samedi 22 juillet 2017

NOS MAINS DANS L'EAU

Nous remuons cette eau. Nos mains s’y cherchent, S’y effleurent parfois, formes brisées. Plus bas, c’est un courant, c’est de l’invisible, D’autres arbres, d’autres lumières, d’autres rêves.   Et vois, même ce sont d’autres couleurs. La réfraction transfigure le rouge. Était-ce un jour d’été, non, c’est l’orage Qui va « changer le ciel », et jusqu’au soir.   Nous plongions nos mains dans le langage, Elles y prirent des mots dont nous ne sûmes Que faire, n’étant rien que nos désirs.   Nous... [Lire la suite]

samedi 22 juillet 2017

ANDREE CHEDID...Extrait

L'arbre tenait par ses racinesMais les cendres asphyxiaient l'écorceLes branches renonçaient à l'oiseauLes feuilles se gaspillaientAlors j'ai criéCrié à travers chosesLes déserts par instantsReculaientJe m'attelais au criRêvant échosMobilisant étoilesTaillant passerellesCreusant galeriesJe me rivais au criAmeutant l'eau qui stagneRaccordant l'astre aux bergesMe liant aux visagesDressant voûtes et fondementAlors la vieFit plus loin dans sa réponsePlus loin que tout l'imaginéDes branches enfantèrent d'autres branchesLes paumes... [Lire la suite]
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mercredi 12 juillet 2017

PAR-DELA LES MOTS...Extrait

Recueillir le grain des heures Éteindre l’étincelle Ravir un paysage Absorber l’hiver avec le rire Dissoudre les nœuds du chagrin S’imprégner d’un visage Moissonner à voix basse Flamber pour un mot tendre Embrasser la ville et ses reflux Écouter l’océan en toutes choses Entendre les sierras du silence Transcrire la mémoire des miséricordieux Relire un poème qui avive Saisir chaque maillon d’amitié   .   ANDREE CHEDID « Par-delà les mots »   .   Photograhie Hengki Koentjoro    
mercredi 12 juillet 2017

L'ONDEE

Sous son sarrau d'ambre et d'ébène L'ondée aligne ses sarments Comme autant de larmes anciennes Que le vent sème sur les champs Il se fait tard sous la remise Le soir détrousse le jardin Sous le préau lassé s'irise Un crépuscule byzantin La nuit s'en vient filant sa laine Le long des murailles noircies Sans rémission saigne la plaine Sous l'oeil opalin de la pluie Sous son sarrau d'aube liquide L'ondée aligne ses sarments Comme autant de larmes candides Que le vent sème sur les champs   .     SYLVIE MEHEUT ... [Lire la suite]
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lundi 10 juillet 2017

FEUILLETS, ECRITS I...Extrait

L’exubérance, fleurs, feuillages, du milieu de juin n’est rien comparée à la puissante maturité qui saisit cette terre plus belle qu’aucun ciel. A la fin de juillet le ciel auparavant comme une lisse toile bleue se creuse soudain, gouffre sans un frisson où baignent les feuillages verts et noirs d’une dureté inexorable ; et lorsque août arrive, on voit vers le soir la lumière comme un fleuve fuir à l’horizon vers une mer inconnue et rendre à la voûte abandonnée sa transparence peu à peu chargée d’étoiles.   .   Gustave... [Lire la suite]
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dimanche 9 juillet 2017

DEMETER

Jouissance, en étroit contact    l'argile fraîche et ma peau.    Chemins ouverts    sources bavardes    résineux    et térébinthes    désordre d'herbes,    c'était jouissance...    Un stylet    a pris place en mon âme.    Maintenant sans mâture    tout a goût de cendres    tout m'est étranger    indifférent.    Jambes fantômes... [Lire la suite]

samedi 8 juillet 2017

AGNES SCHNELL...Extrait

Elle rêvait souvent, alors...Elle multipliait les rêves comme si la vie, menacée dans son terme, avait besoin d’être doublée, prolongée par l’illusion du songe.Son inconscient créait des lieux infinis. Elle passait de l’un à l’autre avec aisance, traversait le temps, les âges, les contrées sans s’étonner. Elle nouait le presque réel à l’absurde sans se réveiller. Il lui arrivait d’en rire dans son sommeil, d’en sourire encore se réveillant......Ses rêves germaient le jour et s’épanouissaient la nuit. Mais, de temps à autre, ils... [Lire la suite]
dimanche 2 juillet 2017

NIZAR QABBANI

" Je bruis de tes mots, de ton souvenir, comme se gargarise de ses eaux la fontaine de la maison andalouse. Je ne peux plus garder ton prénom pour moi. Que peut faire la rose de son parfum, que peuvent faire les champs de leurs épis, le paon de sa queue et la lampe ancienne de son huile? Les gens te voient en goutte de pluie sur mon épaule, en bouton doré à la manche de ma chemise, en livre sacré accroché à mon porte-clés, en blessure oubliée sur les rives de mes lèvres: non je ne peux plus te cacher a personne. Trahi par la touffeur... [Lire la suite]
mardi 27 juin 2017

VOLEES D'ACTES DE PAROLES EN EPANCHEMENTS

Le temps accumulant compulsivement les années, l’homme égare ses valeurs qu’en principe, il « discerne » ; le mirage de sa raison trop hantée par l’écho n’éprouve estime et patience que pour ce qui le leurre... Marée retirée : maintenant se trouve presque vide la maison qui grouillait de nos vies et de nos objets, à la commode près et sa lourde plaque de marbre s’excusant d’être là, dérive sans affectation... Je sais la terre : j’en garde tous les jours sous les ongles. La pensée d’être mis sous elle ne m’effraie en rien. De la... [Lire la suite]
samedi 24 juin 2017

MARGUERITE A LA SOURCE...Extrait

«Il me revient parfois à la saison des transhumances une soif de pays sans cartes ni barbelés un désir de terre à façonner comme glaise redonner souffle aux choses mortes faire vivre les pierres au-dedans de moi-même afin que se bâtisse un cloître de soleil où les haies d’herbes folles seraient une prière et la branche brisée une chanson d’été   .   CLAUDE BENADY     .