mercredi 26 octobre 2016

ODE AU ROUGE

Te dirais-je le rouge obstinéqui hante nos nuitsdès le premier passagele rouge cuivré des villessous la lumière vespéralele rouge brique des écorces pilléesde sève et de sang mêléou celui sombre matricielqui nous engendra ?On se tient juste à la frontièred’un présent fragileon arbore le rouge des tempêtesenfin apaisées celui des fils emmêlésd’une mémoire chiffonnée.Toujours incandescenteou presquenotre âme se repaît d’éclats solairesde mots luciolesqui nous tourmentent.Parfois le rêve s’éveille de rouge colorégarance cinabre ou... [Lire la suite]

lundi 26 septembre 2016

À TOI QUI SAIS TENIR PAROLE

Toi, femme aux mains de poignante douceur, lèvres offertes comme fardées au pinceau rouge du vin des noces de Cana, je salue en ta chair la naissance du monde, toutes saveurs du sel, ton parfum de fourrure, l'appel sourd de la terre, sa promesse de source, son octroi de froment.Toi, femme qui inventes la prosodie de mes paroles, toi par qui mes songes prennent corps ; tu as flétri mes cauchemars dans tes flancs de longue houle.Avant toi, rien, jamais, ne m'avait suggéré que le poème est la pâture pour faire éloge ou récuser ; que sa... [Lire la suite]
jeudi 30 juin 2016

L’ÉCRITURE DU DÉSASTRE...Extrait

« Si Autrui n’est pas mon ennemi (comme il l’est parfois chez Hegel – mais un ennemi bienveillant – et surtout chez Sartre dans sa première philosophie), comment peut-il devenir celui qui m’arrache à mon identité et dont la pression en quelque sorte de position – celle du prochain – me blesse, me fatigue, me poursuit en me tourmentant de telle sorte que moi sans moi je devienne responsable de ce tourment, de cette lassitude qui me destitue, la responsabilité étant l’extrême du subissement : ce de quoi il me faut répondre, alors que je... [Lire la suite]
samedi 11 juin 2016

LETTRE A LA FEMME AIMEE AU SUJET DE LA MORT

Je veux te dire cette sorte de secretqu’on ne lit qu’en soi loinderrière les paupières ferméeslongtemps après que sur le cercueilse sont reformés les liens du jour   tes morts ne sont qu’à toitoi seule sais leur nom véritablecelui qu’on n’écrit pas aux registresparce qu’il n’est signe dans nulle langue humaineet qu’il n’est pas d’oreilles pour la voix qui le dittoi seule les vois tes mortshors leur visage de cendreset les vois sans faillir dans l’absence mêmetoi seule l’ombre plus claire dans l’ombreoù leur regard paraîtet... [Lire la suite]
dimanche 22 mai 2016

INSTANT

Comme tout le sel de la mer peut se goûter du bout d'un doigt Ainsi toute l'éternité est le suspens d'un seul moment L'unique battement de cils de la paupière originelle Est à l'instant de tressaillir sur un œil qui ne le sait pas Ce battement s'est répété des trillions de trillions de fois Pourtant au bout du plus long cil l'étoile inexistante encore Attend de poindre à la prunelle où elle est fixe pour jamais Au crépuscule transparent d'un bleu d'avant le firmament Ce petit jour est l'avant-goût annonçant le Commencement ... [Lire la suite]
lundi 7 mars 2016

IL ETAIT NE...

Il était né d'une poussière d'écume et d'un bloc de craie sur le bord d'une mer qui lui donna le sein. Et chaque vague le poussait à regarder plus loin, au delà des frontières qu'il ignorait encore. Le ciel était lourd de souvenirs à grandir. Toujours il garda son cœur de falaise, rempart à la tourmente mais friable au zéphyr et chantait souvent des airs de marins en baissant le front comme pour une prière à la vie. Humble dans le soleil couchant. Et sa peau de sel avait soif d'amour et d'histoires de vents. Quand celui du noroît lui... [Lire la suite]

mercredi 17 février 2016

LA PRISON DU CIEL

N'être pas mêmetrace de sa pensée− ce désespoir d'avoirdépensé son dernier nuage − Seulementle sujet d'une biographieentre fable & aveucherchant un verbe de passageune occasion d'appareillerpour aller fonder l'Acropolede quelques volées de vocables& d'oiseaux mangeurs de soleils * Naître en prenant le temps l'espacecomme on prend un train pour ailleurspour des vergers comme des pagesd'abeilles butinant le blancquand l'allégresse des enfantssurgit de la légende fraîchedu linge qui gifle le vent * Le sens de quel... [Lire la suite]
mardi 16 février 2016

SOUFFLES ET SONGES...Extrait

Surprise de l'aurore échappée de la nuit sauvage comme un filet d'eau clair qui délivre les joies possibles Le vent a chassé les nuages, balayé les mémoires Un étrange lumière invite au songe révélant la naissance du monde La vie n'est-elle qu'une escapade aux sources du soleil ?   .   COLETTE GIBELIN   .   Oeuvre Jean-Claude Barthel    
lundi 2 novembre 2015

JONAS...Extrait

... voilà, amour tout est prêt maintenant tu peux naître ! ta vie est neuve mais porte, empreintes en ton corps-âme : l’histoire des tiens et toute la capoeira de la forêt primordiale ... dangers, danses et défenses peurs et prostrations inscrits en toi en miniature attendent leur moment pour éclore le chant de tes ancêtres est le nid d’où tes rêves prendront leur envol  ...  . . . NANCY HUSTON . . .   Photographie Nathalie Magrez              
mardi 22 septembre 2015

GRIS LUMIERE...Extrait

Ignorant de ma fin et de mon commencement, j’écris aveuglément pour apprendre de l’encre des signes ce qui ordonne et croise la trame des images et la chaîne des mots   j’écris pour que la blancheur irrévocable qui ajoure et cerne les mots saisis par l’encre se souvienne du souffle qui les assemble en les mêlant à l’air qui me traverse.   Je veux qu’entraîné par la nappe de silence qui sourd et s’étend quand la page se détache de moi soient abolis regrets, désirs, attente et que, même fragment, l’écrit s’achève ... [Lire la suite]