jeudi 16 avril 2009

MARTHE

  Marthe que ces vieux murs ne peuvent pas s’approprier, fontaine où se mire ma monarchie solitaire, comment pourrais-je vous oublier puisque je n’ai pas à me souvenir de vous: vous êtes le présent qui s’accumule. Nous nous unirons sans avoir à nous aborder, à nous prévoir comme deux pavots font en amour une anémone géante. Je n’entrerai pas dans votre coeur pour limiter sa mémoire. Je ne retiendrai pas votre bouche pour l’empêcher de s’entrouvrir sur le bleu de l’air et la soif de partir. Je veux être pour vous la... [Lire la suite]
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samedi 28 mars 2009

DOUTE

ma maison dans le fond du jardin chancellej'avais mis des pierres de mots et de couleurs avec des joints de chants d'oiseaux souris et lézards y logeaient fallait-il la barder de certitudes ? je n'en ai pas trouvéesj'ouvre la porte le chèvrefeuille s'est endormi sur un tapis de mousse les pommes ont roulé sous les armoires et la rose a perdu ses pétales - les murs vont de guingois  la chouette est partie par un trou dans le toit - sur le coin du buffet un paquet de promesses enrubanné de bleu - le chant... [Lire la suite]
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jeudi 26 mars 2009

MEHAREES...Extrait

"... D' ailleurs, passant de la mer au désert, faisais-je plus que changer d'océan? Qu'il soit d'eau ou salée, de sables ou de cailloux, c'est toujours un océan. Et voilà pourquoi, à les avoir vécues tour à tour, on découvre tant de points communs entre la vie du marin et celle du Saharien, une  secrète et profonde parenté.Matérielle, tant les deux milieux - au sens biologique du mot - sont, malgré les apparences, comparables, et partant, psychologiques aussi.Le monde polaire, océans de glace et déserts de neige,... [Lire la suite]
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dimanche 22 mars 2009

LA PIERRE PULVERISEE

Bien avant l'ère chrétienne les menhirs,les arbres et même les étoiles à travers d'abstraites constellations en formes d'animaux fabuleux remplaçaient nos églises.La croyance était dans l'air, l'autel était déjà en germe (et même plus élaboré qu'on ne le croit) dans l'oeil du berger, de l'analphabète, du cueilleur de baies sauvages qui s'interrogeaient sur les nuages, la lune, la tombe où gisaient leurs défunts. La pierre était habitée par des fées, des lutins animaient l'eau vive. Il y a eu des... [Lire la suite]
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samedi 21 mars 2009

SANS TITRE

Elle est venue la nuit de plus loin que la nuitA pas de vent de loup de fougère et de mentheVoleuse de parfum impure fausse nuitFille au cheveux d'écume issue de l'eau dormante.Après l'aube la nuit tisseuse de chansonS'endort d'un songe lourd d'astres et de médusesEt les jambes mélées aux fuseaux des saisonsVeille sur le repos des étoiles confuses.Mais elle vient la nuit de plus loin que la nuitA pas de vent de mer de feu de loup de piègeBergère sans troupeau glaneuse sans épisAveugle aux lèvres d'or qui marche sur la... [Lire la suite]
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vendredi 13 mars 2009

CHANTS DU PARADIS

La terre amour est ma seule ancre Nous marchons sur des eaux de pierres   Et plus ne peut m'accrocher l'éternelle jeunesseNi la récitation par coeur de la peau et des cendres Jetées aux ciseaux du hasard   J'accueille avec affection le vivant, sa tendresse Joies des papillons, clins d'oeil des fleurs muettesEt ce chamois couché sur le divin. Tant de confiance   Le tour de chance éclairs-soleils passe comme un éclairIl faut cent vies pour comprendre Amis défunts sur des os de merveille ... [Lire la suite]
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vendredi 13 mars 2009

UN RIEN QUI FAIT AIMER UN TOUT

C’est tout, C’est rien.   L’autre jour, en défrichant, j’ai trouvé un grillon mort, réplique du vivant, mais sans couleur, comme en papier calque, et fragile, et beau d’un rien aux formes d’un tout. Son chant était parti, ses couleurs aussi, et pourtant, il vibrait encore dans l’aurore. Même la rosée l’avait épargné, comme une momie sacrée.   Beau d’un rien qui fait aimer un tout.   Une sorte de pliage en papier gaufré, vous savez, ces feuilles de larmes... [Lire la suite]
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dimanche 8 mars 2009

UN BRUIT TRES BAS

"Le bruit très bas à peine si on l'entend de la pluie qui commence à tomberet pose doucement ses doigts sur les feuilles une à une puis s'enharditet gifle le feuillage heureux que l'eau ruisselle Le bruit très bas à peine si on l'entendde la source timide cachée sous la verdure entre les menthes les guimauves le cressonla source qui fait modestement son travail de source mais va rejoindre par de très longs chemins l'océan Atlantique Le bruit très bas à peine si on l'entendd'une mélodie encore suspendue que les doigtsdu... [Lire la suite]
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samedi 7 mars 2009

LE LIVRE DE SAN MICHELE...Extrait

"  Dieu du jour, Donneur de lumière, ne peux-Tu rester un peu avec moi? La nuit est si longue pour la pensée qui n'ose rêver d'un lever de soleil! La nuit est si sombre pour les yeux qui ne peuvent voir les étoiles!Ne peux-tu m'accorder quelques secondes encore de ta radieuse éternité pour contempler ton royaume magnifique, la mer bien aimée, les nuages errants, les glorieuses montagnes, les ruisseaux bruissants, les arbres accueillants, les fleurs parmi l'herbe, les oiseaux et les bêtes, mes frères et mes sœurs du ciel, des... [Lire la suite]
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mercredi 25 février 2009

POESIE ET ENGAGEMENT

« Au moment où le maître, le colonisateur proclament "il n'y a jamais eu de peuple ici", le peuple qui manque est un devenir, il s'invente, dans les bidonvilles et les camps, ou bien dans les ghettos, dans de nouvelles conditions de lutte auxquelles un art nécessairement politique doit contribuer. » Gilles Deleuze . L’amour inconditionnel nous élève bien au-delà de nos égoïsmes particuliers en éclairant ces territoires sublimes du rêve sans lesquels nos si fragiles existences dépériraient dans les ornières obscures d’un utilitarisme... [Lire la suite]
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