mardi 13 novembre 2018

RIEN N'OBSCURCIRA LA BEAUTE

  Nulle défaite ne m’a été épargnée. J’ai connule goût amer de la séparation. Et l’oubli de l’amiet les veilles auprès du mourant. Et le retourvide, du cimetière. Et le terrible regard de l’épouseabandonnée. Et l’âme enténébrée de l’étranger,mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde. Ah ! On voulait me mettre à l’épreuve, détournermes yeux d’ici-bas. On se demandait : « Résistera-t-il ? »Ce qui m’était cher m’était arraché. Et des voilessombres, recouvraient les jardins à mon approchela femme aimée tournait de loin sa face... [Lire la suite]

jeudi 8 novembre 2018

A L'ECHAPPEE

L’heure est ouverte. Toujours. La seconde offerte à la vie, la durée la zappe et ne s’en souvient que si elle subjugue. Sur la table, proche du mur où repose l’horloge, un vase et un bouquet de fleurs. Au fond de l’écuelle, un peu d’eau pour maintenir la vie et la couleur. Une gorgée de lumière dans le sillon qui traverse la pièce. Tout est calme et silencieux lorsque le temps sonne la cadence. Le rythme régulier du tic-tac ressemble à celui des vagues uniformes venues mourir sur la plage. Il est midi, il est minuit. C’est... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:07 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,
mercredi 7 novembre 2018

LA FÊTE DE L'EAU

  L’on chante une rivière mal chantée car trop chantéecomme un mantra qui de tout l’affirmerait victorieuse,car ce n’est plus par réflexe qu’il faut nous y pencher : plutôt rompre la mécanique des automatismes,penser son cours comme notre propre réseau sanguin irriguant les tissus les plus essentiels de notre être ; autour les sources sont sèches, l’aridité ruisselleen un pays d’illusions comme de réalitéoù le mistral abrite les foulques et l’éphémère ; l’on chante la rivière aux factionnaires disparusdans un... [Lire la suite]
jeudi 1 novembre 2018

LE CORPS DU DELIT

Je veux traîner le monde derrière mes yeux, toucher avec ses mains le corps du délit. On ne comprend pas le désert sans manger la poussière. On ne sait pas l’assiette sans façonner l’argile. Mon chemin passe par les jardins, le silence, l’odeur de terre. Il rejoint par le vent le sillage des oiseaux. Il dort quelque fois à l’auberge des brouillards. Il s’éveille entre les lignes d’un poème. Il fait fondre la neige avec sa main de feu. Il court avec la biche sans écraser les mûres. Il traverse les murs. Il repère les portes. Il emporte... [Lire la suite]
dimanche 28 octobre 2018

LE BONJOUR ET L'ADIEU...Extrait

L'air au goût de saugeabeilles et lavandes dans le même soleilombre douce de l'amandier...Le vent chasse le ventmais qui parlerait d'usure ?Les distances sont au coeurcomme neige d'avrill'âcre goût d'un signeen fraude et qui s'éteintMais la brûlure sur nos visages démuniset les traces peut-être dans la mémoireô lumière suppliciante !Pour que l'herbe retienne encorece tremblement d'espace   ...   Un creux d'herbe vivanteoù le visage même du néantarrache un peu de sa tendresseau mouvement du coeur le plus vasteet le sang... [Lire la suite]
samedi 27 octobre 2018

POSSIBLE ETERNITE...Extrait

La croûte du pain fermée le miel offert   Une vieille parenté de soleil porte ses cuillères au paysage Le matin mouillé d'or frais l'anche d'un oiseau s'en accommode quand le chant ruisselle sur les menthes du jardin. .   . . . JEAN-PIERRE NICOL . . . . .  Photographie Thami Benkirane https://benkiranet.aminus3.com/  
Posté par emmila à 19:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

samedi 27 octobre 2018

DOMAINE DU LEVANT...Extrait

Maintenant que tout veille il y a une attente de plus dans la maison aux souvenirs. En quel lieu ? Près de quel mirage et sur quel promontoire cette statue sainte, cette pierre levée? Un effroi glisse sur la route assaille ton épaule d'homme Le ciel étire des couleurs légères, inconnues. As-tu rendu visite à la paix, aujourd'hui ? lui as-tu dis ta gratitude ? lui as-tu rendu grâces dans nos fossés de ronces et de millepertuis ? .   ... .   Puisque le temps déroule ses gemmes comme un... [Lire la suite]
jeudi 25 octobre 2018

LA POURSUITE DES APPARENCES...Extrait

Nous dispersons les mots dansla confusion de la terreet d’un autre lieu qui nousles rend visiblesEt nous, qui nous voit ?Tout ce qui prend silenceLes feuilles, les branches, les pierreset les murs comme des motssortant des mots, nous fixantsur terre où nous sommes le corpsdes années regagnant la surface     .     GEORGES DRANO     .  
Posté par emmila à 10:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
mercredi 24 octobre 2018

C'ETAIT UN PETIT CHEMIN DE TERRE

C'était un petit chemin de terre. Il serpentait à travers la plaine, à l’écart des grandes villes. Des talus broussailleux, des peupliers et des bouleaux, des rochers le bordaient. À l’un de ses méandres il frôlait une croix de pierre au socle tout moussu. Puis il partait se perdre quelque part dans la plaine, parmi les ronces et la poussière. Exténué par tant d’immensité il finissait par se dissoudre sous l’herbe rase et les cailloux ainsi que s’effacent les morts invités par la nuit de la terre au grand mystère de la disparition. ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 11:18 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
dimanche 21 octobre 2018

LE TEMPS S'INCLINE

On entre au défaut de la forêt, plus haut que laines et faucheurs. Les genêts montent leurs cosses noires. Marche à la longue et le pas détrempé. Quel arbre fut jamais aussi vrai, venu des nœuds,de sondes et d'un seul jet, que cette lame rêche au plat de l'air? C'est qu'un profil ancien me double,un autre temps épaissit le regard: quand la joie déboulait du matin, entre ses toiles grèges, et l'eau prise à l'étau de sapins étourdissait la peau battante. La main, marcheuse des cœurs, était terriblement confiante. Je... [Lire la suite]
Posté par emmila à 15:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,