samedi 15 juillet 2017

UN AUTRE SANG

Le corps des fleuves sommeille Plus déserte que l'os la branche s'est engourdie Le cadavre de l'été a plombé son pelage Nos mémoires dilapident le cadavre des humains Indifférence des actes du ciel Et de nos mondes couvant trop de plaies! Morte morte terre Sous l'aveugle neige un autre sang mûrit-il? Je le savais jadis je le saurai plus loin Sous sa gangue d'argile la vie toujours s'explore et se retaille Vie.     .     ANDREE CHEDID     .       Photographie Nathalie Magrez ... [Lire la suite]
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lundi 10 juillet 2017

INDECISO

Nousvoyageursà l'amble imprévisiblenous nageursluttant contre l'ombred'un ciel absentnous errantsdans l'éloignementn'avons que nos chimèrespour nous haler...Une flammeaussitôt cendreet ces mains toujours lassesd'un corps embrasé.On craignait l'arythmiede cet autrequi incendiait nos mots.Sur la morsurede longs échos reviennentdéformésgrimaçantsOn craignait son regardd'écorchéson ignitionet sa bouchedans l'impostured'un sourire crissant.Le rêve closnous laisse nusle coeur naufragé.   .   AGNES SCHNELL  Mezza Voce,... [Lire la suite]
lundi 22 mai 2017

RINA LASNIER...Extrait

On n’enterre pas le sang décharné de la servitudeni le sang désarmé de l’amour inutilisé ;on ne retire pas le cri de la bouche comme une clef,on ne suture pas la pierre fissurée d’une soif.La chaux vive du sang qui n'a point dormi,tu l'entendras liquéfier la dalle des morts,traverser ses étapes de neige étoufféeet siffler en remarchant tout son hiver.On n'enterre pas le talon poudreux de la foudreni la fureur tendre du fruit piétiné ;le sang retourné sur sa racine comme un décombres'est armé tout droit d'une moisson fruste de... [Lire la suite]
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lundi 22 mai 2017

ERRI DE LUCA...Extrait

Notre mer, toi qui n'es pas aux cieux Et qui embrasses les rives de l'île Et du monde, avec ton sel, Que soit béni le fond de ton océan Tu accueilles les navires bondés Sans route sur tes ondes Les marins pêcheurs sortis dans la nuit Leurs filets parmi tes créatures Qui reviennent au matin avec pour prise Des naufragés sauvés. Notre mer qui n'est pas aux cieux A l'aube tu as la couleur du blé Au coucher du soleil, celle du raisin et des vendanges Nous t'avons semée de noyés plus Que n'importe quelle époque de tempête. Notre mer qui... [Lire la suite]
vendredi 10 mars 2017

RAG-TIME...Extrait

On ne refera plus les sapins aussi vertsma sœurNi les cieux aussi cieux, ni les aubes si frêlesni les goudrons fondants des routes de l'éténi les canons de bronze aux jambes des enfants sur la grand-place,à l'ombre insigne des vieux mortsd'autres guerresMa foion ne refera plus la gaieté d'autrefoisma sœurje n'y crois guèrePas plus qu'aux longs comas de nos douillets hiversmon cœurni aux calmes maisons avec leurs demoisellesroses pour vous servir une tasse de théles seins jeunes dessous des corsages bouffantsDe tout cela qui a étéma... [Lire la suite]
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vendredi 17 février 2017

LE PIEGE

Et tout ce sang Tout ce sang… Toutes ces vies qui s’échappent les cris Les rochers entassés devant la grotte et le feu La fumée l’air qui manque les prières sont-elles utiles Les enfants que l’on serre dans les bras jusqu’à les étouffer Tout ce sang Tout ce sang Le bruit absurde de la bombe à la terrasse du café les rires Brisés les vitres en éclats le silence qui suit comme un souffle Mortel puis les cris les appels au secours les sirènes Et ceux qui rampent sous les tables celui qui regarde l’endroit Où était sa main au bout de... [Lire la suite]
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mercredi 15 février 2017

LE LIVRE OUBLIE

Des souris des morts je te sauve ô livre innocent qu’a laissé le fugitif fantôme d’un peuple passager fatigué de ses songes Avec toi tes lettres bouclées ont côtoyé la vérité du pain ont coulé même dans l’haleine lente du cèdre sont devenues passions saveurs de mondes musique dans le registre figé des deuils la théorie des morgues où les morts attendaient leur nom sont devenues silence pour ceux qui apprenaient la cruelle leçon du deuil devant la mère diaphane deviendront procédures d’aurore pour alléger le monde On t’avait oublié... [Lire la suite]
mercredi 1 février 2017

Ô TEMPS ETROIT… Ô VASTE TERRE...Extrait

Et vous… que faites-vous de nous ?Vous…Tant de tristesses calculées, de mornes sourires !Et nous… que faisons-nous ? possédons-nous ?Nous regorgeons de temps pour tirer sur les papillons, les nuages et les idées neuvesregorgeons d’espace pour les bastilles, les cercueils et les cimetières d’enfantsdétenons grands sanglots et très intimes secretstitres de livres mauvais parlant d’amour, élevage de poulets et fleurs interditesMais vous… que faites-vous de nous ?Et nous… que possédons-nous ?A voir les belles mallettes pour contrats de... [Lire la suite]
mercredi 1 février 2017

Ô TEMPS ETROIT… Ô VASTE TERRE...Extrait

« Que font les mortsde dix lys flétris et cinq oiseaux muets ? »   Ruines et clôturesmouchoirs et civièrestel est mon cœurMulets accablés, arbres dénudésenfants usés, fleurs étiolésamas de crânes, livres, plumes d’oiseaux :tel est mon cœurBombemur sombre et voie barréenoces comptées en mois et funérailles en jours« Embrasse-moi, que je t’abatte »« Je te donne mon cœur, tu m’offres le gibet »sirènes d’alarmes et cercueilsvieux fers et tintements facticesépitaphes pâlies et carnages d’exportation :tel est mon cœurAmis et... [Lire la suite]
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samedi 24 décembre 2016

SOIR D'HIVER

C'est un soir d'hiver qui compte ses tremblures. Les uns fredonnent Noël d'autres serrent les dents. Pendant qu'aguicheuses les vitrines outrancières clignotent, le ciel tombe par terre entre la main du pauvre et la gamelle du chien. Les doigts gèlent au cœur des SDF. Les caisses enregistreuses cliquètent des menus d'orpailleurs. Des cadeaux indécents rutilent au pied de l'arbre. Le champagne déborde, et se dore la dinde. C'est un soir d'hiver qui compte ses gerçures. Des gens rongent leurs désespoirs. Des corps explosent sous le... [Lire la suite]