lundi 15 janvier 2018

IL SUFFIT D'UN MOT

Nomme si tu peux ton ombre, ta peur et montre-lui le tour de sa tête,le tour de ton monde et si tu peuxprononce-le, le mot des catastrophes,si tu oses rompre ce silencetissé de rires muets, — si tu osessans complices casser la boule,déchirer la trame,tout seul, tout seul, et plante là tes yeuxet viens aveugle vers la nuit,viens vers ta mort qui ne te voit pas,seul si tu oses rompre la nuitpavée de prunelles mortes,sans complices si tu osesseul venir nu vers la mère des morts   dans le cœur de son cœur ta prunelle repose ... [Lire la suite]
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mercredi 10 janvier 2018

POUR AINSI DIRE, POUR AINSI VIVRE...Extrait

À ceux à qui il ne manque rienIl manque l’essentiel :Le manque lui-même précisément N’ayant plus rien à désirer et tout venant à leur manquer Ceux-là déjà ressemblent à leur mort .   ANDRE SCHMITZ   .   Oeuvre Iléana Serban
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dimanche 7 janvier 2018

MADRID

Cette ride sinistre de la sierra et l'horizon cerné d'un orage de fer : le ciel n'a plus un sourire plus un seul tesson d'azur Pas un arc à lancer l'espoir d'une flèche de soleil les arbres déchiquetés se redressent gémissent comme des violons désaccordés tout un village endormi dans la mort s'en va à la dérive quand la mitrailleuse crible la passoire du silence quand explose la cataracte de fracas que le plâtras du ciel s'écroule Et les flammes tordues lèchent dans la cité les blessures des lézardes calfatées de nuit et... [Lire la suite]
samedi 30 décembre 2017

AUTRES MESURES...Extrait

A petits pas qu'importe !De l'autre côtéle temps ne presse plus.De l'autre côtél'instant ne leurre plus. Le voyage ne finit pasde désarticulerqu'importe le pas. Marcheur immobiledans l'eau qui emportemalgré soivers l'irrésistible.. Oeillade des feuxnuits où les rêvesprennent corps et nous écrasentde tendressele marcheur loin des voiesqui se dupliquentne sait quoi butinerle temps qui se ramasseet reste dans l'angle mortle désir défiant le silenceou cet infime frémissementque le vent porteavec l'averse ? Magie des voix pierreusesdes... [Lire la suite]
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jeudi 21 décembre 2017

RAYMOND FARINA...Extrait

...   Tu as au bout des doigts l'aurore& tout commence à leur contactDe chacun de tes motsde chacun de tes gestestu sors plus jeune qu'un désertsurpris par ton dernier visagedans l'instant percutantoù tu n'as plus qu'étoile en têteque fraîcheur en mémoire Possible que demain t'élèvetout ce qui t'avait aviliPossible que deviennentferment de force ta faiblesseferment de beauté ta démence& la mort occasion de naître       RAYMOND FARINA           Oeuvre Sarolta Ban... [Lire la suite]
mercredi 6 décembre 2017

AZRAËL

Ailes mortes, ailes mortes en moi,Tomber, c’est renaîtreHors de la solitude, dans la mer –La mère des âmes égarées, des voyageurs perdusEt des exilés du ciel. Le souvenir de la terre est comme un poidsDe vagues et d’îles ; dans mon sang et mes osLa pesanteur de mon incarnation,Plus forte que ma volonté d’être singulier,Me brise et me détruit, me rappelle en mon lieu. Prisonnier de ma faute, de ma beauté, de mon vouloir,Des cellules de la vie transparentes mais murées,Délivré par la mort innocente, je m’abîme avec joieDans la tombe... [Lire la suite]

mardi 21 novembre 2017

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Un grand silence en brise l'âme pousse vers l'oubli toujours à ses mots ravalés la douleur obtuse. Au-delà sur l'arc bleu des glaciers Il y a cette étincelle qui rosit l'amour et le ciel et le froid et l'effroi. En dérive vers le sud une voile balbutie Quel sera son chant neuf ? Parmi les herbes déjà mortes dans le vent tranchant des dunes ne me laisse pas mourir si tu m'aimes.   .   ANNE MARGUERITE MILLELIRI   .   Photographie Raoul Ubac  
mardi 14 novembre 2017

LA FIN SE LEVE

La fin se lève. Qui a parlé. Moi, un inconnu, un fantôme. Nous habitons une terre féroce où les « Droits de l’homme » sont au mieux notre misérable butin. Dans la mort qui monte, j’entends tourner les roues maléfiques qui broientvictimes et bourreaux, pêle-mêle.Le flanc percé d’une lance longue et fourbe, l’homme saigne.La lumière a rétréci dans notre regard jusqu’à épouser la dimension de la plus minuscule piécette d’argent.La fin se lève ?Mais  nous  n’avons  pas  encore  donné ... [Lire la suite]
dimanche 12 novembre 2017

GRAVEMENT MALADE...Extrait

J’ai peur, petite mère, ne souffle pas sur moiFaisant, refaisant tes prières, la nuit.Je suis malade, mais comme c’est beauUne part de mon corps s’en va, comme en nageant.Pourquoi m’a-t-on ainsi tout recouvertSi soigneusement que cela me rend triste.Tandis que dans les vents lointains la villeComme des jouets d’enfants s’éclaire.Mes yeux sont fermés mais mon visage voitTu pleures, comme la lumièreEnsemble nous écoutons, dans les images lentes,Solitaires sur le mur, le destin.Petite mère, maintenant je grandis.Le roseau grandit dans le... [Lire la suite]
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vendredi 10 novembre 2017

AU PRINCE / AL PRINCIPE

Si le soleil revient, si le soir descendsi la nuit a un goût de nuits à venir,si un après-midi pluvieux semble revenird’époques trop aimées et jamais entièrement obtenues,je ne suis plus heureux, ni d’en jouir ni d’en souffrir ;je ne sens plus, devant moi, la vie entière…Pour être poètes, il faut avoir beaucoup de temps ;des heures et des heures de solitude sont la seulefaçon pour que quelque chose se forme, force,abandon, vice, liberté, pour donner un style au chaos.Moi je n’ai plus guère de temps : à cause de la mortqui approche, au... [Lire la suite]