mardi 21 novembre 2017

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Un grand silence en brise l'âme pousse vers l'oubli toujours à ses mots ravalés la douleur obtuse. Au-delà sur l'arc bleu des glaciers Il y a cette étincelle qui rosit l'amour et le ciel et le froid et l'effroi. En dérive vers le sud une voile balbutie Quel sera son chant neuf ? Parmi les herbes déjà mortes dans le vent tranchant des dunes ne me laisse pas mourir si tu m'aimes.   .   ANNE MARGUERITE MILLELIRI   .   Photographie Raoul Ubac  

mercredi 15 novembre 2017

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Aligner des mots comme un souffle attise retenu respiré par la bouche un feu entretenu sinon comment le rallumer dans la pluie où rien ne brûle Les yeux brûlent -- allumer des mots de phosphore et d'ébène des mots noirs et rouges tapissent l'espace de l'estomac à la bouche -- une brûlure de mots -- un incendie sous une pelletée de cendres froides.   .     ANNE MARGUERITE MILLELIRI     .    
jeudi 9 novembre 2017

UN LENT DEPAYSAGE...Extrait

Inaccessible Le vol du papillon Il nous glisse des mains Il s'en va vers l'ailleurs Et nous les pieds au sol On l'épingle en croix on le cloue Sur une feuille blanche Abruptement l'avenir déchiré Sans aucun mot tombé des coeurs Peut-être voulait-il traverser la mer En partance en partance Transparence broyée d'un seul coup Et les regrets jetés des ponts     .     MIREILLE FARGIER - CARUSO   .    
Posté par emmila à 18:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
lundi 30 octobre 2017

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Écrire contre. La mort. L'oubli. Le silence. L'incendie. La couleur noire des souvenirs noirs. La pluie qui gifle. Le mot qui tue. La dérive du corps qui n'a plus faim ni soif ni sommeil. Les étoiles effacées dans ce ciel à la mine de plomb. La colère réprimée. Le verre tombé des mains, brisé au sol comme un arrêt du coeur. Écrire contre. Tout contre. Le jour qui meurt, dont tu refuses la mort, et que tu regardes mourir avec toujours cette même colère contre. Et où va - t-il ce train ? Où est-ce, loin de toi ? et pourquoi loin de toi... [Lire la suite]
jeudi 26 octobre 2017

LE TEMPS DE...

Le temps de... tant de rivières de rides de rifts Le temps de... tant de brisures de cicatrices de cris étouffés Le temps de... tant de battements de coeur de pas d'empreintes d'effacements Le temps de... tant de lettres serpentantes de mots errants de ratures à relire Le temps de... tant de souvenirs d'oublis en mémoire de silence sur le bout de la langue Le temps de... Tant de ... manque.   .   ANNE MARGUERITE MILLELIRI   .  
vendredi 20 octobre 2017

COMMENT

Comment n’entends-tu pas mon amour silencieux et muet La mer le dit pour moi en battant son jeu de vagues bavardes La pluie l’étale au carrefour Le répète à chaque citerne assoiffée Ou bien le chante en notes discrètes au feuillage surpris Comment n’entends-tu pas le silence du soleil La cadence du silence Ce qui vit en silence dans le jardin des yeux La rancune gonflée d’absence Et la valse immobile des élans étouffés Comment Dire Suggérer Faire comprendre Mes bras toujours tendus Mon corps toujours malade Mon... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

samedi 14 octobre 2017

D'ICI LE SOIR...Extrait

Une promesse de livre, comme l'eau répandue et le perron de pierre, calcaire prend l'eau de pluie et son souvenir de mer fait naître les mots-fossiles. Je t'offrirai plus que l'eau des livres, plus que les mots. Âme vive, elle est certaine et belle du retour menant au fond des mers comme une ancre prenant au sel sa densité. La mer est une terre de mots et les îles entrent souterraines, alcalines ou solitaires, plus que la page, ce tournoiement des flots, ce tourbillon nos mots ? Ronde ondoyante, enceinte crénelée tendue de toile où... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
samedi 14 octobre 2017

IL FAUT DE LA MUSIQUE

Il faut de la musique aux ventres Des arbres pleins d’âmes Des bouquets de blondeurs à vous couper les reins   Il faut de la musique aux seins Sur tous les fleuves où se déplie l’audace Où se diluent les larmes sans caresses Où se meuvent jardins et vitraux   Il faut de la musique à notre peau Nos mots Des ailes adoucies de pervenches au comble de tout geste galbé A la mouvance de nos hanches guidées par quelque cœur venu de l’étranger   Il faut de la musique aux mains Ces lieux de sortilège unique qui... [Lire la suite]
Posté par emmila à 16:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,
mercredi 4 octobre 2017

EDMOND JABES

" Je crois à la mission de l’écrivain. Il la reçoit du verbe qui porte en lui sa souffrance et son espoir. Il interroge les mots qui l’interrogent, et accompagne les mots qui l’accompagnent. Le chemin qui reste est donc celui des mots, le sable de tous les livres. Le livre n’est pas. La lecture le crée, à travers des mots créés, comme le monde est lecture recommencée du monde par l’homme."   .   EDMOND JABES   . Oeuvre François Knopf
Posté par emmila à 12:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
samedi 30 septembre 2017

HACIA UN SABER SOBRE EL ALMA...Extrait

 Ecrire, c’est défendre la solitude dans laquelle on se trouve ; c’est une action qui ne surgit que d’un isolement effectif, mais d’un isolement communicable, dans la mesure où, précisément, à cause de l’éloignement de toutes les choses concrètes le dévoilement de leurs relations est rendu possible.             Mais c’est une solitude qui nécessite d’être défendue, ce qui veut dire qu’elle nécessite une justification. L’écrivain défend sa solitude en montrant ce qu’il... [Lire la suite]