mercredi 17 février 2016

SAMBELA..Extrait

Oui c'était merveille de soiesmerveille que ce fin systèmeoù se prenaientsemencesinsectes Te fascinait la dentellièresensible à la moindre détressesi prompte à répondre à l'appelsi délicate & si préciseen son exercice cruel Te voici maintenantnon plus simplement captivépar l'image du piège− rêvant comme l'enfantriant comme le sagequi domine le jeu& qui se joue de luien lui jetant des mouches − mais bien captifen son réseau fatal passionqui se débats'épuise penséequ'éteintson thèmeultime * Ai-je offenséun jourle... [Lire la suite]

dimanche 14 février 2016

LA PETITE PLACE

Ma vie a pris la forme de la petite place L'automne durant lequel ta mort s'organisait méticuleusement Je m'attachais à cette petite place parce que tu aimais L'humble et nostalgique humanité des petites boutiques Où les commis plient et déplient rubans et étoffes Je cherchais à devenir toi parce que tu allais mourir Et là toute ma vie cessa d'être la mienne J'essayais de sourire comme tu souriais Au marchand de journaux au marchand de tabac Et à la femme sans jambes qui vendait des violettes Je demandais à la femme sans jambes de... [Lire la suite]
vendredi 12 février 2016

ABSENCE

Elle portait le doux prénom de Violette… Un prénom suranné qui lui avait valu bien de moqueuses remarques ! Et ce d'autant plus que son teint de blonde tournait rapidement à l'incarnat. Elle avait épousé Freddy… enfin, Alfred.               Alfred et Violette étaient donc unis depuis plus de quarante ans. Il avait perdu cheveux et verve, mais avait gagné en poids. Elle avait troqué sa grâce et ses rondeurs féminines contre des angles et une humeur acariâtre. Il... [Lire la suite]
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dimanche 7 février 2016

PEINTURE MON IVRESSE

Des affres descendent sur un nuage brouilleux et caressent le crâne du ciel les gouttes de pluie que m’offre l’eau du grand puits l’ange pleure sur mon épaule me dictant le vrai désir dès lors survole un dessin mon regard ivre d’air frais je plante mes griffes sur la surface du sécant tel un oiseau qui picore les grains d’espoir pour nourrir son envol et nous siffler sa survie je tiens la main de la plume par son encre pour graver une ombre en détresse écrire un paysage en pleurs je suis le châtaigner qui tord ses branches... [Lire la suite]
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lundi 1 février 2016

LA MORT A DISTANCE

Il me faudra partir, je le sais, avec dans les yeux de la mémoire, les images presque effacées de ceux qui ne sont plus. Déjà leurs gestes, leurs visages, si je n'y prends garde, se brouillent lentement, se confondent. Je prête à l'un le sourire de l'autre, j'oublie la chaleur de ce bras, le parfum de cette chevelure. J'oublie, mais rien ne s'éloigne. Je suis seul, et je suis cerné par les ombres. Je marche, entouré de rumeurs. Ce qui devait se perdre sous la terre, ce qui demeurait pris dans sa minute ultime et son lieu, a regagné le... [Lire la suite]
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vendredi 22 janvier 2016

NOUS NE SOMMES PAS DES ANGES...COMME VOUS

Chez nous pas de prison. Nous avons, comme vous, nos assassins. Ils ne sont pas très nombreux, mais quand même, ils sont là. Mais de prison, aucune. Les pierres qui recouvrent nos chemins sont tranquilles. Elles savent que jamais nous ne leur ferons l’injure de les serrer l’une contre l’autre dans des hauts murs, pour séparer le jour de la nuit, l’homme de son frère. Je vous vois sourire. C’est le sourire de qui croit bien entendre et n’entend rien. Vous vous demandez ce que nous faisons de nos assassins, puisque nous ne les... [Lire la suite]

mardi 19 janvier 2016

MER ACCUEILLANTE

Tu n’es pas la frontière entre la vie Et la mort, ô mer, tu es la mort et la vie, tout ensemble. Tu n’es pas l’eau seulement, Et le sel, et les herbes sous-marines, et le noyé qui flotte sur les ailes de ses poumons, message échoué sur le rivage. … En émergeant de ton eau féconde, nous croyons tous – retrouver la paix dans l’eau natale, à notre dernière heure. Ce sable que tu donnes et reprends, sera à jamais ton nom, pas un seul grain, sans l’aide de ta main – ne pourra être séparé de la multitude.   .   DARA... [Lire la suite]
mardi 19 janvier 2016

OÏKOUMENE...Extrait

Prenez la terre et ce qu’il y a dessus et laissez-nous le nuage… prenez les cieux et ce qu’il y a dessous et laissez-nous le babil de l’oiseau prenez le fruit et la branche et la rumeur verte dans la feuille de la vie et laissez-nous l’ombre de l’arbre prenez la maison le jardin la clôture les chandeliers de l’autel et le licol de l’âne le rire du ruisseau et la chambre à coucher de la chèvre prenez toutes choses et toutes choses et laissez-nous la porte de l’étable afin que nous y collions l’acte de décès de nos morts   . ... [Lire la suite]
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samedi 2 janvier 2016

18 JUILLET 1936, 18 JUILLET 1938

C’est du sang, pas de la grêle, ce qui fouette mes tempes. Ce sont deux années de sang : ce sont deux inondations. Sang d’acte solaire, tu viens dévorante, jusqu’à laisser déserts et étranglés les balcons Sang, qui est le plus précieux de tous les biens précieux. Sang, qui thésaurisait pour l’amour ses dons. Regardez-le troubler les mers, faire sauter les trains décourageant les taureaux là où il encouragea les lions. Le temps est sang. Le temps circule dans mes veines. Et face à l’horloge et au temps je me sens plus... [Lire la suite]
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mardi 29 décembre 2015

FERNANDO PESSOA...Extrait

Si je me sens sommeil,Et si je veux dormir,En cet abandon-làQui est ne-pas-sentir,Je veux que ça arriveDès lors que je viendraiÀ appuyer ma tête,Non sur un sol quelconque,Mais là où sous des branchesUn arbre produit l'ombreOù nous pouvons trouverL'ombre de la paix même.     FERNANDO PESSOA          
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