samedi 23 février 2013

LA PART EN TROP....Extrait

Lui dans sa démesure. Nous derrière cette démesure le suivant (image par image) sans jamais le trouver mais sachant qu'il n'y a pas d'autre route pour se rendre sur les lieux de la bataille aux dizaines d'identités que celle du passeur. (Une part libertaire en exil aux quatre coins du monde une part combattante sur l'horloge espagnole une part émigrée vers d'autres combats une part emprisonnée dans les passages des montagnes une part coincée dans les strophes de L'Internationale...) Chaque fois il y a une part en trop. ... [Lire la suite]

lundi 18 février 2013

MILLIONNAIRE

J'ai sur moi une fourmilière de tristesse Je suis millionnaire Mais le meunier des regrets est trop loin Et j'ai peur de mourir De mourir de rire en chemin Je ne veux pas Je ne veux plus l'apporter au moulin Certains vendent pour vivre Le gros de leur tristesse sur pied Aux marchands de chagrins Moi je n'en fais rien Et je sème sans jamais récolter Car   .   PAUL VINCENSINI   .          
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mardi 5 février 2013

LES HEURES A LA NUIT

À nouveau seul sur cette grève de mon nom, sans que tu saches le référent. Tu es restée là dans le bleu du froid et le noir de ce mont qui a ses demeures, Te retrouvant toi-même dans cet adieu où tu me quittes sans te retourner, Et c’est qu’il me faut me relever le défi des cendres, le lait des morts et l’étoile, Acheter de l’or et le collyre d’un missel, peut-être là me repentir. Mais tous les silences se souviennent, et, lorsque le vent démâte l’origine, Il y a mon amour et l’heure est à minuit encore la... [Lire la suite]
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samedi 26 janvier 2013

LA TERRE / LA TIERRA

Un monde comme un arbre arraché. Une génération déracinée. Des hommes sans autre destin que d’étayer les ruines.   La mer se rue Dans la mer, comme un hymen immense, les arbres bercent le silence vert, les étoiles crépitent, je les entends.   Seul l’homme est seul. Car il se sait vivant et mortel. Car il se sent en fuite ce fleuve du temps roulant vers la mort -.   Car il veut rester. Continuer de continuer, monter, à contre-mort, jusqu’à l’éternité. Il a peur de regarder. Il ferme les yeux pour dormir... [Lire la suite]
jeudi 17 janvier 2013

POESIE EN FORME DE ROSE...Extrait

L'intelligence n'aura jamais de poids, jamaisdans les jugements de cette opinion publique.Pas même sur le sang des camps d'extermination, tu n'obtiendrasde la part de l'une des millions d'âmes de notre nation,un jugement net, pleinement indigné :irréelle est chaque idée, chaque passionde ce peuple désormais dissociédepuis des siècles, et dont la douce sagessel'aide à vivre, et pas à être libre.Exhiber mon visage, ma maigreur –faire entendre ma voix solitaire et puérile –cela n'a plus de sens : la lâcheté habitueà voir mourir de la... [Lire la suite]
samedi 12 janvier 2013

MEURTRE DU ROSSIGNOL

 Le chœur - Première femme - Deuxième femme - Troisième femme   Le Chœur   Il ne chante plus le rossignol Maintenant il dort Dans son éternité de cailloux et de racines Et son cœur glacé a la forme d’une guitare   Première femme   Chaque parole de sa bouche d’or Avait la saveur d’un fruit du printemps Ses caresses brûlaient le corps des amantes Et le flot de ses baisers Animait dans nos veines des roses de feu.   Deuxième femme   Je me souviens de la grâce de ses cheveux Si j’avais la... [Lire la suite]
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mardi 8 janvier 2013

POESIE VERTICALE II

Une écriture qui supporte l'intempérie, qui puisse se lire sous le soleil ou la pluie, sous la nuit ou le cri, sous le temps dénudé . Une écriture qui supporte l'infini, les crevasses qui s'étoilent comme le pollen, la lecture sans pitié des dieux, la lecture illettrée du désert .   Une écriture qui résiste à l'intempérie totale . Une écriture qui puisse se lire jusque dans la mort .    .   ROBERTO JUARROZ   .  
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dimanche 6 janvier 2013

A CIEL OUVERT ...Extrait

Fragments de proses rêvant de souffle, vous êtes d'aimables petits morts sagement rangés sous votre chemise cartonnée. Je vous palpe, vous soupèse, vous dégraisse, vous maquille : toilette pour la morgue. Jamais le vent ne vous fera frémir. Et si la rage au coeur je vous malmène, aucune lettre pour me crever les yeux. Sans mots pourtant pas de salut. Le muet qui m'habite veut ma peau. . FRANCOISE  ASCAL   .  
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vendredi 4 janvier 2013

PRIERE AU VIVANTS POUR LEUR PARDONNER D'ETRE VIVANTS

Vous qui passez bien habillés de tous vos muscles un vêtement qui vous va bien qui vous va mal qui vous va à peu près vous qui passez animés d’une vie tumultueuse aux artères et bien collée au squelette d’un pas alerte sportif lourdaud rieurs renfrognés, vous êtes beaux si quelconques si quelconquement tout le monde tellement beaux d’être quelconques diversement avec cette vie qui vous empêche de sentir votre buste qui suit la jambe votre main au chapeauvotre main sur le coeur...la rotule qui roule doucement au genou comment vous... [Lire la suite]
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dimanche 30 décembre 2012

LE DERNIER POEME DE JEAN SENAC

Il ne s'est pas enfermé pour écrire son poème a flairé le danger lui a laissé la porte ouverte Pas de poème sans risque Sa barbe lissait le pubis de la page transparente et ses lèvres murmuraient la sourate du pardon Il dessina d'abord un soleil un petit rond d'écolier affublé de rayons démesure La nuit criait au viol Alger buvait à mort entre hommes Puis il tailla son crayon ou se taillada une veine mais j'imagine qu'il écrivit au rouge sans ratures les fragments que voici: « Naufrage des doigts sculptés dans le silence D'autres... [Lire la suite]