samedi 9 septembre 2017

LA CHASSE

Prenez-garde animaux à poils et à plume, la chasse, aujourd’hui est ouverte ! Sachez que les chasseurs ne chassent que par plaisir et non par faim, et n’ont donc pas de limites à vous trucider. La chasse est la rencontre nauséabonde de la mort d’un être et du petit plaisir malsain d’un individu qui tue, non pour se nourrir, pour se protéger, pour faire de l’argent ou par accident, mais pour jouir de la prérogative de donner la mort. Le chasseur traque, fusille, piège par jeu, et abaisse ainsi l’homme à un degré de cruauté dégradant. ... [Lire la suite]
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vendredi 8 septembre 2017

LE CORPS DU POEME

 ... La fleur s’ouvre au soleil et, quoique dans la même espèce le nombre de pétales parfois varie, il n’y a jamais rien à lui ajouter ou à lui retrancher pour lui donner la perfection. Le lézard, le serpent, le cristal, le galet, le filet d’eau qui coule de la roche sont de si éclatantes réussites que rien ne les pourrait améliorer. Ainsi doit être le poème (quand on considère qu’il est sorti de la période de travail, et que l’on a décidé de la montrer et possiblement de le publier). Il doit se présenter comme un poisson dans... [Lire la suite]
Posté par emmila à 15:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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vendredi 8 septembre 2017

LE FIGUIER

 Parce qu'il est rugueux et laid parce que toutes ses branches sont grises, j'ai pitié pour le figuier. Dans ma villa il y a cent beaux arbres : pruniers ronds droits citronniers et orangers aux bourgeons lustrés. Au printemps, tous se couvrent de fleurs autour du figuier. Et le pauvre semble si triste avec ses branches tordues qui jamais ne s'ornent de bourgeons serrés. Alors, chaque fois que je passe à ses côtés je dis, en procurant à mon accent la douceur et l'allègresse : "C'est le figuier, le plus beau des arbres de... [Lire la suite]
jeudi 7 septembre 2017

IMAGINE

imagine l’immense,mer ou plainede grands vaisseaux isolésou des arbres que traverse le ventimagine la cruela crue d’un fleuve ou d’une âmeet cette eau qui bouillonneet ce vent qui la froisseimagine des êtres passanthélant les autres ou la poésiecrevant de chagrinpour des rendez-vous manquésimagine des passages ouvertspuis sans issue soudainet partout des guetteursde l’effondrementimagine un ciel renversél’ombre des maréesles mots grattés à vifpour les réduire au silenceimagine la transparence…Tes songes alors t’arrachentet... [Lire la suite]
mardi 5 septembre 2017

LENTEUR ET PLAISIRS DE LA PROMENADE, LA LIBERTÉ DE L'ÂNE...Extrait

 Sur les chemins ombragés de l'été, parsemés de tendres chèvrefeuilles, avec quelle lenteur nous avançons ! Moi, je lis, ou je chante, ou lance des poèmes au ciel. Et Platero mordille l'herbe rare des haies à l'ombre, la fleur poussiéreuse des mauves, les épines-vinettes jaunes. Il est plus de temps arrêté qu'en train d'avancer. Mais je le laisse...   .   "Por los hondos caminos del estío, colgados de tiernas madreselvas, ¡cuán dulcemente vamos! Yo leo, o canto, o digo versos al cielo. Platero mordisquea la hierba... [Lire la suite]
mardi 5 septembre 2017

ENTRE LA PIERRE ET LA FLEUR

Au lever du jour, nous nous éveillons pierres.  Rien, sinon la lumière. Il n'y a rien sinon la lumière contre la lumière.   La Terre : paume d'une main de pierre.   L'eau silencieuse dans sa tombe calcaire.  L'eau encerclée, humble langue humide qui ne dit rien.  La terre élève une vapeur. Des oiseaux sombrent volent, boue ailée.  L'horizon : tous ces nuages dévastés.  Une plaine énorme, sans rides.  L'Henequen, indice vert, divise les espaces terrestres. Le ciel déjà sans lisières. ... [Lire la suite]

dimanche 3 septembre 2017

MES NUITS VEILLENT SUR MOI LE JOUR...

Mais qui es tu, intriguant et fidèle visiteur de mes nuits ? Dans la foule intense et pourtant invisible, ton bras entoure mon cou, ta main s'est arrêtée sur mon épaule je me suis laissée emmener sans essayer de voir à qui appartenait ce collier inattendu et rassurant. Dans un jardin de fleurs sans parfum, assise sur un banc je n'ose te regarder par crainte de te perdre . Derrière , un bruit d'eau , peut- être une fontaine ?  Le son de ta voix ne me parvient pas. Mais qui es-tu, toi que j'espère le soir en... [Lire la suite]
lundi 28 août 2017

UN BRASIER DE MOTS...Extrait

Je cherche la route vers un poème. Auriez-vous rencontré pour m'aider une chose poétique, une jacinthe perdue dans août, une jeune fille belle et nue endormie dans la source. Donnez-moi quelque chose qui m'emmène, si votre sein est beau, ouvrez votre corsage ou laissez-moi le déchirer, afin que je chante tout cela avec tout le lyrisme qui convient. Et j'en profiterai pour avoir de la joie en en baisant la pointe et pourquoi n'aller point tout au long de la peau jusqu'à faire l'amour. Faisons l'amour donc, faisons le poème de faire... [Lire la suite]
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dimanche 27 août 2017

LE BLE EN HERBE ... Extrait

« L’odeur de l’automne, depuis quelques jours, se glissait, le matin, jusqu’à la mer. De l’aube à l’heure où la terre, échauffée, permet que le souffle frais de la mer repousse l’arôme, moins dense, des sillons ouverts, du blé battu, des engrais fumants, ces matins d’août sentaient l’automne. Mais le milieu des journées échappait aux rets de la brume d’automne, et la saison semblait rebrousser chemin vers juillet. Au haut du ciel, le soleil buvait la rosée, putréfiait le champignon nouveau-né, criblait de guêpes la vigne trop vieille... [Lire la suite]
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samedi 26 août 2017

RETOUR AU POEME

Retour au Poème, À la demeure en soi, À la ferveur sans frontière Et au Chant fraternel : L'été se ressource Au jardin rajeuni. Après cris et douleur, La rumeur qui s'efface Et l'effroi qui s'inscrit ; Août aura reçu Ses violences arides : Sur le front des humains Cette folie sans âme, Cette plaie sans remède. Puis les jours diminuent Dans l'attente de ce silence Que brode l’amitié, Déjà soleil, déjà matin Perçant les brumes de l'automne, Et ces mains bienfaisantes, Et ces musiques d'ange, Et cette voix qui concélèbre Au... [Lire la suite]