dimanche 20 avril 2014

LENTE REMONTEE DEPUIS LES RIVAGES...Extrait

CE TISSU DE FEUILLES découpées, les oiseaux le relient d’un bout à l’autre de leur vol, une longue fibre au bec. De temps à autre une navette multicolore traverse dans un cri l’enchevêtrement des rameaux et des branches.Un léger souffle, et les feuilles flexibles tournent à demi, tels les morceaux d’acier d’un mobile. Les bengalis amarante et les bengalis noirs dessinent je ne sais quel quadrille.Quel licier saurait ainsi placer et déplacer dans la trame du tapis une rose vivante, rouge ou noire. Pour quel camp du drap d’or cette... [Lire la suite]
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lundi 14 avril 2014

SOLITUDE DES SEUILS...Extrait

le torrent roule ses eaux lourdes les fusils claquent dans le soleil   j’invente sous la treille la fraîcheur de l’aube le conte blême de la lune   la tour là-bas la tour de la mère tutélaire me tient serrée dans ses entrailles   — depuis quand et toujours —   [un chien jappe qui jamais ne cesse emplit le vallon de sa gouaille les châtaignes boguent dans la mousse]   l’hiver est en suspens        à la lisière   l’avant-naître et l’après   même... [Lire la suite]
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dimanche 13 avril 2014

NICOLE BARRIERE

Mon amant de silenceMa terre d'origineA l'instant fragile de l'ententeNos chants de retrouvaillesComme l'élixir de minuitMon peuple d'étoiles en couleur graffitiLégende de pays, de siècles ou de visagesVoyageur affectueux au goût d'orange mûreTandis que la comète bascule dans le videJ'ai la mémoire peu fiable, la gerçure des ténèbresdes fleurs de transe imaginairesL'absence balafrée de fils farouchesFeu sauvage dune fugue à deux voixInventaire en débat de la vieCosmos laïc d'Isis et CassiopéeRêve païen de l'ange rebelleAu logis... [Lire la suite]
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mercredi 9 avril 2014

NOIR-RACINE

Cela commence toujours par un mélange de noir et d’odeur.   On ne baisse pas la tête pour franchir le seuil. On appartient au monde de l’enfance. Les adultes, eux, courbent leurs épaules au passage.   *   D’abord, on est aveugle. Le soleil tape trop fort dehors, les ouvertures sont minuscules dedans. On tâte du pied les grandes dalles du sol, irrégulières, toujours un peu humides malgré juillet. Ici, tout est mouillé. Les murs suintent, des fleurs d’écume y naissent qui s’effritent entre les doigts. L’odeur... [Lire la suite]
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mercredi 9 avril 2014

ISSUES...Extrait

Au bord de quelque chose, toujours. Dans l’insécurité native. Au bord d’une compréhension. Ou d’une décision définitive. Au bord d’une imminence. Un franchissement de col, à partir duquel tout pourrait s’inverser, la vision s’agrandir, le souffle s’apaiser. Ne plus avoir à haleter pour atteindre le sommet, jouir du paysage en amorçant la descente, laisser aller un pied après l’autre sur le sentier accueillant, celui qu’on sait rejoindre le havre, là-bas au creux de la vallée, ardemment pressenti depuis l’autre versant. Mais... [Lire la suite]
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dimanche 6 avril 2014

ANECDOTES...Extrait

Quelque chose faisait signe - dans le coeur du caillou dans la feuille effrayée dans la douce insistance de la pluie sur le toit dans la goutte dessinant le hasard sur la vitre- quelque chose ou quelqu'un -dieu peut-être Mais dieu n'existait pas encore- Je ne demandais rien Je me contentais d'être   Le vieux chien se heurtait aux chaises invisibles depuis longtemps   Je ne sais qui inventait l'ange en s'envolant loin de son apparence où l'on avait dû l'oublier   .   RAYMOND  FARINA   ... [Lire la suite]
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dimanche 6 avril 2014

GASTON MIRON...Extrait

... Le vent rend l'âme dans un amas d'ombreles étoiles bourdonnent dans leurs feux d'abeilleset l'air est doux d'un passage d'écureuiltu déjoues le monde qui assiège nos lieux secretstu es belle et belle comme des ruses de renardPar le vieux silence animal de la plainelorsque fraîche et buvant les rosées d'envolcomme un ciel défaillant tu viens t'allongermes paumes te portent comme la meren un tourbillon du coeur dans le corps entier .   GASTON MIRON   .      
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jeudi 3 avril 2014

LA TERRE NOUS EST ETROITE...Extrait

Je dis tant de choses sur la différence ténue entre les femmes et les arbres, Sur la magie de la terre, sur un pays dont je n’ai trouvé le tampon sur aucun passeport Et je demande : Mesdames et messieurs aux coeurs bons, la terre des hommes est-elle, comme vous l’affirmez, à tous les hommes ? Où est alors ma masure ? Et où suis-je ? L’assemblée m’applaudit Trois autres minutes. Trois minutes de liberté et de reconnaissance… L’assemblée vient d’approuver Notre droit au retour, comme toutes les poules et tous les chevaux, à un rêve de... [Lire la suite]
samedi 29 mars 2014

AU JOUR LE JOUR 5, CARNETS 2000-2005...Extrait

   Le sentiment de la nature, de son "étrangeté" est peut-être le degré le plus bas  de la perception du non-humain, de la perception de puissances qui ne relèvent pas de l'espèce humaine. Oui, c'est peut-être quelque chose de très primaire, mais c'est du moins quelque chose qui vous arrache à la toute puissance de nos sociétés humaines, faisant craquer les bornes d'un univers artificiellement clos, tel celui de la "ville tentaculaire".    Je me suis dit soudain que le Louvre était mes sentiers, mes bois,... [Lire la suite]
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samedi 29 mars 2014

LES DISCRETS...

Peut-être sont-ils dans l'ombre comme dans la lumière, il suffit d'aimer cette lézarde dans le mur, une graine y a volé dans la poussière et tu peux voir la planteinaccessible fleurir : les dieux couvent l'obscure germination, l'attention au petit est l'encens qu'ils agréent; eux qui ne connaissent pas la distance de l'étoile à la haies'endorment sur le calice d'une rose. .   PAUL DE ROUX   .      
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