mardi 17 juillet 2018

PATRICK ASPE...Extrait

Suis-je déjà mort... Il est des temps où la raison l'emporte sur les choix du temps...Mille raisons qui font la volonté des humains ...Que demain m'apporte la nuit infinie des mots,Morts joyeuses en éclats de vie,allongé dans les fougères fraîches,contemplations des cieux sous les grands arbres,la tête proche des racines et des pierres,monde oublieux...,l’eau des sources me baigne - aux galets,aux sables,où est-il ce mystère des hommes...Prendre son temps pour s'offrir aux vents...Rires insouciants des enfants...Les baisers... [Lire la suite]

mardi 17 juillet 2018

L'ADOLESCENCE...

C'est un coin d'herbes folles, de bleuets, de chiendent,Blotti entre la jungle infernale des grandsEt le petit jardin tranquille de l'Enfance,C'est une île inconnue de vos cartes adultes,Un lagon épargné, une prairie inculte,Une lande battue où les korrigans dansent,L'Adolescence...C'est l'échelle de soie, c'est Juliette entrevue,Debout dans le miroir c'est la cousine nueQui s'émerveille et crie au fond de mon silence,C'est un baiser volé à la barbe du Temps,C'est deux enfants qui s'aiment à l'ombre d'un cadranOù sous chaque seconde... [Lire la suite]
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mardi 17 juillet 2018

HENRI GUERIN...Extrait

Comme une couturière en journée Le vent a coupé, taillé, rogné Tout au long du jour Dans le coupon du ciel. Dès le soir venu, Il a ramassé minutieusement Toutes les chutes d’étoffes épandues Pour en faire un petit tas coloré Qu’il a poussé Dans un des coins de l’horizon. Il est parti en emmenant Pour tout paiement de sa journée Dans son vieux cabas de couturière Le soleil, rond et doré Comme un écu.     .     HENRI GUERIN 1952 http://www.henri-guerin.com      .   ... [Lire la suite]
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mardi 17 juillet 2018

HENRI GUERIN...Extrait

Nous ignorons de moins en moins de choses, nous commençons à savoir comment s'établirent les montagnes, quand les océans refluèrent, pourquoi ils battent sur nos berges. Nous connaissons mieux les caprices du ciel et de la terre, nos vieilles terreurs semblent reculer à mesure que s'étirent vers le bas autant que vers le haut, nos lunettes du dedans jointes à celles du dehors. De nouveaux aventuriers, guetteurs de vie et nouveaux poètes, du biologiste à l'astrophysicien, scrutent les infinies combinaisons de la matière que voile à... [Lire la suite]
lundi 16 juillet 2018

LES EPIPHANIES...Extrait

Le lit des choses est grand ouvert. Je me suis endormi, pensant que c'était trop beau et que la terre s'échapperait. Je craignais tout des ventilations absurdes d'une nuit en colère. Les matins me fustigeaient. Je vivais crédu­lement. Sourcier infatigable, je cherchais l'Orifice originel, premier ouvrage par où passer la tête et crier au Soleil. J'ai trouvé! Je confectionne sur mesure une amoureuse. (En vérité, elle m'est venue d'une ville rêvée posée sur de grands boutons-d'or.) Les peu­pliers s'organisent. Les rossignols... [Lire la suite]
samedi 14 juillet 2018

LA LUMIERE LA MÊME...Extrait

Chaque jour emporte un bout de vie un éclat de lucidité chaque jour apporte plus de souffrance plus de silence et de résignation La vague avance et recule elle arrache au rivage un peu de sable une plume une feuille elle apporte sur le rivage des brindilles et une écume jaunie. Et pourtant tout recommence l'eau s’est refermée sur le caillou lancé par l’enfant le souvenir tombe dans l’oubli Dans l’invention du rêve Parfois un geste s’ébauche une phrase se forme on voudrait... [Lire la suite]
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samedi 14 juillet 2018

A LA FIANCEE DU VENT

Et ce n’était rien la pluie. Sinon la touche du vent, la cillée des nuages, les mains aux nœuds défaits, légères à pétrir le ciel de leurs doigts de fontaine. Rien sinon ce qui échappe. Et s’abandonne à l’air. Rien sinon ma danseuse d’automne. Suspendue. Flottante. En devenir dans le tourbillon de son âme déchirée. Rien sinon votre chair qu’aucun mot n’habille. Votre feu qu’aucun regard n’éteint. Votre sang et vos larmes qu’aucune bouche jamais ne parviendra à sécher. Ma danseuse, tout feu, tout... [Lire la suite]
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samedi 14 juillet 2018

QUELQUES GOUTTES DE SOLEIL ET APRES...Extrait

Des brins de paille dans les cheveux nos cris et ceux des hirondelles frôlant les champs de lavande dans la lourdeur de l'air tant de chaleur tant de secrets les cachettes du buis le froid de l'arrosoir sur les lèvres et les grelots des chèvres le soir à la même heure sur les mêmes chemins on serre contre soi ces images sans serrure comme on vole une fleur sur un talus  ... Nos demeures s'attardent en nous longtemps après notre départ leur odeur la couleur... [Lire la suite]
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mardi 10 juillet 2018

MON CORPS ET MOI...Extrait

 Je ne recollerai pas les morceaux du souvenir. Le ciel craquelé des puzzles ne ressuscite point la féerie. Ce que je me suis rappelé ne m'a jamais donné l'impression de vie que par de nouveaux regrets suscités. Aussi, de tous les hommes, les plus tristes et les plus malheureux m'apparaissent ceux qui naquirent doués des meilleures mémoires. Ils ne triomphent point de la mort mais, par la plus inexorable fatalité, chaque transsubstantiation qu'ils essaient, au lieu de prolonger leur passé, tue leur présent. Victimes de leur... [Lire la suite]
lundi 9 juillet 2018

BRUNO ODILE...Extrait

Le temps n’existe pas, n’existe plus. Il est une matière souple et non déterminée. L’heure humaine exauce l’espace dans lequel chacun se compte par le contenu de son énergie. Une multiplication de l’infini s’ouvre au bout de nos langues et se referme sous nos pas. Ainsi, nous habitons, tour à tour, les hautes et lointaines étoiles où le cœur va, en une fraction de secondes, de la lune jusqu’à la lumière intersidérale. Et l’on passe son temps à essayer de réconcilier l’angélique regard de l’enfant à celui du vieillard aguerri de mille... [Lire la suite]
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