jeudi 3 août 2017

MA MAISON GERONIMO...Extraits

Dans ma maison de Geronimopersonne ne sait comment j'apprivoise le journi avec quelle violence je l'agrippeet le défiepour l'épingler finalement sous mes paupièresPersonne ne connaît le nom de l'oublietted'où je remontele coeur en pendule au bout d'une cordepieds et mains bras et jambesdans un désordre si inconcevablequ'il faut reconstituer le puzzle à chaque coup...   A qui parlons-nous lorsque nous nous taisonsDans ma maison de Geronimoje garde un troupeau de silenceque parfois je mène boire à la merQui vient paître trop près... [Lire la suite]

jeudi 3 août 2017

LA MONTAGNE PREND LA PAROLE

Et voilà mon silence dur fonçant sur le moindre bruit qui ose. Je souffre de ne pouvoir donner le repos sur mes flancs difficiles Où je ne puis offrir qu'une hospitalité accrochée, Moi qui tends toujours vers la verticale Et ne me nourris que de la sécheresse de l'azur. Je vois les sapins qui s'efforcent, en pèlerinage immobile, vers l'aridité de ma cime. Plaines, vallons, herbages et vous forêts, ne m'en veuillez pas de mes arêtes hautaines ! J'ai la plus grande avidité de la mer, la grande allongée toujours mouvante que les... [Lire la suite]
mardi 1 août 2017

SONATINE POUR PIANO

Viens ici, faisons une poésie qui n’ait senteur de rien et cependant tout dise, et soit ruisseau de sons grêles qui dans les sables se perd et meurt quand son murmure s’amenuise ; faisons une sonatine pour piano à la Maurice Ravel, petite musique incohérente mais sans complications, de toute façon crois bien qu’à gratter le fond point de sens ; faisons quelque chose d’un genre léger.   Viens ici, point même besoin d’aller déranger la Nature avec ses graves paysages et les pyrotechniques astrales ; nous n’irons... [Lire la suite]
samedi 29 juillet 2017

LES OBSCURCIS...Extrait

 .. Elle s'invente un jardin    Y met un arbre avec son ombre d'origine    ses oiseaux polyglottes    ses feuilles en papier d' Arménie   des fruits mâles des fruits femelles   qui se battent comme des chiffonniers   se réconcilient sur l'oreiller  et cette fleur riche d'une aile qui fait son miel dans la couche du  bourdon      Elle sort de ses poches des objets qu'elle aligne par ordre de... [Lire la suite]
samedi 29 juillet 2017

DESIR

Rien que ton cœur brû­lant,Rien d’autre. Mon para­dis : un champSans ros­si­gnolsNi lyres,Un ruis­seau dis­cret,Une sim­ple source. Pas de vent qui épe­ronneLes fron­dai­sons,Ni d’étoile qui veuilleSe faire feuille. Un jour immenseY seraitLe ver lui­santD’un autre jourDans un chant deRegards bri­sés. Lumi­neux reposOù tous nos bai­sers,Grains de beauté sono­resDe l’écho,Iraient là-bas éclore. Et ton cœur brû­lant,Rien d’autre.     .  FEDERICO GARCIA LORCA   .       ... [Lire la suite]
mercredi 26 juillet 2017

L’ABRICOT

La couleur abricot, qui d'abord nous contacte, après s'être massée en abondance heureuse et bouclée dans la forme du fruit, s'y trouve par miracle en tout point de la pulpe aussi fort que la saveur soutenue. Si ce n'est donc jamais qu'une chose petite, ronde, sous la portée presque sans pédoncule, durant au tympanon pendant plusieurs mesures dans la gamme des orangés, Toutefois, il s'agit d'une note insistante, majeure. Mais cette lune, dans son halo, ne s'entend qu'à mots couverts, à feu doux, et comme sous l'effet de la pédale de... [Lire la suite]
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samedi 22 juillet 2017

NOS MAINS DANS L'EAU

Nous remuons cette eau. Nos mains s’y cherchent, S’y effleurent parfois, formes brisées. Plus bas, c’est un courant, c’est de l’invisible, D’autres arbres, d’autres lumières, d’autres rêves.   Et vois, même ce sont d’autres couleurs. La réfraction transfigure le rouge. Était-ce un jour d’été, non, c’est l’orage Qui va « changer le ciel », et jusqu’au soir.   Nous plongions nos mains dans le langage, Elles y prirent des mots dont nous ne sûmes Que faire, n’étant rien que nos désirs.   Nous... [Lire la suite]
samedi 22 juillet 2017

ANDREE CHEDID...Extrait

L'arbre tenait par ses racinesMais les cendres asphyxiaient l'écorceLes branches renonçaient à l'oiseauLes feuilles se gaspillaientAlors j'ai criéCrié à travers chosesLes déserts par instantsReculaientJe m'attelais au criRêvant échosMobilisant étoilesTaillant passerellesCreusant galeriesJe me rivais au criAmeutant l'eau qui stagneRaccordant l'astre aux bergesMe liant aux visagesDressant voûtes et fondementAlors la vieFit plus loin dans sa réponsePlus loin que tout l'imaginéDes branches enfantèrent d'autres branchesLes paumes... [Lire la suite]
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mercredi 12 juillet 2017

PAR-DELA LES MOTS...Extrait

Recueillir le grain des heures Éteindre l’étincelle Ravir un paysage Absorber l’hiver avec le rire Dissoudre les nœuds du chagrin S’imprégner d’un visage Moissonner à voix basse Flamber pour un mot tendre Embrasser la ville et ses reflux Écouter l’océan en toutes choses Entendre les sierras du silence Transcrire la mémoire des miséricordieux Relire un poème qui avive Saisir chaque maillon d’amitié   .   ANDREE CHEDID « Par-delà les mots »   .   Photograhie Hengki Koentjoro    
mercredi 12 juillet 2017

L'ONDEE

Sous son sarrau d'ambre et d'ébène L'ondée aligne ses sarments Comme autant de larmes anciennes Que le vent sème sur les champs Il se fait tard sous la remise Le soir détrousse le jardin Sous le préau lassé s'irise Un crépuscule byzantin La nuit s'en vient filant sa laine Le long des murailles noircies Sans rémission saigne la plaine Sous l'oeil opalin de la pluie Sous son sarrau d'aube liquide L'ondée aligne ses sarments Comme autant de larmes candides Que le vent sème sur les champs   .     SYLVIE MEHEUT ... [Lire la suite]
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