vendredi 11 novembre 2016

OSAMA KHALIL AL DIAB...Extrait

Qui a dérangé mon sommeil,laissez-moi dans l’eau doucelaissez-moi voyager parmi les étoiles d’eauvous m’avez assez crucifié dans les anciens livresassez recouvert de vos prières jaunesLà-bas dans l’eau douceun pistachier d’Alep,sous son ombre une femmerassemble les gémissements de l’air,elle élève des souvenirs,tout autour parmi les herbesbourgeonnent les blessuresqui sont des visages de réfugiésLaissez-moi là-basen compagnie des motsqui courent effrayéspour entrer dans le poème,puis ils claquent la porte derrière euxavant de tourner... [Lire la suite]

mardi 8 novembre 2016

JOËL GRENIER

"Le murmure de ses lèvres comme une brume légère pour taire les plaies. Le doux de son regard comme un voile de ouate pour cacher les blessures. Ses mots étaient des soleils rares qu'elle plantait dans le ciel quand il était chagrin.Elle était magicienne, princesse du silence au milieu des tourments et d'un geste discret, apaisait les vagues quand elles se faisaient grosses.Elle avait sur sa peau un drap de velours qu'elle baissait un peu quand on lui faisait la cour.J'attends l'hiver qui lui ressemble pour me réchauffer."   . ... [Lire la suite]
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samedi 5 novembre 2016

GNIA...Extrait

- Audace!        ce qui gronde au fond de mon âme        n'est pas le tumulte de mon sang        en moi la sève de l'exil a banni        dans son flot        la beauté des mots de la quiétude        - Mauvais arbre        aux ramures couleur de mon sang       ... [Lire la suite]
vendredi 4 novembre 2016

PROPHETIE

Moi démineur des vents Homme des mille chemins de l’homme Et des mille carrefours Je joue à vivre sur la marelle d’une île Mon sang éteint la nuit qui se rebelle En une seule violence d’abeilles descellées J’écorche patiemment la nuit Rêve à rêve Et  je recommence avec toi la naissance du monde J’aurais payé comptant l’oiseau levé dans L’aiguille du jour Et qui brode tes yeux d’araignée fabuleuse Moi démineur des vents J’ai pris racine dans la flambée des lèvres J’ai jeté l’ancre J’ai pavoisé la route de soleils... [Lire la suite]
dimanche 30 octobre 2016

FIDELITE A L'ECLAIR...Extrait

Chaque poème a quelque chose de l'éclair. Je ne dirais pas que le poème " est " un éclair, mais qu'il y a en lui un éclair. Tel est le point de départ, il implique une exigence, mais il est très difficile d'être fidèle à un éclair, de faire en sorte que le poème s'organise, croisse comme un organisme autour de cet éclair, cette petite illumination initiale. Très difficile qu'ensuite ne vienne pas s'y ajouter tout ce qui relève du caprice, de la virtuosité de celui qui connaît le langage. Non: il faut que les choses naissent comme naît... [Lire la suite]
mercredi 26 octobre 2016

ODE AU ROUGE

Te dirais-je le rouge obstinéqui hante nos nuitsdès le premier passagele rouge cuivré des villessous la lumière vespéralele rouge brique des écorces pilléesde sève et de sang mêléou celui sombre matricielqui nous engendra ?On se tient juste à la frontièred’un présent fragileon arbore le rouge des tempêtesenfin apaisées celui des fils emmêlésd’une mémoire chiffonnée.Toujours incandescenteou presquenotre âme se repaît d’éclats solairesde mots luciolesqui nous tourmentent.Parfois le rêve s’éveille de rouge colorégarance cinabre ou... [Lire la suite]

lundi 24 octobre 2016

GERALD BLONCOURT...Extrait

L’heure est venue De dire La tempête des cœurs Il est temps de lever L’impôt de la misère De payer l’amende des injustices De crever le décors Des jours suspendus L’heure est venue De monter au sommet Des gloires branlantes D’agiter les drapeaux De l’oubli Rien n’est plus sûr Que tes secrets étranges Rien ne vaut Cette cascade d’ennuis Qui chute dans l’espérance De tes mots éblouis La vie est un mélange De saveurs incertaines Te dire qu’un temps viendra Où nous reverrons l’autre Parti à l’horizon Des mornes dénudés La colère est en... [Lire la suite]
vendredi 21 octobre 2016

DINARD

Si tout se vitrifiaitEn un sursaut mauresque CézembreLa contrescarpe Les villas pittoresques Le casino ramier Et ses chausses d’opale L’hôtel incandescent Le Printania Les voiles Les arêtes du vent   Si tout se confondait Panoramiquement Sous l’arceau simplifié Du temps qui se repose Emargeant tendrement Le bréviaire des roses Et le parapet fou Où veillent les amants   Si tout se mausolait Océaniquement Sous la croupe ivoirine D’un sanglot exemplaire Il me viendrait tes mots Encorneillant la mer Sous l’aplasie... [Lire la suite]
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mercredi 19 octobre 2016

L'IDENTITE OBSCURE...Extrait

.... alors on s'enfonce, on traverse des étendues où le seul futur est le cœur qui bat comme cet appel auquel on voudrait répondre et c'est pourquoi on avance, même si à chaque pas rien ne bouge que le corps obstiné qui poursuit l'ombre qu'il n'a pas, on aimerait pouvoir s'arrêter, regarder simplement l'aube qui vient, poser la main sur la pierre froide et saluer la lumière, dire les premiers mots, écouter le crissement du sable, le bruissement de l'eau, la rumeur des choses qui commencent mais le jour est déjà le soir, on... [Lire la suite]
Posté par emmila à 10:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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lundi 17 octobre 2016

L'EAU DE LA SOURCE

C’est l’automne. Le vent s’empale aux crocs des arbres laissant tomber leurs feuilles comme on enterre un os. La terre les dévore pour réchauffer sa chair. Déjà, les oiseaux ont crevé les yeux des tournesols et des épis de maïs. Les fruits gèlent sur les branches avant le vin d’hiver. Les épinettes gonflent leurs gobelets de résine. Les insectes frileux rejoignent l’invisible. Les criquets sèchent dans les plinthes et retournent au silence. La pluie d’octobre éveille les enfants de poussière. Je me perds partout mais ne retrouve que... [Lire la suite]