mardi 17 février 2015

LA TERRE PARLE

Je te fus une mère rude. Je te faisais manger un pain dur. Je ne dorlotais pas le bébé, Je blessais l'homme. Lorsque, pour la première fois, tu ouvris tes yeux ébahis, un triste horizon s'étendait devant toi. Je parlais d'un coup dont on m'a, jadis, frappé, et que le temps ne m'a pas fait pardonner. Une ombre lourde tombait sur nous deux. Je fus une dure mère, toi, un fils dur. Tu n'as pas levé ton bras pour me défendre, Tu n'as pas pensé à moi avec amour. Quand le vent grondait, quand le froid craquait tu n'entendais pas... [Lire la suite]

vendredi 13 février 2015

ROGER HANIN

Paris. Il fait nuit. Je suis dans mon bureau. Je pense à l'Algérie. Comme elle me paraît loin. J'ai peur de ne plus pouvoir la retrouver en pensée. Je ne veux forcer ni mon coeur ni ma mémoire. Où en suis-je de l'Algérie ? J'écoute cette phrase et j'entends : " Où en suis-je de ma vie ? " Même sensation. L'Algérie, comme ma vie, m'a laissé bonheurs, souffrances, frayeurs. Et pourtant, dans le silence de mon bureau, j'ai l'impression, ce soir, que je ne la connais plus et que je n'ai ni droit ni qualité pour en parler. Et si je me... [Lire la suite]
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lundi 19 janvier 2015

CETTE BLESSURE

Cette blessure Où meurt la mer comme un chagrin de chair Où va la vie germer dans le désert Qui fait de sang la blancheur des berceaux Qui se referme au marbre du tombeau Cette blessure d'où je viens Cette blessure Où va ma lèvre à l'aube de l'amour Où bat ta fièvre un peu comme un tambour D'où part ta vigne en y pressant des doigts D'où vient le cri le même chaque fois Cette blessure d'où tu viens Cette blessure Qui se referme à l'orée de l'ennui Comme une cicatrice de la nuit Et qui n'en finit pas de se rouvrir Sous des larmes... [Lire la suite]
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lundi 5 janvier 2015

DEVOIR DE MEMOIRE

Cette histoire, trop méconnue, qu’il faudrait enseigner dans les écoles comme paradigme de l’absence de renoncement face à la barbarie, puis comme figure moderne de l’amour, est racontée “de l’intérieur” dans le livre de Wieslaw Kielar, Anus Mundi. L’auteur est un ami personnel d’Edek et songe à s’évader avec lui. Mais, il ne voit pas d’un très bon œil le fait qu’Edek veuille s’évader avec son amoureuse. Avec une présence féminine, estime Wieslaw, le retard pris en chemin pourrait être fatal. Un échec en la matière correspondrait à... [Lire la suite]
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lundi 15 décembre 2014

L'ARBRE ABATTU

Un léger relief arrête la main. A peine sensible, un sillon, puis d'autres proches creusent la surface. La main effleure. Elle tâtonne comme à la recherche de détails estompés. L'arbre a souffert des derniers orages. Il était vieux. Il s'est rendu. Abattu dans l'herbe, il exhibe l'indécence de ses racines lourdes encore de terre. La main qui le frôle est ravinée, parcourue de nervures, de ramures, elle aussi.Esther touche chaque faille, chaque meurtrissure végétale. Elle en touche l'intimité des plis, là où se divisent les branches.Le... [Lire la suite]
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vendredi 12 décembre 2014

HELENE CADOU

Je sais que tu m’as inventée Que je suis née de ton regard Toi qui donnais lumière aux arbres Mais depuis que tu m’as quittée Pour un sommeil qui te dévore Je m’applique à te redonner Dans le nid tremblant de mes mains Une part de jour assez douce Pour t’obliger à vivre encore.       HELENE CADOU         Oeuvre Carl Wilhelm Holsoe        
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dimanche 30 novembre 2014

ANDREE CHEDID

Nos corps tissent la vieEt puis tissent la mortA perdre regardIls vontAu point de ne plus êtreIls étaient cependantJ'existaisEt tu vasDans le cerne de toute chairDans la maison des yeuxDans l'amour vulnérableDans l'incessant renaître. .   ANDREE CHEDID   .   Photographie Claude Renault    
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jeudi 20 novembre 2014

PEAU DE LUMIERE

La peau de lumière vêtant ce monde est sans épaisseur et moi je vois la nuit profonde de tous les corps identique sous le voile varié et la lumière de moi-même c’est cette nuit que même le masque solaire ne peut plus me cacher. Je suis le voyant de la nuit l’auditeur du silence car le silence aussi s’habille d’une peau sonore et chaque sens a sa nuit comme moi-même je suis ma nuit je suis le penseur du non-être et sa splendeur je suis le père de la mort. Elle en est la mère elle que j’évoque du parfait miroir de... [Lire la suite]
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mardi 11 novembre 2014

LE CHEMIN DES DAMES...

Vecu un pratu sott'à lu sole È tanti panni tesi nantu Un acellu piglia u so volu È aghju u mio core frantu. Culà l'ochji spenti Miola sunnieghja Culà u mio estru corre è a fideghja Culà ci s'hè firmata a mio vita. Vecu un pagliaghju fumichendu Còmpulu à l'ora di a munta È a mio mimoria s'accende Per un pizzacciu di pane untu. Culà Francesc'Antone zappa l'ortu Culà vecu ballà e barche in portu Culà ci s'hè firmata a mio vita. Vecu una scola è un tavulone Sentu mughjà mille zitelli È di babbò tante canzone Mi danu u... [Lire la suite]
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lundi 10 novembre 2014

ORPHIQUES...Extrait

Quand  la  musique  de  mes  yeux  se  sera  tue quand  mon  Ombre  descellera  le  jour  de  pierre quand  mes  mains  ne  feront  plus  obstacle  aux  nuées quand  mon  oreille  aura  son  lit  parmi  les  astres quand  les  cieux  oubliés  ma  bouche  ensableront   Alors  l'amère  lassitude  du  néant ayant... [Lire la suite]
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