lundi 5 janvier 2015

DEVOIR DE MEMOIRE

Cette histoire, trop méconnue, qu’il faudrait enseigner dans les écoles comme paradigme de l’absence de renoncement face à la barbarie, puis comme figure moderne de l’amour, est racontée “de l’intérieur” dans le livre de Wieslaw Kielar, Anus Mundi. L’auteur est un ami personnel d’Edek et songe à s’évader avec lui. Mais, il ne voit pas d’un très bon œil le fait qu’Edek veuille s’évader avec son amoureuse. Avec une présence féminine, estime Wieslaw, le retard pris en chemin pourrait être fatal. Un échec en la matière correspondrait à... [Lire la suite]
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lundi 15 décembre 2014

L'ARBRE ABATTU

Un léger relief arrête la main. A peine sensible, un sillon, puis d'autres proches creusent la surface. La main effleure. Elle tâtonne comme à la recherche de détails estompés. L'arbre a souffert des derniers orages. Il était vieux. Il s'est rendu. Abattu dans l'herbe, il exhibe l'indécence de ses racines lourdes encore de terre. La main qui le frôle est ravinée, parcourue de nervures, de ramures, elle aussi.Esther touche chaque faille, chaque meurtrissure végétale. Elle en touche l'intimité des plis, là où se divisent les branches.Le... [Lire la suite]
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vendredi 12 décembre 2014

HELENE CADOU

Je sais que tu m’as inventée Que je suis née de ton regard Toi qui donnais lumière aux arbres Mais depuis que tu m’as quittée Pour un sommeil qui te dévore Je m’applique à te redonner Dans le nid tremblant de mes mains Une part de jour assez douce Pour t’obliger à vivre encore.       HELENE CADOU         Oeuvre Carl Wilhelm Holsoe        
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dimanche 30 novembre 2014

ANDREE CHEDID

Nos corps tissent la vieEt puis tissent la mortA perdre regardIls vontAu point de ne plus êtreIls étaient cependantJ'existaisEt tu vasDans le cerne de toute chairDans la maison des yeuxDans l'amour vulnérableDans l'incessant renaître. .   ANDREE CHEDID   .   Photographie Claude Renault    
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jeudi 20 novembre 2014

PEAU DE LUMIERE

La peau de lumière vêtant ce monde est sans épaisseur et moi je vois la nuit profonde de tous les corps identique sous le voile varié et la lumière de moi-même c’est cette nuit que même le masque solaire ne peut plus me cacher. Je suis le voyant de la nuit l’auditeur du silence car le silence aussi s’habille d’une peau sonore et chaque sens a sa nuit comme moi-même je suis ma nuit je suis le penseur du non-être et sa splendeur je suis le père de la mort. Elle en est la mère elle que j’évoque du parfait miroir de... [Lire la suite]
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mardi 11 novembre 2014

LE CHEMIN DES DAMES...

Vecu un pratu sott'à lu sole È tanti panni tesi nantu Un acellu piglia u so volu È aghju u mio core frantu. Culà l'ochji spenti Miola sunnieghja Culà u mio estru corre è a fideghja Culà ci s'hè firmata a mio vita. Vecu un pagliaghju fumichendu Còmpulu à l'ora di a munta È a mio mimoria s'accende Per un pizzacciu di pane untu. Culà Francesc'Antone zappa l'ortu Culà vecu ballà e barche in portu Culà ci s'hè firmata a mio vita. Vecu una scola è un tavulone Sentu mughjà mille zitelli È di babbò tante canzone Mi danu u... [Lire la suite]
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lundi 10 novembre 2014

ORPHIQUES...Extrait

Quand  la  musique  de  mes  yeux  se  sera  tue quand  mon  Ombre  descellera  le  jour  de  pierre quand  mes  mains  ne  feront  plus  obstacle  aux  nuées quand  mon  oreille  aura  son  lit  parmi  les  astres quand  les  cieux  oubliés  ma  bouche  ensableront   Alors  l'amère  lassitude  du  néant ayant... [Lire la suite]
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mardi 12 août 2014

LES OISEAUX MEURENT EN GALILEE...Extrait

Pluie douce en un automne lointain pluie douce en un automne lointain les oiseaux sont bleus, bleus la terre en fête Ne dis pas : Je suis un nuage suspendu sur le port car je ne veux de mon pays tombé de la fenêtre du train que le mouchoir brodé de ma mère et les raisons d’une mort nouvelle pluie douce en un automne étrange les fenêtres sont blanches, blanches le soleil, un verger vespéral et moi je suis une orange spoliée Pourquoi donc t’évades-tu de mon corps alors que je ne veux du pays des couteaux et du rossignol que le mouchoir... [Lire la suite]
samedi 19 juillet 2014

SOLO DE TOURNESOL...Extrait

Le soleil de van Gogh est tombé Rien ne pouvait l’arracher C’était l’invincible géant du pauvre et du fort la lumière fixe des courages Maintenant, retour au soleil sans van Gogh Qui flambe par devant mais fusille par derrière Et reste seul à brûler sans jamais retrouver le toucher de colline de sa boule à feu ni le sentier au visage troué de la terre au ciel qui n’est plus qu’un bagne d’œil noir et tes yeux pouvaient voir et ton sang aller Dans ce ciment de sarcophage le soleil de vie ne sait rien faire du sanglot de vide et même... [Lire la suite]
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dimanche 6 juillet 2014

FRESQUE SUR LE MUR

Nous disons beaucoup de choses à présent, Du coucher du soleil sur la terre menue. Sur le mur pleure Hiroshima… Une nuit s’en va, et dans le plein midi, Nous n’emportons de notre monde Que la forme du trépas. … Pour tes yeux, d’autres temps, Pour mon corps, une autre histoire, Et dans le rêve nous réclamons le jasmin. Lorsque le monde nous dispersa, il y a quelques années de cela, Les murs étaient rétifs à l’entendement. Les cachets d’aspirine Ramenaient la fenêtre, les oliviers et les rêves à leurs propriétaires. Et la tendresse... [Lire la suite]