lundi 13 janvier 2014

LA TRAVERSEE...Extrait

Mais je voudrais être horizontale.Je ne suis pas un arbre dont les racines en terreAbsorbent les minéraux et l’amour maternelPour qu’à chaque mois de mars je brille de toutes les feuilles,Je ne suis pas non plus la beauté d’un massifSuscitant des Oh et des Ah et grimée de couleurs vives,Ignorant que bientôt je perdrai mes pétales.Comparé à moi, un arbre est immortelEt une fleur assez petite, mais plus saisissante,Et il me manque la longévité de l’un, l’audace de l’autre.Ce soir, dans la lumière infinitésimale des étoiles,Les arbres et... [Lire la suite]

dimanche 12 janvier 2014

FRAGMENTS POUR DOMINER LE SILENCE

Les forces du langage sont les dames solitaires, désolées, qui chantent à travers ma voix que j’écoute au loin. Et loin, sur le sable noir, gît une fille dense de musique ancestrale. Où est la véritable mort ? J’ai voulu m’éclairer à la clarté de mon manque de clarté. Les bouquets se meurent dans le souvenir. La gisante niche en moi avec son masque de louve. Celle qui n’en put mais et implora des flammes et nous brûlâmes. Quand s’envole le toit de la maison du langage et que les mots n’abritent plus, je parle. Les dames en rouge se... [Lire la suite]
samedi 4 janvier 2014

ART POETIQUE...Extrait

Voir que le fleuve est fait de temps et d’eau,Penser du temps qu’il est un autre fleuve,Savoir que nous nous perdons comme un fleuveEt que les destins s’effacent comme l’eau.Voir que la veille est un autre sommeilQui se croit veille, et savoir que la mortQue notre chair redoute est cette mortDe chaque nuit, que nous nommons sommeil.Voir dans le jour, dans l’année, un symboleDe l’homme, avec ses jours et ses années ;Et transmuer l’outrage des annéesEn musique, en rumeur, en symbole.Faire de mort sommeil, du crépusculeUn or plaintif,... [Lire la suite]
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mardi 17 décembre 2013

CORRESPONDANCE...Extrait

Mourir ne heurte pas vraiment C’est vivre qui heurte, et de plein fouet;  Mais mourir s’y prend autrement,  En douceur, derrière la porte  L’habitude australe de l’oiseau  Qui dès que les gelées sont là  Adopte une meilleure latitude.  Nous sommes les oiseaux qui restent,  Les transis aux portes des fermes  Où nous est comptée une miette avare,  Au point que les neiges, prises de pitié,  Rentrent nos plumes au bercail.   .   EMILY DICKINSON  ... [Lire la suite]
jeudi 12 décembre 2013

EN SOUVENIR DE MOI

En souvenir de moi Laissez votre fenêtre ouverte Il se peut que je revienne Porté par la pluie traversière Dans l’amitié des nuages En oubliant les échardes de la vie d’avant Et votre si incertaine tendresse On ne sait la patience du vent Qui vous tient la main Et notre poids d’oubli Et puis là-bas je n’attends plus la musique   En souvenir de moi Laissez cette hirondelle sur les fils des jours Elle n’ira pas plus loin Et les jours raccourcissent vous souvenez – vous de mon front plein de brumes il ne voulait que vos genoux... [Lire la suite]
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lundi 25 novembre 2013

LES LIMITES DE L'AMOUR...Extrait

Il suffit d’un baiser Pour apprendre l’amour Et d’un cil abaissé Pour connaître la nuit     Il suffit d’un mort Pour savoir en secret Les machines de l’oubli Les pièges du souvenir   Et de sable mouillé Pour à jamais découvrir Les industries de la mer À effacer les pas   .   MAX POL FOUCHET   .            
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samedi 23 novembre 2013

LA SEULE PORTE...Extrait

 Cet homme sans pain, celui-là sans lumières et cet autre sans voix correspondent au corps de la patrie, à la blessure et à son sang ligaturé.       Rien n'est à nous, bien sûr, mais ici nous vivrons.       De la nostalgie de ce que nous avons cédé ou de ce que nous avons cédé à la nostalgie nous vivrons.     Avec la lanterne magique du fils qui n'est pas revenu nous découvrirons un chemin sans détour. Près de cela, qui est quelquefois moins que triste, sous un arbre, et... [Lire la suite]
jeudi 21 novembre 2013

ECORCES...Extrait

L'arbreTient dans le ventMalgré le ventArbre tenduParfois à l'extrêmeLui aussi sera briséCe sera son seul criÉchappé de tous ces silencesDe toute cette vieDe toute cette chair du mondeEn luiRecueillis si densémentQuand chaque jour nous recousonsNos vies moisissantesSur les gerçures ouvertes de la mort   .   LIONEL JUNG-ALLEGRET   .      
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lundi 4 novembre 2013

OU QUELQUE CHOSE A FREMI

A l’heure où la rage nous quitte on compte sur les fleurs Sauvages sur la braise et le miel pour l’absente annoncée On relit chevilles et poignets sur les vélins de la mémoire Pour se livrer aux délices des images on est dos au soleil Avec du poivre dans les yeux on défait la robe bleu lamé Des vagues à midi pour dessiner les seins de l’amoureuse Eperdue qu’on croyait éternelle on déchire trop de pages Du livre des merveilles de Marco Polo on somnole mains Ouvertes vers le ciel qui attend nos aveux le cœur de jais Brodé de crêpe et... [Lire la suite]
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mercredi 30 octobre 2013

L'AMANTE INTERIEURE

L'amante intérieure Je vais vous hanter Chaque jour comme le sable infiltré Jusque dans votre lit Comme les foules je vais Chasser les ombres les solitudes Les pages de mon livre les poèmes Vous ne serez plus en mesure de les dénombrer Passer chaque porte Couper chaque corde qui vous maintient À ce revêtement sans joies Sans traversées sans enchantements Que je nomme l’ordinaire Et tout ce qui est marcher Courir haletant Tout ce qui est ouvrir renverser traverser Laissera échapper un poème Mon orgueil... [Lire la suite]
Posté par emmila à 10:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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