vendredi 16 décembre 2016

LES LEVRES ET LA SOIF...Extraits

... un oiseau s’est posé aujourd’hui sur tes lèvres, comme si c’était un infime tremblement de paille ou de la poussière blanche, comme si c’était l’haleine d’un songe ou un charbon de neige, un oiseau s’est ainsi posé au bord du vide, au bord de la pensée, tout au bord du silence, tout au bord d’un poème entrouvert, … ce qu’on appelle un oiseau, ce n’est pas un oiseau, c’est un voile avec l’oiseau en dessous, c’est une prairie avec des insectes minuscules, de la rosée, du chant d’herbe et un voile au-dessus de tout ça, ... [Lire la suite]
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jeudi 15 décembre 2016

BRUNO ODILE

Nos souffles sont restés dans l’abandon. Des brises lames s’enfoncent dans la cornée des heures mortes. Je suis estomaqué de voir combien le temps se limite parfois à la seule pensée qui m’occupe. Ta silhouette tabanège (1) à l’intérieur de mes rêves, tu es l’Arlésienne dans la fugue, tu es le sanquet (2) recueilli pour la marinade confectionnée par l’émotion. Tu fais la cabucelle (3) et le parfum du thym placarde les parois de ma mémoire. Qui du senti ou de la pensée précède l’autre ? Il n’y a pas de mesure pour exprimer ce... [Lire la suite]
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dimanche 11 décembre 2016

GHYSLAINE LELOUP...Extrait

Voix envolée, cris d’hirondellesArc du corps, traduction des ailesVenant d’en bas les crisSilhouette furtive des futaiesMes élixirs guérissent, on me dit maléfiqueArrachée des forêts aux grandes fougèresIls me fouettent me fouaillent me forcent et m’étouffentMa robe est jaune pour le feu et son orgie de ténèbresToujours les crisMusique condamnée jusque dans les cagesLe glas de la prière tombe comme nos larmesTraquée dans un orient aux fontaines séchéesJe porte ma prison en un voile tissé lourdCiel obscurci sous les barreaux de mon... [Lire la suite]
jeudi 8 décembre 2016

REGARD DES ETOILES

à Jean Laugier, i.m. .Ce corps de glaise,pesant, lié au sol,tiré vers l’invincible nuit,ce corps où l’esprit veillecomme l’oiseau, dans la charpente de ténèbre,la cage d’os qu’un sang paisible éclaire,en songe une musique le saisit,l’allège et le dénoue de la terre charnelle.l’aile promise, triomphale, déploieses plumes frémissantes.Il se retourneet la rosée l’aspire.Les yeux fermés,rêvons que dans le froids’élève librement notre corps de lumière.Et le voici alors dissous dans la lumière,dépossédé du sanget du grand livre intime que... [Lire la suite]
jeudi 8 décembre 2016

AGNES SCHNELL...Extrait

En pensant à toi Agnès...   Un jour grignoté sans transparence chants d'oiseaux perdus soupirs de la terre submergée toute la nuit la pluie a chanté mille doigts d'eau ont pénétré mon sommeil... .   AGNES SCHNELL   .  
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jeudi 8 décembre 2016

UN OEUF A REBOURS

À Alep, les enfants n'ont plus d'yeux. Ce sont les poupées qui ferment leurs paupières. Les oursons meurent les bras en croix. Le pus des ballons crève. La mort des enfants règne dans le pays des cèdres. Les djihadistes se confondent avec les G.I. Joe. On ne compte plus les cadavres dans les ruelles en sang et les maisons en ruine. On compte les balles dans le chargeur. Chaque nouveau mort engraisse un marchand d'armes. Je n'aurais jamais cru les hommes si méchants. Le capital entoure le monde de cruauté. Un voisin que je croyais ami... [Lire la suite]

mercredi 7 décembre 2016

ATTENDEZ...

Attendez, je n’ai pas dit mon dernier mot ni déchiré tous mes livres, il me reste un cœur fugitif qui chevauche une langue inespérée, un verbe escaladé au petit jour, des secousses d’images dans ma nuit végétale. Attendez, je n’ai pas salué tous les hiboux silencieux de mes forêts, ni bu le sang bleui de mes vampires, l’or de ma mémoire scintillant sur la lande endormie. Non je n’ai pas épuisé toutes mes barques du désir ni bu l’alcool de chaque vigne, je n’ai pas exploré toute l’exactitude des heures ni relevé tous les axes du... [Lire la suite]
dimanche 4 décembre 2016

VENDANGES

Offrir ce que nous fûmes Et ce que nous serons Aux villes de demain Aux vendanges d’hier Et de nos soifs encore Réinventer la mer Qui rabat en riant Son chaperon d’écume Offrir ce que nous fûmes Et étreindre l’instant Et étreindre l’instant Comme on étreint la dune Là-bas sur l’avenue Tout s’agite et se tend La frêle ritournelle De nos cœurs en partance Assaille ça et là Les moyeux du silence Voici l’aube venue Sur les gradins du temps Voici les berges folles Ombrellées d’insouciance Et sur le fleuve en marche Les faisceaux de faïence... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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jeudi 1 décembre 2016

PRIZREN

L’enfance, les herbes, le lac le jadis du monde je pense comme le granit Des temps immémoriaux bien des fantômes reviennent dans la forteresse des mots Des lieux, des gens s’entrecroisent la nuit, le temps les oliviers et les oiseaux le temps semble fait de lumière pas d’obscur sur les places il fait beau. Des tziganes cheminent Et jouent le long de la rivière L’air entraine la danse il y a dans l’air des prières païennes des appels magiques et des pans silencieux d’histoire des prairies entrevues remplies de mémoire des... [Lire la suite]
samedi 26 novembre 2016

PIERRE BERGOUNIOUX...Extrait

Nous avons perdu la félicité indistincte qu'on voit aux bêtes, aux poissons enchâssés dans l'eau cristalline, aux bêtes des bois couleur de feuilles mortes, aux oiseaux ivres d'air. Nous sommes devenus pensifs et, par­tant, étrangers, frêles, frileux, vulnérables. Il nous faut une table, un toit, du feu, une maison. Nous nous souvenons parfois d'avoir été au monde pleinement, sans états d'âme, d'un très lointain commencement. Je rêve, pour finir, d'une lande ouverte à tous les vents où l'on verrait ce qu'il en est de nous et de tout... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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