre chez le concierge du criDes images flottent entre les dents du loupCe n’est pas chez toi, mais chez les autresCe n’est pas du blé, cela ne fait pas un pli Des images flottent encore où l’hostie n’est plus La souffrance efface la... [Lire la suite]
mardi 5 juin 2018

CHERCHEURS D'EAU

Ils ont coupé les arbresIls ont volé nos ruisseauxIls ont chassé les nuagesEt nous on manque d'eauIls ont sorti les armesIls disent qu'on est de tropOn n'a même plus de larmesTellement on manque d'eauOn était des nomadesOn menait les troupeauxAux maigres pâturagesOn était chercheurs d'eauOn nous a mis en cagesDans des parcs à bestiauxMême dans les miragesOn ne trouve plus d'eauLe monde nous regardeCertains chantent pour nousUne goutte de sableDans une mer de caillouxIls ont coupé les arbresIls ont volé nos ruisseauxIls ont chassé les... [Lire la suite]
jeudi 22 février 2018

MOMENT VITAL

Plus que deux mots Dans ma besace de misère, à côté du couteau au manche d’olivierDont j’ai tordu la pointe dans je ne sais quelle rencontreEt de la ficelle, du mouchoir bleu, à plonger dans la merQu’il devienne rougeDe ces hontes dont nous détournons les yeuxNe sont ils pas de notre espèce, ceux qui nagent, s’étouffent et s’enfoncent,Et sont ce des statues ces enfants pétrifiés couverts de cendreDans des villes crevées par les bombes vendues par nos pays ?Quels pays ? nous n’en sommes plus que les esclaves muets,Pendant ce... [Lire la suite]
dimanche 11 février 2018

PARIS SANS ABRIS - SANS-ABRI ....!

Paris comme un rêve au petit jour que la grisaille grime Paris du pont Mirabeau    des rimes Apollinaireallant à vau l'eau Paris que les bords de Seine des canotiers chers à Maupassantdistancent sans autres nouvelles que les larmes des saulesendeuillés Paris Carco       Paris Aragon des jours heureux des jours enfuis Paris Montmartrede nos rêveries Paris        Quai des Brumes amour-poésie où êtes-vous Mais... [Lire la suite]
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dimanche 7 janvier 2018

NOËL...

J’en ai assez de votre bonne conscienceJ’en ai assez Messieurs-je-sais-toutJ’en ai assez de votre omniscienceJ’en ai assez de vos airs de toutouJ’en ai assez Voici Noël et ses marchands du templeVoici Noël et ses soldes à deux sousVoici Noël et ses feux qu’on contempleVoici Noël, la misère en dessousVoici Noël Qu’a-t-on gardé de la Nativité ?Qu’a-t-on gardé du mystère divin ?Qu’a-t-on gardé de la céleste cité ?Qu’a-t-on gardé du sang changé en vin ?Qu’a-t-on gardé ? On m’avait appris naguère le miracleOn m’avait appris le visage... [Lire la suite]

dimanche 10 septembre 2017

ZOHRA MRIMI

On m' a appris à souffrir Mais pas à vivre Alors j' ai ouvert un livre Je n' ai retenu qu' une seule phrase Les livres sont faits d' eau De précieux mots On écarte tout ce qui retarde cette traversée Je m' en vais rejoindre l' hiver L' histoire glisse sur ce grand désert vêtu de Blanc Sur terre Gèle la misère   .     ZOHRA MRIMI     .       Oeuvre Jungho Lee
Posté par emmila à 10:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mardi 5 septembre 2017

REVEILLES TOI AMOUR

Bonjour buon giorno guten morgen réveille-toi amour et prends note uniquement dans le tiers monde quarante mille enfants meurent par jour dans le placide ciel dégagé flottent les bombardiers et les vautours quatre millions d'êtres ont le sida la cupidité dépouille l'Amazonie   buenos dias good morning réveille toi sur les ordinateurs de la grand mère ONU on ne peut plus mettre plus de cadavres du  Rwanda les fondamentalistes décapitent des étrangers le pape prêche contre les préservatifs  Havelange... [Lire la suite]
lundi 21 août 2017

ECRIT SUR UN TRONC D'OLIVIER

 Parce que je ne file pas de laine Parce que je suis chaque jourAux mandats d’arrêtsEt ma maison exposéeAux descentes de policeAux perquisitionsAux « opérations de nettoyage »Parce que je suis dans l’impossibilitéD’acheter du papierJe graverai tout ce qui m’arriveJe graverai tous mes secretsSur un olivierDans la cour de ma maisonJe graverai mon histoireEt les volets de mon drameEt mes soupirsSur mon jardinEt les tombes de mes mortsEt je graveraiToutes les amertumesQu’effacerai le dixième des douceurs futuresJe graverai le... [Lire la suite]
vendredi 4 août 2017

LE CLOWN SE MEURT

Je nais chaque fois que je monte sur scène  Un gros nez rouge sur mon visage blême  Je suis l’enfant dont je me souviens bien  Un homme d’esprit, un poète du rien    J’attrape le ridicule et le fait tournoyer          Avec l’élégance des désespérés  Je suis le fou qui transforme les blessures  Des âmes fêlées de mille et une brisures      Je jongle avec mon ballon pathétique  Entre tristesse et vérités cyniques  Mes... [Lire la suite]
Posté par emmila à 10:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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