dimanche 4 décembre 2016

VENDANGES

Offrir ce que nous fûmes Et ce que nous serons Aux villes de demain Aux vendanges d’hier Et de nos soifs encore Réinventer la mer Qui rabat en riant Son chaperon d’écume Offrir ce que nous fûmes Et étreindre l’instant Et étreindre l’instant Comme on étreint la dune Là-bas sur l’avenue Tout s’agite et se tend La frêle ritournelle De nos cœurs en partance Assaille ça et là Les moyeux du silence Voici l’aube venue Sur les gradins du temps Voici les berges folles Ombrellées d’insouciance Et sur le fleuve en marche Les faisceaux de faïence... [Lire la suite]
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jeudi 1 décembre 2016

PRIZREN

L’enfance, les herbes, le lac le jadis du monde je pense comme le granit Des temps immémoriaux bien des fantômes reviennent dans la forteresse des mots Des lieux, des gens s’entrecroisent la nuit, le temps les oliviers et les oiseaux le temps semble fait de lumière pas d’obscur sur les places il fait beau. Des tziganes cheminent Et jouent le long de la rivière L’air entraine la danse il y a dans l’air des prières païennes des appels magiques et des pans silencieux d’histoire des prairies entrevues remplies de mémoire des... [Lire la suite]
samedi 26 novembre 2016

PIERRE BERGOUNIOUX...Extrait

Nous avons perdu la félicité indistincte qu'on voit aux bêtes, aux poissons enchâssés dans l'eau cristalline, aux bêtes des bois couleur de feuilles mortes, aux oiseaux ivres d'air. Nous sommes devenus pensifs et, par­tant, étrangers, frêles, frileux, vulnérables. Il nous faut une table, un toit, du feu, une maison. Nous nous souvenons parfois d'avoir été au monde pleinement, sans états d'âme, d'un très lointain commencement. Je rêve, pour finir, d'une lande ouverte à tous les vents où l'on verrait ce qu'il en est de nous et de tout... [Lire la suite]
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samedi 26 novembre 2016

S'ABAISSER JUSQU'A L'HUMUS

 S'abaisser jusqu'à l'humus où se mêlentLarmes et rosées, sangs versésEt source inviolée, où les corps suppliciésretrouvent la douce argile,Humus prêt à recevoir frayeurs et douleurs,     Pour que tout ait une fin et que pourtant     rien ne soit perdu.S'abaisser jusqu'à l'humus où se logeLa promesse du souffle originel. Unique lieuDe transmutation où frayeurs et douleursSe découvrent paix et silence. Se joignent alorsPourri et nourri, ne font qu'un terme et germe.Lieu du choix : la voie de... [Lire la suite]
samedi 26 novembre 2016

ODE

Toi et moi           les bras tendus           à hauteur de l’azur                       avec la folle envie d’accoter nos regards                       au royaume des étoiles.Nos oreilles collées au... [Lire la suite]
jeudi 24 novembre 2016

MARCHER

Un seul souci... marcher...Dans le noir... marcher... Dans la nuit épaisse de la voûte fraîche l'enclume son métallique approche. Marcher... La procession s'enroule en pelote, et doucement l'air se raréfie, la voix de fer s'alourdit: le marteau frappe et résonne et gémit.Un seul souci...marcher... On débouche : aire faite d'yeux. Yeux aveugles, yeux sillus, yeux clos, yeux diaphanes Yeux éteints, yeux écarquillés, yeux sources trompés par les miracles de l'humain.Un seul souci...marcher... Aire faite de bouches. Bouche qui rit, bouche... [Lire la suite]

jeudi 24 novembre 2016

GERARD CLERY...Extrait

... je rêve les rives enflamméesles pétales étonnéspar le saccage doux qui les tourmenteje rêve la rivière qui sanglotetes parfums qui musiquent la pluie qui suppliele coeur quand il déploieses ailes dans ton ventreje rêve la vagueaux odeurs fémininesà la rosée d'étoilesau goût de selqui asperge mes dentsje rêve aux fleurs roussesà la barque de nacrequi recueille le cielà ta gueule de loupà ta fenêtre ouverteau dessus de ton îledeux oiseaux qui frémissentils sont mon ordalieet je rêve aux confins de ton îleà ta peau lenteà ton... [Lire la suite]
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mercredi 23 novembre 2016

PENSEE POUR VINCENT- PARIS ETE 1887

La nature remue du négatif au positif, puisque ce qu’en propose d’observer le pinceau libre n’est que trace figée d’un cheminement à deux sens que les tornades de l’intérieur agitent encore. Dans le cadre, qui s’en trouve pour l’œil presque vrillé, voire disparu, oublié dans l’attention extrême, opère de façon sensible, invisiblement, une tension si lourde entre les couleurs et les formes. Comment sa chaise fiévreuse, avec pipe et tabac, ses cyprès affolés, ses oliviers, ses fleurs altières rendent-ils le mal-être face au... [Lire la suite]
samedi 12 novembre 2016

EDMOND JABES...Extrait

Je suis un silencieux. Je me demande, grâce au recul que je prends, maintenant, avec ma vie, si ce goût prononcé pour le silence n’a pas son origine dans la difficulté qui, de tout temps, fut la mienne, de me sentir d’un quelconque lieu. Avant de connaître le désert, je savais qu’il était mon univers. Seul le sable peut accompagner une parole muette jusqu’à l’horizon. Écrire sur le sable, à l’écoute d’une voix d’outre-temps, les limites abolies. Voix violente du vent ou, immobile, de l’air, cette voix vous tient tête. Ce qu’elle... [Lire la suite]
vendredi 11 novembre 2016

ARCHIPEL DU SOLEIL LIQUIDE...Extrait

...   Arc d’îles au vent, et sous le vent – vient le vent majeur qui de toute terre éloigne.Sa voix de fleur cassée est saccage et prière. Dispersant nos phrases, il nous garde mains nues sur le seuil salé.Son silence soudain change notre toucher et laisse dévoyés les chemins d’avant. ...    soudain tombe et se tait laissant sans voix le ciel, sans souvenir son appétit d’oiseaux. Son élan dure encore sur l’eau puis se perd. les longs doigts des palmes fléchissent et se rassemblent dans la lumière : ... [Lire la suite]
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