samedi 15 juillet 2017

TANT DE CORPS ET TANT D'ÂME

Captifs de l'étrange machine Qui nous mène de vie à trépas En quel lieu de ce corps en fonction De ce sang qui déambule Se fixe l'être Bâti d'élans de songes de regards Qui parle les langues du silence Qui devance mots et pensées? Qui prononce notre mort Qui instaure notre vie Qui présence ou absence Dans la mêlée des vallées et des gouffres Nous prodigue Cette sarabande de rixes et de roses Nous assigne Ce pêle-mêle de discordes et d'harmonies? Qui tissant ensemble tant de corps et tant d'âme Nous imprègne de passé Nous génère... [Lire la suite]

vendredi 16 juin 2017

LA LUMIERE DU MONDE

Jamais le monde n’a été aussi fort. Le terrorisme tel qu’on le connaît historiquement ne réussit qu’à renforcer le système qu’il prétend attaquer, bien que certains de ses membres aient pu avoir des têtes d’anges. Jamais la négation de l’âme n’a été aussi forte et tranquille. L’esprit n’est plus même nié, c’est plus sournois qu’une négation. Nous sommes comme des prisonniers dont le corps seul aurait le droit de sortir. L’âme va rester vingt-quatre heures sur vingt- quatre en prison : le reste, le clinquant, c’est seulement cela qui... [Lire la suite]
vendredi 16 juin 2017

JE COURS LES MAINS VIDES

J’ai l’intention de toucher à la larme des fleurs, à l’épaisseur du moindre souffle empoté comme une confiture de muguet. Certains creusent, d’autres amassent la terre du trou. La terre, notre terre est à chacun. Je glisse sur le dos du monde et mon corps avance tout seul. L’enfance que je n’ai pas eue se cache dans le foulard de son anniversaire. Je tiens la vie comme une culbute, comme une dégringolade du vertige que le chaos embrassait. Je porte en moi l’immense récipient de la foudre et des feuilles mouillées. Dans le parfum du... [Lire la suite]
jeudi 15 juin 2017

HORS-SAISON ( A PARAÎTRE )...Extrait

Ici se décourage, ou quelque chose comme ça. L'inconséquence de l'espèce, ses papiers gras, ses souillures, ses mensonges, ses illusions, ses cacophonies, ses hue et à dia, épuisent. Dans les arbres souffreteux, des oiseaux claquent du bec, ils survivent. Sur les branches noires du peu, la saison triste est un mouroir. Une mauvaiseté infléchit les endurances, martèle à petits coups d’ongles jusqu’à la plaie. Pourtant, la prévalence du moindre cède toujours devant le rire d'un enfant soufflant sur les akènes des fleurs de pissenlits. ... [Lire la suite]
dimanche 11 juin 2017

VIE EN VRAC

Les dieux sont sans paroles, le temps n'a ni entrée ni sortie, l'histoire pas de porte. Mais la lumière trouve en toi son origine, et tu brilles Dans les pierres ensevelies, dans les cendres des nations mortes, dans les mots perdus, la patience des saisons.   .    LIONEL RAY " Comme un château défait "     . Oeuvre Bernard Buffet
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jeudi 8 juin 2017

J'OUBLIE

J'oublie Gaza la Tchétchénie Guantanamo. J'oublie les écoles incendiées et les enfants brûlés vifs les parents aux yeux éteints - d'où toute lumière a soudain disparu. J'oublie les enfants bourrés de résidus chimiques ceux qui à chaque instant frappent à la frontière d'une vie inconnue. Mais personne ne leur ouvre. J'oublie le fanatisme des matches de football l'éternelle bousculade les braillements des spectateurs qui veulent leur mamelle. J'oublie ceux qui luttent pour davantage de vacances davantage de temps sans les... [Lire la suite]

dimanche 4 juin 2017

ALLEZ-Y

Je ne veux plus parler des corps alignés par terre Dans leurs sacs Ni du troupeau serré dans les barrières qui rue Et vous comptez Un égorgé ici et quatre vingt ailleurs brûlés Mille au fond de la mer Et il y aurait à Londres des Français dans le lot C’est plus grave Que si c’était des Polonais ou des Inuits ou des Espagnols Et les barrières Autour des bœufs et des poules élevés en batterie Se resserrent Les sabots les cornes les becs les ergots se barbouillent D’innommable rouge On évalue selon la statistique qu’à eux seuls ils... [Lire la suite]
jeudi 1 juin 2017

SENS, PRESENCE, ABSENCE, CONSCIENCE

Sens…vous avez dit « sens » ?Y a-t-il un sens à la quête de sens de l’Homme ? Et si sa quête de sens était une quête de sens interdit ?Comment interpréter la présence, chez l’Homme, de la conscience ?La conscience humaine, n’est-ce pas d’abord une manière de se tenir hors du monde, hors de tout ? N’est-ce pas, d’abord, le sentiment d’une radicale séparation ? D’une altérité qui pousse à harceler le monde, vu comme extérieur, de questions, quand ce n’est pas  à se harceler soi-même de questions sur soi-même ? Il y aura... [Lire la suite]
dimanche 28 mai 2017

LES ESPACES DU SOMMEIL

Dans la nuit il y a naturellement les sept merveillesdu monde et la grandeur et le tragique et le charme.Les forêts s’y heurtent confusément avec des créatures de légendecachées dans les fourrés.Il y a toi.Dans la nuit il y a le pas du promeneur et celui de l’assassinet celui du sergent de ville et la lumière du réverbèreet celle de la lanterne du chiffonnier.Il y a toi.Dans la nuit passent les trains et les bateaux et le mirage des paysoù il fait jour. Les derniers souffles du crépusculeet les premiers frissons de l’aube.Il y a... [Lire la suite]
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lundi 22 mai 2017

ERRI DE LUCA...Extrait

Notre mer, toi qui n'es pas aux cieux Et qui embrasses les rives de l'île Et du monde, avec ton sel, Que soit béni le fond de ton océan Tu accueilles les navires bondés Sans route sur tes ondes Les marins pêcheurs sortis dans la nuit Leurs filets parmi tes créatures Qui reviennent au matin avec pour prise Des naufragés sauvés. Notre mer qui n'est pas aux cieux A l'aube tu as la couleur du blé Au coucher du soleil, celle du raisin et des vendanges Nous t'avons semée de noyés plus Que n'importe quelle époque de tempête. Notre mer qui... [Lire la suite]