lundi 9 juillet 2018

BRUNO ODILE...Extrait

Le temps n’existe pas, n’existe plus. Il est une matière souple et non déterminée. L’heure humaine exauce l’espace dans lequel chacun se compte par le contenu de son énergie. Une multiplication de l’infini s’ouvre au bout de nos langues et se referme sous nos pas. Ainsi, nous habitons, tour à tour, les hautes et lointaines étoiles où le cœur va, en une fraction de secondes, de la lune jusqu’à la lumière intersidérale. Et l’on passe son temps à essayer de réconcilier l’angélique regard de l’enfant à celui du vieillard aguerri de mille... [Lire la suite]
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dimanche 8 juillet 2018

LES VRILLES DE LA VIGNE...Extrait

"Moi, j'aime. J'aime tant tout ce que j'aime ! Si tu savais comme j'embellis tout ce que j'aime, et quel plaisir je me donne en aimant ! Si tu pouvais comprendre de quelle force et de quelle défaillance m'emplit ce que j'aime... C'est cela que je nomme le frôlement du bonheur. Le frôlement du bonheur... caresse impalpable... frisson mystérieux près de se fondre en larmes, angoisse légère que je cherche et qui m'atteint devant un cher paysage argenté de brouillard, devant un ciel où fleurit l'aube, sous le bois où l'automne souffle une... [Lire la suite]
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samedi 7 juillet 2018

BRUNO ODILE...Extrait

Nous portons nos enfances jusqu’aux bords ruisselants de nos frontières. Des bouts de fils et de laine blanche tricotent ensemble des longs cordages extravagants. Nos candeurs exhalées dévisagent le monde et tirent la langue aux passants incongrus. Nous portons nos enfances comme le charretier conduit son attelage, se frayant un chemin parmi les ombres et les ravins. Nous détenons dans le regard toute la source de nos magnificences et c’est de ce reflux d’images, tantôt normales, tantôt subliminales, que nous extirpons des vagues... [Lire la suite]
jeudi 5 juillet 2018

JEAN LAVOUE...Extrait

Sais-tu que marcher simplementPeut suffire à sauver le Poème en toiA lui donner son rythmeSes brusques éveilsSon glissement de pasSes arrêts sur un filSon élan furtif Sais-tu qu’une maison peut abriterTous les sentiers de la forêtTous les rivages de l’océanTous les secrets de l’universTous les oiseaux du cœur Qu’elle peut laisser grandir tous les soleils de l’âme T’avancer silencieux Tel un funambule un livre à la mainAvec souplesse et légèretéLenteur et gravitéPeut devenir à l’instant mêmeTa danse lumineuseTa liturgie... [Lire la suite]
jeudi 5 juillet 2018

GEORGES EMMANUEL CLANCIER...Extrait

Non, faux magicien des vocables,L'alezan ne s'enracineraPas plus que l'érable ne détale,De pierre demeurera la roche,Et l'odeur, sur l'océan, des rosesNe laissera qu'illisible sillageOù ni l'écuyer n'éperonnera les vaguesNi le monstre marin la cavale écumante.Branchu, feuillu, danseur et murmurant,Jet d'ombre et de soleil vert sera l'arbre,Geste somptueux et calme de la vie,Cependant que du col, des naseaux et des flancs,De ce grand œil de sultane languide,De ce panache sur la croupe volant,Telle encore te séduit ta conquêteQue le... [Lire la suite]
lundi 2 juillet 2018

EN GUISE DE SANG

   Je suis ce sang        qui souvent se love        en véhémences colorées        je suis ce sang        qui bouleverse        les plans d'états-majors        bouscule les lampes        se faufile dans les veines        des... [Lire la suite]
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dimanche 24 juin 2018

APPELEZ-MOI PAR MES VRAIS NOMS... A GEOFFREY

Ne dites pas que je pars demain, car j'arrive encore aujourd'hui.   Regardez bien : j'arrive à chaque seconde pour être un bourgeon sur la branche au printemps, pour être un petit oiseau aux ailes encore fragiles, qui apprend à chanter dans un nouveau nid, pour être une chenille au cœur d'une fleur, pour être un joyau qui se cache dans la pierre.   J'arrive encore, pour rire et pleurer, pour avoir peur et espérer, le rythme de mon cœur est la naissance et la mort de tout ce qui vit.   Je suis l'éphémère qui se... [Lire la suite]
mercredi 13 juin 2018

PASSANT DE LA LUMIERE - PASSAGE DU PASSEREAU

Le passereau est un passer-moineau, un petit oiseau de l’ordre de ceux qui passent et traversent, fuselés, la vie précaire. Le passereau est éphémère, il est passe-fleur, passiflore, passionné comme l’anémone qui vibre en plein vent d’étincelles. Ses poumons sont d’oiseau éphémère, les bronchioles se ramifient dans le tissu pulmonaire, le traversent et se prolongent par des sacs aériens qui sont tissus d’or et de songes dans le souffle des nuages. Le passereau passe le souffle dans le syrinx de son chant comme message d’un ciel si... [Lire la suite]
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lundi 11 juin 2018

PLATERO ET MOI...Extrait

Doux Platero trottinant, mon petit âne, qui tant de fois transporta mon âme - seulement mon âme !- par ces profonds chemins de figuiers de Barbarie, de mauves et de chèvrefeuilles : A toi, ce livre qui parle de toi, maintenant que tu peux le comprendre. Qu’il touche ton âme qui broute désormais au paradis, avec l’âme de nos paysages de Moguer, elle aussi , avec la tienne, est montée au ciel.   ...   Regarde, Platero, toutes ces roses qui partout tombent ; roses bleues, roses blanches, incolores... On dirait que le ciel... [Lire la suite]
jeudi 7 juin 2018

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

À l'heure blanche d'heuresles nuages s'abolissentdans un ciel démâtéS'endérivent échevelés aux doigts du vent fileursans limitesTon coeur gîte en pleine meroù l'horizon s'égare dans l'oeil fixe des mauves --Seul amerce regardpeuplé d'ailes.   .     ANNE MARGUERITE MILLELIRI     .