mardi 5 septembre 2017

LENTEUR ET PLAISIRS DE LA PROMENADE, LA LIBERTÉ DE L'ÂNE...Extrait

 Sur les chemins ombragés de l'été, parsemés de tendres chèvrefeuilles, avec quelle lenteur nous avançons ! Moi, je lis, ou je chante, ou lance des poèmes au ciel. Et Platero mordille l'herbe rare des haies à l'ombre, la fleur poussiéreuse des mauves, les épines-vinettes jaunes. Il est plus de temps arrêté qu'en train d'avancer. Mais je le laisse...   .   "Por los hondos caminos del estío, colgados de tiernas madreselvas, ¡cuán dulcemente vamos! Yo leo, o canto, o digo versos al cielo. Platero mordisquea la hierba... [Lire la suite]

mardi 5 septembre 2017

ENTRE LA PIERRE ET LA FLEUR

Au lever du jour, nous nous éveillons pierres.  Rien, sinon la lumière. Il n'y a rien sinon la lumière contre la lumière.   La Terre : paume d'une main de pierre.   L'eau silencieuse dans sa tombe calcaire.  L'eau encerclée, humble langue humide qui ne dit rien.  La terre élève une vapeur. Des oiseaux sombrent volent, boue ailée.  L'horizon : tous ces nuages dévastés.  Une plaine énorme, sans rides.  L'Henequen, indice vert, divise les espaces terrestres. Le ciel déjà sans lisières. ... [Lire la suite]
dimanche 3 septembre 2017

MES NUITS VEILLENT SUR MOI LE JOUR...

Mais qui es tu, intriguant et fidèle visiteur de mes nuits ? Dans la foule intense et pourtant invisible, ton bras entoure mon cou, ta main s'est arrêtée sur mon épaule je me suis laissée emmener sans essayer de voir à qui appartenait ce collier inattendu et rassurant. Dans un jardin de fleurs sans parfum, assise sur un banc je n'ose te regarder par crainte de te perdre . Derrière , un bruit d'eau , peut- être une fontaine ?  Le son de ta voix ne me parvient pas. Mais qui es-tu, toi que j'espère le soir en... [Lire la suite]
lundi 28 août 2017

UN BRASIER DE MOTS...Extrait

Je cherche la route vers un poème. Auriez-vous rencontré pour m'aider une chose poétique, une jacinthe perdue dans août, une jeune fille belle et nue endormie dans la source. Donnez-moi quelque chose qui m'emmène, si votre sein est beau, ouvrez votre corsage ou laissez-moi le déchirer, afin que je chante tout cela avec tout le lyrisme qui convient. Et j'en profiterai pour avoir de la joie en en baisant la pointe et pourquoi n'aller point tout au long de la peau jusqu'à faire l'amour. Faisons l'amour donc, faisons le poème de faire... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
dimanche 27 août 2017

LE BLE EN HERBE ... Extrait

« L’odeur de l’automne, depuis quelques jours, se glissait, le matin, jusqu’à la mer. De l’aube à l’heure où la terre, échauffée, permet que le souffle frais de la mer repousse l’arôme, moins dense, des sillons ouverts, du blé battu, des engrais fumants, ces matins d’août sentaient l’automne. Mais le milieu des journées échappait aux rets de la brume d’automne, et la saison semblait rebrousser chemin vers juillet. Au haut du ciel, le soleil buvait la rosée, putréfiait le champignon nouveau-né, criblait de guêpes la vigne trop vieille... [Lire la suite]
Posté par emmila à 14:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
samedi 26 août 2017

RETOUR AU POEME

Retour au Poème, À la demeure en soi, À la ferveur sans frontière Et au Chant fraternel : L'été se ressource Au jardin rajeuni. Après cris et douleur, La rumeur qui s'efface Et l'effroi qui s'inscrit ; Août aura reçu Ses violences arides : Sur le front des humains Cette folie sans âme, Cette plaie sans remède. Puis les jours diminuent Dans l'attente de ce silence Que brode l’amitié, Déjà soleil, déjà matin Perçant les brumes de l'automne, Et ces mains bienfaisantes, Et ces musiques d'ange, Et cette voix qui concélèbre Au... [Lire la suite]

mardi 22 août 2017

GUISANE...Extrait

La lumière délimite notre présence au monde Sombres, nous sommes pourtant lumineux Ecrire à peine juste pour frôler la peine Sinon la tristesse finirait par se prendre Définitivement au sérieux Comme la truite qui rejoint les eaux profondes Que nous pensions tenir dans nos mains Pêcheurs du poème     .     PATRICK CHEMIN     .     Photographie Bernard Liegeois  
Posté par emmila à 18:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
mardi 22 août 2017

LES INEDITS ( 12 )

 Près du visage que tu aimes Se trouvent les lucioles Se trouvent les baisers Non encore échangés Se trouve l’argile de l’origine Près du visage que tu aimes Se trouvent les oiseaux Non encore envolés Les secrets non encore dévoilés Se trouve la genèse des arbres Se trouvent les racines D’un amour inouï Et c’est le tien Et c’est le mien Tous les jours A nouveau réinventé Par la force et le lien De l’invisible De l’indicible Garde auprès de toi Le visage que tu aimes Ne sois pas distrait par la foule Garde en toi cet amour Après... [Lire la suite]
lundi 21 août 2017

LES INTUITIONS DE LA MAIN...Extrait

je dis ce que je voisla porteuse de peau au buisson des ardentsmême si dans le rosier le rouge-gorge est en haillons peindre n’a pas de limitescar le peintre a un prochainles formes sont encore nues dans les intuitions de la mainpour en surprendre les limites le corps sera le seul voyageon s’approche ainsi d’un jardin où la nuque se détache d’un oiseau par une pincée d’intuitionsans repères qu’une bouche attelée à une autre boucheet la langue pour faire un vœu. .     MARCEL MIGOZZI     . Oeuvre Fatat... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
lundi 21 août 2017

ECRIT SUR UN TRONC D'OLIVIER

 Parce que je ne file pas de laine Parce que je suis chaque jourAux mandats d’arrêtsEt ma maison exposéeAux descentes de policeAux perquisitionsAux « opérations de nettoyage »Parce que je suis dans l’impossibilitéD’acheter du papierJe graverai tout ce qui m’arriveJe graverai tous mes secretsSur un olivierDans la cour de ma maisonJe graverai mon histoireEt les volets de mon drameEt mes soupirsSur mon jardinEt les tombes de mes mortsEt je graveraiToutes les amertumesQu’effacerai le dixième des douceurs futuresJe graverai le... [Lire la suite]