samedi 23 septembre 2017

LE MARRONNIER

Pose ton front contre le coeur du marronnier, prête l'oreille au trajet de la sève, à cette force qui forge l'oiselet dans le ciel-du fer incandescent crissantprès du soleil-,écoutele grand dire du bleu: que tout nuage est une feuille, feuille aussi l'hirondelle,jusqu'à cette étincellesur les traverses de l'orage, jusqu'à l'étoile,  Tout naît de l'arbre et de sa courseà l'aplomb de la terre, de son cheminement sans griffesparmi la lave et le cortex, sous le lichen et sous la mousse, sous le plumage et sous le derme, en telle... [Lire la suite]
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jeudi 21 septembre 2017

BRUNO RUIZ...Extrait

Je veux vivre une éternité de chat dans la soie des corbeilles, avoir des yeux immenses et verts, la souplesse du corps, l’agilité dans les pattes. Je veux dormir des heures entières dans les herbes, ronronner dans les bras de celle que j’aime, dormir sous ses broderies, rêver sur le mur quand le jour descend. Je veux me faire les griffes sur la bêtise des hommes, atteindre des cimes et m’incliner devant l'envol de l’oiseau. Je veux jouer avec les souris, m’enrouler aux balustrades, me frotter aux arbres, reconnaître mes maîtres, me... [Lire la suite]
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mercredi 20 septembre 2017

ANDREE CHEDID...Extrait

Pour un coin d’eau de traces et d’herbe verteOù l’oeil serait nu le cœur de roséeLes mains feuilles ouvertesJe vaisAile au soleilMarchant pour l’étoileSon odeur de résine et de rêve d’enfantC’est la route des fables la route des genêtsQue bordent les noirs sourires d’enracinésVoici l’île la fleur la découverteVoici l’oiseau chanteurVoici les lendemainsLes mensonges aux yeux de mouettes.   .     ANDREE CHEDID     .
mardi 12 septembre 2017

BABEL, BABYLONE...Extrait

Je dirai un jour prochain la haute magie des maisons de terreJe dirai leur charme naturelJe dirai leur climatJe dirai leur douceur de roséeJe dirai la grande rosaceEt sa fraîcheur termitièreJe dirai la région divine en ellesOùni pouxni bellesni poubellesne vicientl’airdu bon dieu Car des bondieuseries occupent nos têtesMais le paysage n’en a cureIl n’est même pas païenIl n’est même pas chrétienEt pas même musulmanIl est infini à la mesureDe l’amour qui nous consumeVivre savammentMourir avec le sourireQuelle rime tristeJ’éclaterai... [Lire la suite]
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dimanche 10 septembre 2017

NATHALIE RIERA...Extraits

Je suis l’amour dans la poussière des routes, mon espritn’a que lavandes et embruns pour sentiers.Je suis l’amour comme vous. Vous savez, lorsque l’onse choisit  pour se dire ce que nous n’avons encore dità personne.Vous savez que je suis l’amour comme vous, alors pourquoi le fer et le fiel ... Nous sommes l’amour inhérent.Je me rafraîchis aux ombres claires, à l’eau du cœur,à la fraîcheur de l’alliance.Avec toi, rive. D’où l’on peut encore s’inventer l’amourdu prochain, le jaune du citron, le hâle des seinset des reins,... [Lire la suite]
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dimanche 10 septembre 2017

PUISQUE BEAUTE IL Y A....Extrait

...   nous disent les arbres   ce que la terrecontient de passéet ce peu de futur   dans l'embrasuredu sinistre   il n'y a plusde musiqueà nos fenêtres   des moustiquesdans l'embrasement des trilles   les grincements des invectivesdes plissements dde pierrede mon gosier d'oiseauj'écris    ...   Notre aventure, de ne vivre pas autre chose que nous maintenir, accepter, puis traverser, et faire en sorte à ne pas perdre pied, se tenir entre les sombres parfums et les ombres... [Lire la suite]
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samedi 9 septembre 2017

LA CHASSE

Prenez-garde animaux à poils et à plume, la chasse, aujourd’hui est ouverte ! Sachez que les chasseurs ne chassent que par plaisir et non par faim, et n’ont donc pas de limites à vous trucider. La chasse est la rencontre nauséabonde de la mort d’un être et du petit plaisir malsain d’un individu qui tue, non pour se nourrir, pour se protéger, pour faire de l’argent ou par accident, mais pour jouir de la prérogative de donner la mort. Le chasseur traque, fusille, piège par jeu, et abaisse ainsi l’homme à un degré de cruauté dégradant. ... [Lire la suite]
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vendredi 8 septembre 2017

LE CORPS DU POEME

 ... La fleur s’ouvre au soleil et, quoique dans la même espèce le nombre de pétales parfois varie, il n’y a jamais rien à lui ajouter ou à lui retrancher pour lui donner la perfection. Le lézard, le serpent, le cristal, le galet, le filet d’eau qui coule de la roche sont de si éclatantes réussites que rien ne les pourrait améliorer. Ainsi doit être le poème (quand on considère qu’il est sorti de la période de travail, et que l’on a décidé de la montrer et possiblement de le publier). Il doit se présenter comme un poisson dans... [Lire la suite]
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vendredi 8 septembre 2017

LE FIGUIER

 Parce qu'il est rugueux et laid parce que toutes ses branches sont grises, j'ai pitié pour le figuier. Dans ma villa il y a cent beaux arbres : pruniers ronds droits citronniers et orangers aux bourgeons lustrés. Au printemps, tous se couvrent de fleurs autour du figuier. Et le pauvre semble si triste avec ses branches tordues qui jamais ne s'ornent de bourgeons serrés. Alors, chaque fois que je passe à ses côtés je dis, en procurant à mon accent la douceur et l'allègresse : "C'est le figuier, le plus beau des arbres de... [Lire la suite]
jeudi 7 septembre 2017

IMAGINE

imagine l’immense,mer ou plainede grands vaisseaux isolésou des arbres que traverse le ventimagine la cruela crue d’un fleuve ou d’une âmeet cette eau qui bouillonneet ce vent qui la froisseimagine des êtres passanthélant les autres ou la poésiecrevant de chagrinpour des rendez-vous manquésimagine des passages ouvertspuis sans issue soudainet partout des guetteursde l’effondrementimagine un ciel renversél’ombre des maréesles mots grattés à vifpour les réduire au silenceimagine la transparence…Tes songes alors t’arrachentet... [Lire la suite]